TOANEN Robert, Léon, Marie [Pseudonymes dans la Résistance : Joseph, le Cycliste]

Par Alain Prigent, Serge Tilly

Né le 29 septembre 1904 à Pleumeur-Gautier (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), fusillé le 8 juin 1944 à Rennes (Ille-et-Vilaine) ; marin de commerce ; militant communiste ; résistant responsable de l’Organisation spéciale (OS).

Le père de Robert Toanen, Yves, Marie Toanen, cultivateur, épousa Fanny, Marie Cardinal, ménagère. Robert Toanen obtint son certificat d’études. Célibataire, il naviguait comme marin de commerce. Il adhéra au Parti communiste en 1938. La même année, il embarqua successivement sur les cargos Le Ailen-Turk puis Le Saint-Malo, qui transportaient du matériel pour les républicains espagnols pour le compte de la compagnie France-Navigation. Arrivé à Glasgow (Grande-Bretagne) le 28 août 1939, à la déclaration de la guerre, le cargo Le Saint-Malo fut affecté avec un nouvel équipage à la Compagnie générale transatlantique. Robert Toanen fut rapatrié, avec ses camarades, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), puis au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). En octobre 1939, il travailla pour la compagnie Shell comme matelot sur un bateau-citerne qui faisait le transit entre Le Havre, Rouen et Paris. Mobilisé en décembre 1939, il fut affecté au dépôt des équipages de la flotte à Brest (Finistère) sur le croiseur Le Strasbourg, puis sur un autre croiseur, Le Dunkerque. Le 4 février 1940, il reprit sa place à la compagnie Shell comme affecté spécial. Son bateau se trouvait à l’écluse de Corbeil (Seine-et-Oise, Essonne) lors de l’arrivée des Allemands. Il prit la fuite à vélo vers Bordeaux (Gironde) puis regagna la Bretagne, à Lézardrieux (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) chez sa sœur, Mme Libouban. Il devint alors ouvrier agricole.
En mai 1942, il rencontra à Plouguiel Louis Pichouron, qu’il avait connu sur Le Saint-Malo et qui était en train de remettre en place le Parti communiste clandestin dans l’ouest du département. Robert Toanen entra dans l’organisation clandestine, et plus particulièrement dans l’OS, la branche militaire du parti. Il eut des contacts avec Marcel Brégeon, responsable du Parti communiste clandestin dans les Côtes-du-Nord, qui lui remit des explosifs en lui demandant de passer à l’action le plus tôt possible.
Le 1er janvier 1943, accompagné de Marcel Danigo et de Louis Kerleau, il saisit dans la mairie de Pleumeur-Gautier une machine à écrire qui fut dirigée vers Saint-Brieuc. Dans les premiers jours de janvier 1943, avec le même groupe, il procéda au sabotage d’une pelle mécanique sur le chantier allemand de la gare de Pleumeur-Gautier. À la fin du mois de janvier 1943, il fut mis en relation par Louis Pichouron avec Le Ray, ancien matelot sur Le Saint-Malo, qui lui demanda de venir travailler sur le terrain d’aviation à Saint-Brieuc. Embauché comme électricien, il habita désormais Saint-Brieuc, ce qui facilitait les contacts avec la direction du parti clandestin, et plus particulièrement avec Marcel Brégeon et Louis Pichouron. Le 27 mars 1943, avec un groupe de Francs-tireurs et partisans (FTP), il mena une action contre la ferme de Kerambrun, un collaborateur, à Paimpol. Le 1er mai 1943, avec Armand Guillou et Jean Cosson, il procéda au premier plasticage d’une ligne de chemin de fer dans le département des Côtes-du-Nord, à quelques kilomètres de Saint-Brieuc en direction de Lamballe, à Yffiniac. Le 28 juin 1943, avec un autre groupe, il attaqua la mairie de Kergrist-Moëlou. Appelé « Joseph » ou « le Cycliste », il participa, mais sans succès, à une opération de déboulonnage de la voie le 14 juillet 1943 à Yffiniac avec Armand Guillou et quatre autres résistants.
Après avoir aidé un des responsables régionaux traqués à Guingamp à se replier à Plessala, dans le Mené, il fut arrêté le 23 août 1943 à Saint-Brieuc par les inspecteurs du Service de police anticommuniste (SPAC), aidés par la trahison de Léon Renard, nouveau responsable du Parti communiste clandestin de Noël 1942 à février 1943 et avec lequel il avait été en contact, dans le cadre d’une très vaste opération de démantèlement de l’organisation clandestine du Parti communiste.
Il fut emprisonné à Saint-Brieuc, puis à Rennes, où il fut atrocement torturé dans les locaux de la police. Le 7 juin 1944, il fut condamné à la peine de mort par le tribunal militaire allemand FK 748 de Rennes, et fusillé le lendemain à la caserne du Colombier à Rennes avec trente et un autres camarades, dont huit républicains espagnols. Robert Toanen avait quarante ans.
Il figure sur Le monument du Colombier à Rennes sous le nom de « Robert Foanen ».

Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146839, notice TOANEN Robert, Léon, Marie [Pseudonymes dans la Résistance : Joseph, le Cycliste] par Alain Prigent, Serge Tilly, version mise en ligne le 28 mai 2013, dernière modification le 8 mars 2020.

Par Alain Prigent, Serge Tilly

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Jean-Pierre Besse et Thomas Pouty). – Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 1043W32, activité du PCF (1940-1944). – Arch. Dép. Ille-et-Vilaine, 213W68, dossier de la cour de justice de Rennes, Procès Léon Renard, juin 1946. – Louis Pichouron, Mémoire d’un partisan breton, Presses universitaires de Bretagne, 1969. – Alain Prigent, Histoire des communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, 2000. – Alain Prigent, « La SPAC contre le PCF clandestin », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 6-7, 1998. – Alain Prigent, Serge Tilly, « Les fusillés et les décapités dans les Côtes-du-Nord (1940-1944) », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 12, 2011. – Alain Prigent, Serge Tilly, « La bataille du rail », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 8/9, 2000. – Serge Tilly, « L’occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-1944), Les lieux de mémoire », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 10, 2004 et no 11, 2005. – L’Aube Nouvelle. – Ouest-Matin. – État civil Pleumeur-Gautier.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément