MOUTAVCHIEFF Vladimir dit Vlado

Par Daniel Grason

Né le 28 août 1904 à Sofia (Bulgarie) ; cordonnier, mouleur-mécanicien ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; interné.

Fils de Pavel et de Milcheda Pavelina, Vladimir Moutavchieff vint régulièrement en France le 20 mars 1926, il obtint une carte de séjour à titre temporaire qu’il renouvela par la suite, exerçait la profession de cordonnier. Il demeura rue d’Alsace-Lorraine à Saint-Mandé (Seine, Val-de-Marne), puis 60 Rue de Turbigo à Paris.

Il partit en Espagne républicaine en décembre 1936, rentra par Port-Bou le 8 février 1939, lors de l’exode de la population civile de Catalogne, il présenta un laisser-passer que lui avait délivré les autorités républicaines.

Il était pourvu de papiers d’identité au titre d’apatride. En septembre 1939, convoqué à la préfecture de police à la suite du décret-loi concernant les étrangers apatrides résidant en France en temps de guerre, il passa une visite médicale devant le conseil de révision siégeant à la mairie du XIIIe arr. Reconnu apte, il fut requis et affecté comme mouleur aux Aciéries de Paris et d’Outreau à Saint-Denis, entreprise qui travaillait pour la défense nationale. Il exerça dans cette firme jusqu’à la fin décembre 1940, avec une coupure en juin en raison de l’exode.

Il se rendit au consulat de Bulgarie à Paris pour régulariser sa situation vis-à-vis de son pays d’origine, il fut reconnu comme ressortissant bulgare. Il demeurait 140 Rue pasteur à Bagnolet (Seine, Seine-Saint-Denis), exerça sa profession à domicile pour le compte d’une maison installée rue Chaptal à Paris, ensuite un compatriote établi aux Lilas. Il vivait aussi des réparations qu’il effectuait pour le voisinage.

Il figurait sur la liste établie le 19 septembre 1941 par la 3e section des Renseignements généraux. Karl Boemelburg, chef de l’ensemble des forces de police allemande en France, décida d’une vaste opération contre les anciens des Brigades internationales.

Le 1er décembre 1942, Vladimir Moutavchieff était arrêté à son domicile, sa carte d’identité délivrée par la préfecture de police le 6 mars 1940 était périmée depuis le 11 mars 1941. Les policiers lui demandèrent des précisions sur son séjour en Espagne. Il répondit qu’il ne combattait pas, mais qu’il travaillait en qualité de mouleur mécanicien dans une usine de Barcelone qui fabriquait du matériel de guerre. Il déclara avoir appartenu ni à un parti politique ni à une organisation syndicale, malgré ses sympathies pour les organisations de gauche.

Il fut interné le jour même administrativement au camp des Tourelles en tant qu’ex-milicien des Brigades internationales. Huit mois plus tard, il était transféré dans un autre camp, il se serait évadé. Le 20 mars 1944, il était embauché comme cordonnier par l’organisation Todt 9 Rue Saint-James à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine), aurait participé à la résistance.

Après la Libération, il reprit son métier de cordonnier pour une maison installée 11 Passage de Surmelin dans le XXe arr., vivait avec une amie au 8 Rue des Cascades dans le même arrondissement. Il adhéra à la cellule communiste bulgare de Paris, et au Comité d’aide de de défense des immigrés (CADI).

Le 21 janvier 1950, il demanda à reprendre sa nationalité bulgare et à abandonner sa qualité de « réfugie d’origine bulgare ». Il présenta une lettre de recommandation signée de Gaston Laroche, colonel FTPF, en réalité Boris Matline. Polygotte, celui-ci dirigea différents groupes de résistants étrangers en France, il devint après-guerre secrétaire de l’Union générale des engagés volontaires et résistants étrangers (UGEVRE). Vladimir Moutavchieff était considéré en 1951 comme « suspect au point de vue national » par les Renseignements généraux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146376, notice MOUTAVCHIEFF Vladimir dit Vlado par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 mai 2013, dernière modification le 3 mai 2015.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 456. – Gaston Laroche (Boris Matline), On les nommait des étrangers. Les immigrés dans la Résistance, ÉFR, 1965.

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