LANDKOCZ (parfois LANDKOCH) Charles

Par Pierre Schill

Né le 17 février 1898 à Grabowka (actuelle Pologne), mort le 23 décembre 1944 au camp de Dora-Ellrich (Allemagne)  ; mineur aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) – Résistant du Groupe Mario en Moselle annexée au Reich.

Charles Landkocz commença à travailler en mai 1927 comme piqueur aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle), propriété de la famille de Wendel. Il résidait à Stiring-Wendel où était rassemblée l’importante communauté de mineurs d’origine polonaise. Il était le fils d’un mineur polonais d’abord venu travailler en Westphalie où Charles Landkocz avait commencé à travailler avant de venir dans le bassin houiller lorrain.
Evacué en septembre 1939, il rentra en Moselle au cours de l’année 1940 et reprit son emploi au mois de novembre alors que le département lorrain était une nouvelle fois annexée à l’Allemagne.

Il fit partie du groupe de résistance « Mario », le plus important de Moselle annexée. Ce groupe affilié au mouvement de résistance communiste Front national, avait été mis sur pied, à partir de l’été 1941, par l’instituteur messin Jean Burger* dont le pseudonyme de résistant était « Mario ». Il rassemblait en majorité des ouvriers membres ou proches de la CGT et du PC. Charles Landkocz était, au moins à partir de juin 1942, l’un des responsables du Groupe Mario à Stiring-Wendel et c’est à ce titre qu’il supervisait la collecte mensuelle de fonds destinés à subvenir aux besoins financiers du Groupe et de ses membres, notamment Polonais. Sur les quelque 900 membres recensés de cette organisation, près d’un tiers était d’origine étrangère avec parmi eux environ 55 % d’Italiens et 30 % de Polonais. Ces derniers étant presque exclusivement des travailleurs des houillères mosellanes. Charles Landkocz était également chargé d’acheminer la propagande antinazie aux membres du Groupe agissant à Petite-Rosselle.
Son activité clandestine lui valut d’être arrêté le 16 février 1944, et d’être emprisonné au SS Sonderlager du Fort de Queuleu à Metz (Moselle annexée) où étaient interrogés, et souvent torturés, les résistants. Il fut déporté, le 21 mai 1944, au camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin annexé), puis à Kochem, Sanghausen et enfin au camp de Dora-Ellrich où il mourut. Il obtint le titre de déporté politique.
Il est signalé absent à son travail à partir de la fin de l’année 1943 : le trimestre qui s’écoula avant son arrestation le vit peut-être plonger dans la clandestinité.

Charles Landkocz s’était marié en 1917 avec Alwine Klima originaire du bassin de la Ruhr (Allemagne). Ils eurent quatre enfants, dont une fille, Marie Antoinette, était l’épouse de Joseph Tomczyk aussi membre du Groupe Mario.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146424, notice LANDKOCZ (parfois LANDKOCH) Charles par Pierre Schill, version mise en ligne le 15 mai 2013, dernière modification le 15 mai 2013.

Par Pierre Schill

SOURCES : Archives des HBL : dossier personnel. - Archives de la Direction interdépartementale d’Alsace du Secrétariat d’Etat à la Défense chargé des Anciens Combattants : fichier du camp de Natzweiler-Struthof. - Renseignements fournis par Eugénie Landkocz, Jean Domowicz et la commune de Stiring-Wendel (Moselle). - François Goldschmitt, Alsaciens et Lorrains à Dachau, tome 3, Esclave du travail, Metz, Éditions Le Lorrain, 80p. - Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965, 194 p. – Pierre Schill, « Les mineurs de charbon étrangers membres du groupe de Résistance ‘‘Mario’’ en Lorraine annexée (1940-1945) » dans Institut d’Histoire Sociale Minière, Mineurs immigrés. Histoire, témoignages (XIXè-XXè siècles), VO éditions, 2000, p. 243 à 261.

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