MOREAU Léopold, Louis, Armand

Par Jacques Girault

Né le 30 janvier 1906 à Germond (Deux-Sèvres), mort le 7 juillet 2004 à Orléans (Loiret) ; professeur ; résistant ; adjoint au maire d’Orléans.

Fils d’un coiffeur, Léopold Moreau, après avoir obtenu le baccalauréat "mathématiques" en 1924, commença des études à la faculté des sciences de Lille. Il obtint sa licence (certificats de calcul différentiel et intégral en 1928, de mécanique rationnelle en 1931, d’astronomie physique et de mécanique céleste en 1929), un diplôme d’études supérieures en 1934 et fut admissible à l’agrégation de mathématiques. Pendant ces études, il était maître d’internat aux lycées de Saint-Quentin (Aisne) de 1926 à 1928, puis de Tourcoing (Nord) en 1928-1929.

Après avoir effectué son service militaire dans l’Infanterie coloniale (1929-1931), reprenant son poste en mars 1931, il fut répétiteur au lycée de Tourcoing (1931-1932) puis au lycée Clemenceau à Nantes en 1932-1934. Délégué comme professeur de mathématiques au lycée Pothier à Orléans en 1934, il fut titularisé en 1941.

Léopold Moreau se maria en mars 1932 à Moncoutant (Deux-Sèvres) avec la fille d’un propriétaire. Le couple eut cinq enfants.

Léopold Moreau, mobilisé le 27 août 1939, fait prisonnier le 17 juin 1940, resta captif au stalag IXC et A jusqu’à sa libération le 4 août 1941 en raison de ses charges de famille. A son retour d’Allemagne, il retrouva son emploi au lycée Pothier et fit partie en 1942 du conseil de discipline. Selon le rapport de l’Inspecteur général en juin 1942, il ne suivait pas à la lettre les instructions ministérielles. La captivité avait changé le cours de sa vie. Dans sa baraque du stalag IXC, il avait rencontré François Mitterrand et noué un lien durable avec lui. D’après sa fille Paulette Decraene, secrétaire particulière de ce dernier, à la fin de l’automne 1942, un homme avait sonné à leur porte, et lui avait dit : « Va dire à ton papa que François Morland est là. » Il s’engagea dans un réseau de Résistance où il se fit des amis durables. Son engagement se prolongea après la guerre dans la Fédération nationale des combattants prisonniers, dont il fut l’un des dirigeants jusqu’à ses toutes dernières années et l’un des représentants à l’Union française des anciens combattants. Sur une liste du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés, dont il était le délégué départemental depuis 1943, il fut candidat aux deux Assemblées nationales constituantes.

Professeur certifié jusqu’à sa retraite en 1967, Moreau présidait depuis le milieu des années 1950 l’amicale du personnel.

Léopold Moreau fut élu conseiller municipal d’Orléans en 1947 (vingt-cinquième dans l’ordre du tableau). Candidat au poste de cinquième adjoint, battu, il fut membre des commissions des finances, de l’enseignement, des affaires sociales, des familles et de l’office des sports.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146399, notice MOREAU Léopold, Louis, Armand par Jacques Girault, version mise en ligne le 13 mai 2013, dernière modification le 13 mai 2013.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. : F 17 28988. — Arch. Mun. Orléans (Hélène Bocquet), 1 F 53, 58, 60, 4 G 642, 674, listes électorales. — DECRAENE (Paulette), Secrétariat Particulier : 27 ans aux côtés de François Mitterrand, Paris, L’Archipel, 2008. — Notes d’Antoine Prost.

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