MARTIN Robert, Fernand, André [dit Léon]

Par Daniel Grason

Né le 3 juin 1910 à Argenton-sur-Creuse (Indre), fusillé le 15 juin 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; peintre en bâtiment ; militant communiste ; responsable technique des FTPF région P2.

Fils de Pierre, employé au tramway, et de Marie, née Reignoux, Robert Martin épousa Georgette Pion le 3 août 1935 en mairie du VIIIe arrondissement. Le couple demeurait dans le XIe arrondissement de Paris. Membre du Parti communiste avant la guerre, Robert Martin reprit une activité militante au début de l’année 1941. Il effectuait des distributions de tracts, inscrivait des mots d’ordres de l’organisation clandestine sur les murs.
Membre des Francs-tireurs et partisans (FTP), il passa dans l’illégalité, devint responsable technique de la région P2, appointé par l’organisation deux mille francs par mois. Il contrôlait une cache au 28 rue de Popincourt (XIe arr.), où étaient entreposés des armes, munitions, engins explosifs et incendiaires.
Le 13 février 1943 vers 21 heures, au guichet du Carrousel, côté quai du Louvre, des FTP tirèrent sur deux officiers allemands : un lieutenant-colonel et un commandant d’aviation. La police française fut alertée par un appel téléphonique, le quartier fut immédiatement bouclé. Les militaires gisaient à terre, grièvement blessés, sans connaissance. Emmenés à l’hôpital Beaujon à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine), ils moururent des suites de leurs blessures. Les policiers ramassèrent huit douilles de pistolet automatique de calibre 7,65 mm.
Il attaqua le 21 février vers 20 h 50, avec d’autres FTP une maison de tolérance réservée aux militaires allemands au 14 rue Montyon à Paris (IXe arr.). Une grenade fut lancée dans le couloir d’entrée ; elle n’éclata pas.
Robert Martin fut interpellé dans la soirée de ce 21 février boulevard Magenta près des hôtels « Monopole » et « Internationale », il ne répondit pas aux injonctions des gardiens de la paix et se dissimula derrière un arbre. Les policiers insistèrent ; il tira et blessa deux gardiens de la paix. Il portait sur lui deux pistolets automatiques de marque Savage et une matraque en acier, ainsi que des tickets d’alimentation volés dans une mairie. Lors de l’enquête policière, notamment la perquisition du local de la rue Popincourt, il apparut qu’il avait fourni les armes qui servirent le 13 février.
Incarcéré à la prison de Fresnes, il comparut le 4 juin 1943 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas à Paris (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « action de franc-tireur », il fut passé par les armes le 15 juin 1943 à 16 h 10. Il fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146689, notice MARTIN Robert, Fernand, André [dit Léon] par Daniel Grason, version mise en ligne le 22 mai 2013, dernière modification le 25 avril 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 1747, BA 1752, KB 77, PCF carton 14, rapport sur l’activité communiste pendant l’Occupation, 77W 594. – DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII dossier 4, Liste S 1744-157/43 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil, Société d’histoire d’Argenton-sur-Creuse.

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