SEGUIN Alfred, Adolphe, Jean-Marie

Par Daniel Grason, Alain Prigent, Serge Tilly

Né le 23 juin 1914 à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), fusillé après condamnation le 5 octobre 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; manœuvre terrassier ; militant du Parti communiste clandestin ; résistant FTPF.

Alfred Seguin était le fils d’Alfred Seguin, employé de commerce né en 1888, et d’Adolphine Balhache ménagère née en 1889. Engagé dans la Marine nationale pour cinq ans, il renonça à faire carrière à la veille de la guerre. Le 2 septembre 1936, il épousa Rolande, Marie, Louise Delanos à Angers (Maine-et-Loire). Le couple, sans enfant, habita la ville au 6 rue Chaponnière.
Mobilisé en 1939, Alfred Seguin retourna à Angers après l’armistice. Terrassier, membre du Parti communiste clandestin, il rejoignit les FTP en septembre 1941. Chef de groupe à Angers, il participa à la distribution de tracts et de journaux clandestins. Il prit également part à des opérations de destruction de lignes téléphoniques.
Militant communiste, Louis Coulibeuf, qui expédiait la propagande clandestine depuis Paris, fut arrêté le 25 novembre 1941 et parla. Une liste d’une quinzaine de noms de militants de la région Sud-Ouest fut saisie. L’enquête fut menée conjointement par la Brigade spéciale no 1 (BS1) dirigée par le commissaire Fernand David et la 1re brigade régionale de police mobile et un coup de filet eut lieu en décembre 1941 à Angers. Treize militants communistes de la ville furent interpellés, dont Alfred Seguin le 18 décembre. Un commissaire de police aurait été arrêté.
Inculpé pour « propagande communiste clandestine, infraction au décret du 26 septembre 1939 et activité communo-terroriste », Alfred Seguin fut transféré le 19 décembre à la maison d’arrêt de la Santé à Paris (XIVe arr.), Rolande, son épouse, pour le soutenir moralement vint habiter au 60 rue Oberkampf (XIe arr.). Le 9 septembre 1942, il fut jugé à l’Hôtel Continental, avec vingt-sept autres inculpés, par le tribunal militaire allemand du Gross Paris. Il fut condamné à la peine de mort pour « aide à l’ennemi ».
Il fut passé par les armes le 5 octobre 1942 à 16 heures au stand de tir du ministère de l’Air dans le XVe arrondissement, avec seize autres camarades. Alfred Seguin avait vingt-huit ans.
Son corps fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), où il repose actuellement. Le nom d’Alfred Seguin figure sur La plaque du ministère de la Défense à Paris XVème.
Une rue d’Angers porte son nom.

Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146831, notice SEGUIN Alfred, Adolphe, Jean-Marie par Daniel Grason, Alain Prigent, Serge Tilly, version mise en ligne le 28 mai 2013, dernière modification le 4 février 2021.

Par Daniel Grason, Alain Prigent, Serge Tilly

SOURCES : Arch. PPo., 77W 193, KB 30. – DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII dossier 3 (Notes Jean-Pierre Besse et Thomas Pouty). – Alain Prigent, Serge Tilly, « Les fusillés et les décapités dans les Côtes-du-Nord (1940-1944) », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 12, 2011. – Témoignage de Jean Seguin, demi-frère d’Alfred Seguin, recueilli à Saint-Brieuc en février 2011.

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