FROMENT René, Ernest, Georges alias Branly

Par Daniel Grason

Né le 30 août 1906 à Méricourt-l’Abbé, canton de Bray (Somme), fusillé après condamnation le 20 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; lieutenant pilote d’essai dans l’aviation civile ; franc-maçon ; résistant des Forces françaises combattantes (FFC).

Fils de Léopold Froment, contremaître de culture, et de Céline, née Parisien, René Froment devint pilote d’essai chez Potez à Vélizy-Villacoublay (Seine-et-Oise, Yvelines). Il était marié, et le couple eut une fille, Claudette. Il était franc-maçon, adhérent de la loge 672 Les Philadelphes, Orient de Lille (Nord), de la Grande Loge de France, membre de l’association des professionnels navigants de l’aviation.
Pendant la guerre, il demeura en hôtel, 83 rue Olivier-de-Serres, puis rue de Vaugirard dans le XVe arrondissement de Paris. Il manifestait des idées de gauche, eut des contacts avec le couple Pommier par l’intermédiaire du tenancier de l’hôtel Terminus. Il entra dans un réseau gaulliste, les deux hommes confectionnèrent et distribuèrent des tracts en faveur du général de Gaulle. René Froment devint membre des Forces françaises combattantes (FFC).
Dès juillet 1940 il entra en contact avec le réseau du Musée de l’Homme, devint le collaborateur direct de Boris Vildé, fondateur du réseau et du journal Résistance. Il s’occupait des passages en Angleterre, était chef de réseau pour sept départements de l’ouest.
Repéré, il fut arrêté en même temps que son adjoint Guy Séguinot par des agents de l’Abwehr au 32 rue Gigant à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) où il était en mission. Sa chambre d’hôtel parisienne fut perquisitionnée, les policiers y trouvèrent : une combinaison d’aviateur, un casque, une paire de bottes, des lunettes et des gants, probablement sa tenue d’aviateur.
Il fut incarcéré le 9 septembre 1941 à la prison de Nantes, puis à celle d’Angers (Maine-et-Loire), enfin à la prison de Fresnes. Le 6 août 1942, il comparut devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) et fut condamné à mort pour « espionnage », en même temps que d’autres membres du réseau : Pierre Calipel, Roger Pallardy, Guy Séguinot, Firmin Veigneau et Georges Veroult. Comme ses compagnons, René Froment fut passé par les armes le 20 août 1942 au stand de tir dans le XVe arrondissement.
Il fut inhumé au cimetière de Villers-Bretonneux (Somme), où une plaque honore sa mémoire. Il figure sur le Livre d’or de la Grande Loge de France 8 rue Puteaux (XVIIe arr.) : « Aux Francs-Maçons de la Grande Loge de France persécutés 1939-1945. Que leur mémoire demeure à jamais sacrée. » Le 30 août 1945 le ministère des Anciens Combattants le reconnut « Mort pour la France ». Il fut homologué lieutenant des Forces françaises combattantes d’obédience gaulliste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146298, notice FROMENT René, Ernest, Georges alias Branly par Daniel Grason, version mise en ligne le 3 mai 2013, dernière modification le 30 octobre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 394. – AVCC, Caen, Boîte 5 (Notes Thomas Pouty). – Adam Rayski, Au stand de tir, le massacre des résistants. Paris 1942-1944, Éd. Mairie de Paris, 2006. – Jean Danis, Les espions de l’armée de l’Air française, Éd. Hugues de Chivré (communiqué par Stéphane Robine que nous remercions). – Arch. Dép. Loire-Atlantique, 305 J. — Mémorial GenWeb. – État civil, Méricourt-l’Abbé.

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