WORMHOUT Alphonse.

Par Jean Puissant

Né à Bruges (Brugge, pr. Flandre occidentale, arr. Bruges) en 1851. Typographe, imprimeur à Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), dirigeant de l’Association générale ouvrière, dirigeant syndical dans le secteur typographique, dirigeant mutuelliste, cofondateur du Parti ouvrier belge.

Membre de l’Association libre des compositeurs typographes de Bruxelles, Alphonse Wormhout en est le bibliothécaire adjoint en 1883-1884 et le secrétaire adjoint en 1886. Il est également secrétaire-adjoint de la Fédération typographique belge de 1883 à 1888. Mais c’est la mutualité qui mobilise ses principales activités. Administrateur de la Société typographique de secours mutuels, il est le cofondateur, le rédacteur en chef et l’imprimeur du journal Le Mutuelliste (1886), organe de la Fédération des mutualités de Bruxelles, dont il est un des dirigeants avec Jean-Baptiste Wets. Il est fondateur et administrateur des Pharmacies populaires en 1881.

Dirigeant de l’Association générale ouvrière (AGO), Alphonse Wormhout est également fondateur-administrateur de la coopérative Les Ateliers réunis, reprise par l’AGO, fondateur de la ligue typographique En Avant pour le suffrage universel en 1882, membre de la section socialiste de Bruxelles, de l’Avant-garde républicaine. Il est un des premiers signataires du Manifeste républicain en septembre 1884. Fondateur et secrétaire de la Ligue ouvrière de Bruxelles en 1883, il figure sur la liste qu’elle compte présenter aux élections communales. Afin de ne pas mettre en danger l’enseignement laïc de la ville et en l’absence d’accord avec une liste libérale, la candidature de Wormhout n’est finalement pas maintenue.

Alphonse Wormhout fait partie du comité organisateur du Congrès ouvrier d’avril 1885 qui fonde le Parti ouvrier belge (POB). Il siège au bureau du Congrès comme secrétaire et est rapporteur pour la Ligue ouvrière. Il est donc un des fondateurs du POB, comme les autres militants de l’AGO, Désiré Vandendorpe, Jean Volders, Jean-Baptiste Wets.

Alphonse Wormhout signe, avec F. Renard et Jean Volders, un article, dans Le National belge du 18 mars 1885, dans lequel il réclame une taxe sur le luxe, ainsi que l’a décidé le conseil communal de Saint-Gilles (Bruxelles) dans le cadre de la lutte en faveur des sans travail de l’hiver 1884-1885. Avec Louis Bertrand, il représente la Ligue ouvrière de Bruxelles lors des réunions préparatoires à la création de la Bourse du travail de Bruxelles en 1885-1886.

Au Congrès du POB qui tient à Jolimont (commune de La Louvière, pr. Hainaut, arr. Soignies) les 21 et 22 avril 1889, Alphonse Wormhout défend une résolution prônant la transformation du parti en une fédération des grands groupements nationaux, syndical, coopératif, mutuelliste et politique, chacune de ces branches étant autonome. Elle est sèchement repoussée par 91 voix contre, trois pour et une abstention. Sa candidature au Conseil général, n’obtenant que quinze voix, provoque son retrait du parti, comme celui de ces amis de l’AGO. Ce départ met fin à une collaboration menée depuis le début des années 1880. Ce qui peut étonner de sa part, puisqu’il est mêlé dès 1884 aux milieux les plus socialistes de la capitale et qu’il est beaucoup plus jeune que Jean-Baptiste Wets.

C’est la logique mutualiste qui l’emporte désormais et surtout l’implication de Alphonse Wormhout dans la mutualité libre ou neutre, tandis que le POB développe ses propres institutions mutualistes. En 1896, Wormhout expose clairement sa doctrine : « On s’imagine que l’instauration de l’assurance ouvrière générale et obligatoire tuerait le sentiment de la prévoyance privée … et qu’elle porterait un coup mortel à nos institutions mutualistes actuelles. C’est une profonde erreur ! L’Association ouvrière générale, (AOG, c’est nous qui soulignons) loin d’avoir pour effet la disparition ou l’affaiblissement de nos œuvres de prévoyance, ne pourrait que les rendre, sinon plus utiles, du moins plus solides et surtout plus prospères car l’assurance obligatoire, en même temps qu’elle éveillera forcément des idées de prévoyance dans toutes les classes de la société, ne donnera jamais qu’un minimum d’assistance que l’ouvrier intelligent, soucieux de sa dignité, voudra renforcer en restant affilié à une mutualité libre. Il pourra et voudra jouir à la fois des fruits de la prévoyance forcée et des fruits de la prévoyance libre. » Wormhout se prononce donc en faveur de l’assurance obligatoire, ce qui ne détonne pas par rapport au POB et aussi du maintien d’une sorte de « self-help » à l’honneur dans ce qui subsiste de l’AGO.

En 1890, selon Luc Peiren (2006), Alphonse Wormhout s’installe comme imprimeur indépendant et participe à la fondation du Syndicat des maîtres imprimeurs de Bruxelles et faubourgs en 1903.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146444, notice WORMHOUT Alphonse. par Jean Puissant, version mise en ligne le 15 mai 2013, dernière modification le 8 décembre 2019.

Par Jean Puissant

ŒUVRE : La mutualité en Belgique, Bruxelles, 1896.

SOURCES : GUBIN E., MAHOUX J.-P., PUISSANT J. , « Question sociale et libéralisme. L’exemple de l’AGO (1858-1920) », dans VERHULST A., PAREYN L., Huldeboek Prof. Dr. Marcel Bots. Een bundel historische en Wijsgerige opstellen, Gent, 1995, pp. 139-165 − PEIREN L., De kinderen van Gutenberg, geschiedenis van de graphische vakbeweging in België voor 1975, Brussel-Gent, 2006 − MAHOUX J.-P., L’Association Générale Ouvrière (1858-1894) (manuscrit inédit).

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