PONCIN Bernard

Par Didier Bigorgne

Né le 10 février 1931 à Pouru-Saint-Rémy (Ardennes), mort le 19 octobre 2000 à Reims (Marne) ; ouvrier lamineur ; syndicaliste et militant communiste ; membre du comité exécutif national de la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT (1960-1966) ; secrétaire général de l’UD-CGT des Ardennes (1971-1982) ; dirigeant du Parti communiste des Ardennes (1966-1991).

Bernard Poncin
Bernard Poncin

Bernard Poncin était le fils de Raymond Poncin, ouvrier cisailleur et d’Andréa Lorio, ouvrière du textile. Réfugié avec ses parents dans le département des Deux-Sèvres pendant la Seconde Guerre mondiale, il obtint le certificat d’études primaires en 1943. Le 7 novembre 1945, il fut embauché aux Forges de Brévilly (Ardennes), une usine où son père travaillait depuis de longues années. Il y découvrit le syndicalisme en recevant sa carte d’adhésion à la CGT, réglée par son père. En 1948, Bernard Poncin adhéra au Parti communiste ; il se vit confier la diffusion du journal fédéral Liberté qu’il assura à Douzy jusqu’à son départ pour le service militaire en avril 1951.

De retour à la vie civile en novembre 1952, Bernard Poncin entama un itinéraire de syndicaliste. Élu au comité d’établissement des Forges de Brévilly devenues Lorraine-Escaut, il devint secrétaire adjoint du comité central d’Usinor dans les mois qui suivirent. En 1956, il entra à la commission administrative de l’UD-CGT des Ardennes et participa dans la foulée au 20e congrès national de la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT qui se tint du 24 au 28 novembre à Nantes. L’année 1960 fut déterminante dans le parcours syndical de Bernard Poncin. Secrétaire de l’Union des syndicats CGT des travailleurs de la métallurgie ardennaise, il fut élu membre du comité exécutif national de la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT lors du congrès de Lille du 26 au 30 novembre 1960. Au congrès d’Issy-les-Moulineaux qui se déroula du 11 au 15 février 1963, il fut reconduit dans sa fonction et devint membre de la commission de contrôle financier. Il exerça ce double mandat jusqu’en 1966.

Bernard Poncin continua de gravir les échelons de la hiérarchie syndicale. À partir d’avril 1961, il siégea au bureau de l’UD-CGT des Ardennes. Alors membre de l’ASSEDIC de la sidérurgie de l’Est, il conduisit la liste CGT pour l’élection du 13 décembre 1962 à la caisse d’allocations familiales des Ardennes ; élu avec plus de 56 % des voix, il occupa le poste de vice-président du conseil d’administration. Au congrès départemental de l’UD-CGT des Ardennes réuni les 14 et 15 avril 1967, Bernard Poncin fut promu secrétaire général adjoint. Avec le départ de Robert Marzi* appelé à exercer des responsabilités nationales au sein de la Confédération, il devint secrétaire général de l’UD-CGT des Ardennes à partir du 1er janvier 1971.

À son nouveau poste, Bernard Poncin fut à l’initiative de nombreuses actions départementales pour l’emploi : ’’Ardennes mortes’’ le 28 avril 1977, ’’Pour que vivent les Ardennes’’ le 30 mars 1979, ’’La marche du combat pour l’emploi’’ les 10-11 et 12 avril 1981. Il marqua aussi de son empreinte le dossier ’’Manil’’ qui eut une portée nationale. Alors que l’entreprise était fermée depuis de nombreux mois, il créa à l’automne 1981, un comité de’’Relance-Manil-France’’ dont il devint le président. Il contribua à la mise en place d’une société coopérative de production qui fit la culbute au bout de quelque temps. Enfin, il réussit à entretenir des contacts réguliers avec des organisationssyndicales des pays voisins : La FGTB de la région de Namur (Belgique), la CGT du Luxembourg et le DGB en République fédérale d’Allemagnequi l’invita au congrès de Giessen le 8 mars 1980.

Le 28 mai 1982, Bernard Poncinquitta son poste de secrétaire général de l’UD-CGT des Ardennes. Il fut alors désigné par le comité régional CGT de Champagne-Ardenne pour siéger au Conseil économique et social de la région : il en devint le vice-président, tout en assurant la présidence du groupe cégétiste. À la rentrée universitaire d’octobre 1982, Bernard Poncin s’inscrivit à la Faculté de droit et de sciences économiques de Reims où il obtint une capacité au termede deux années d’études. En 1985, il mit en place une association, le CERESLA (Centre d’études et de recherches économiques et sociales pour les Ardennes) dont l’objectif était de « former, d’informer et d’aider » les comités d’entreprises dans le cadre des lois Auroux. Plus d’une centaine d’associations adhérèrent à l’association qui perdura après le départ à la retraite de Bernard Poncin en 1991.

Parallèlement à son engagement syndical, Bernard Poncin exerça des responsabilités dans le Parti communiste des Ardennes. Il fut d’abord membre du comité fédéral du 18 décembre 1966 au 14 novembre 1971, puis du bureau fédéral jusqu’en 1991. Fidèle au canton de Mouzon dans lequel il fut secrétaire de la cellule communiste Pouru-Douzy-Brévilly pendant de longues années, il y représenta son parti aux élections pour le Conseil général. À chaque scrutin, il fut éliminé au premier tour. Le 7 mars 1976, il obtint 431 voix sur 4 155 inscrits et 2 832 votants ; le 14 mars 1982, il recueillit 368 suffrages sur 4 578 inscrits et 3 390 votants ; enfin, pour la candidature du 20 mars 1994, il termina avec 245 voix sur 4 543 inscrits et 3 256 votants.

Le 31 décembre 1955, Bernard Poncin avait épousé Jeanine Fricotteaux, sans profession ; de cette union naquirent quatre garçons. Atteint de la maladie de Parkinson, il avait abandonné ses dernières responsabilités en 1999. Ses obsèques religieuses furent célébrées le 23 octobre 2000 à Douzy où il était domicilié.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146283, notice PONCIN Bernard par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 2 mai 2013, dernière modification le 15 octobre 2020.

Par Didier Bigorgne

Bernard Poncin
Bernard Poncin

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — L’Ardenne syndicale, 1956 à 1982. — Nouvelles des Ardennes, 1972 à 1994. — Presse locale. — Témoignage de l’intéressé.

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