MIRGAUX André

Par Alain Dalançon

Né le 17 mars 1921 à Piedmont, commune de Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle), mort le 25 juillet 2019 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; professeur agrégé de mathématiques ; militant socialiste PSA, PSU puis PS ; militant syndicaliste et mutualiste, secrétaire de la section académique de Nancy du SNES (1946-1967), vice-président de la section départementale de la MGEN (1947-1992).

André Mirgaux
André Mirgaux
En 1998 à une réunion du PS

Fils aîné d’un ouvrier de la sidérurgie autodidacte, d’opinion de gauche très affirmée, et d’une ancienne couturière devenue femme au foyer pour s’occuper de ses trois enfants, André Mirgaux reçut une éducation catholique traditionnelle dans son village de la Lorraine rurale, où ses grand-parents paternels avaient été de petits propriétaires fonciers, tenanciers du café. Très bon élève à l’école communale publique, il fut reçu au concours des bourses, ce qui lui permit d’être demi-pensionnaire à l’école primaire supérieure mixte jumelée au collège Alfred Mézières de Longwy (Meurthe-et-Moselle) de 1933 à 1937, et d’entrer à l’Ecole normale d’instituteurs de Nancy en 1937. Dès la rentrée scolaire 1939, en raison du grand nombre d’instituteurs mobilisés, il fut envoyé enseigner dans le petit village de Mamey. En 1941-1942, il prépara le concours d’entrée à l’École normale supérieure de Saint-Cloud à l’EN de Nancy, où l’enseignement était dispensé par des professeurs du lycée Poincaré. Il intégra l’École à la rentrée 1942 dans une promotion qui comptait 15 élèves scientifiques et 15 littéraires.

Ses études à l’ENS furent perturbées à la fin de l’année 1943 par sa réquisition au Service du travail obligatoire auquel il refusa de se rendre. Il eut alors l’occasion d’être en contact avec différents réseaux de la Résistance qui ne se trouvèrent pas engagés dans des actions de combat.

À la Libération, André Mirgaux rejoignit l’ENS et fut reçu à la fin de l’année 1944-1945 au professorat des écoles normales et au certificat d’aptitude à l’enseignement dans les collèges. Il épousa en juillet 1945 Odette Chopot, institutrice, qui devint militante, déléguée cantonale du Syndicat national des instituteurs et avec laquelle il eut un fils et une fille. Titulaire d’une licence ès sciences, reçu à l’agrégation de mathématiques en 1946, il resta affecté au lycée Poincaré de Nancy où il avait été nommé l’année précédente et où il demeura, chargé de la classe de mathématiques spéciales à partir de 1956, jusqu’à sa retraite prise en 1981 au grade de professeur de chaire supérieure.

Adhérent dès 1945 au Syndicat national de l’enseignement secondaire, Mirgaux participa à la mise sur pied du nouveau syndicat, fut le secrétaire de la section (S1) du lycée Poincaré, secrétaire de la section départementale (S2) ensuite et à ce titre membre du bureau de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN). Il cumula bientôt la responsabilité de secrétaire de la section académique (S3) à partir de 1947, après le départ de Mourot puis d’Arsène Chassang dans l’enseignement supérieur, responsabilité qu’il conserva jusqu’à la première année d’existence du nouveau SNES (classique, moderne, technique) en 1966-1967. En 1947, il participa également à la création de la section départementale de la MGEN et en devint vice-président jusqu’en 1992.

En 1948, Mirgaux vécut très douloureusement la scission de la CGT, et comme Laurent Schwartz, alors secrétaire de la section départementale de la FEN, opta pour la double affiliation à la FEN autonome et à la FEN-CGT, dont il regretta la dissolution en 1954 sans que ses adhérents aient été consultés. Au congrès du SNES de 1951, il avait proposé en vain que les membres de la commission administrative nationale soient des représentants élus des S3 et non pas des élus sur listes de tendance. André Mirgaux demeura cependant secrétaire du S3 pendant 20 ans sans jamais figurer sur aucune des listes A ou B à la CA nationale du SNES. Les syndiqués votaient majoritairement pour la liste de la direction « autonome » ; mais sur la liste A nationale figurèrent successivement d’autres militants de l’académie, Collombier* (de 1948 à 1950 mais qui militait très peu dans le S3), le trésorier Clarin (économe au collège de Neufchâteau) et Jean Duseux (en tant qu’AE puis certifié), tandis que sur la liste B figurèrent Vieilhomme (adjoint d’enseignement) puis Robert Genton (agrégé).

André Mirgaux bénéficiait donc de la confiance unanime de tous ses camarades et avait un grand crédit auprès de l’administration, siégeant au Conseil académique et à la commission administrative paritaire des agrégés. Il refusa toujours de prendre des responsabilités nationales et milita sans aucune décharge, très attaché qu’il était à son enseignement en classe préparatoire.

En 1966-1967 et durant les années précédant la fusion du SNES et du Syndicat national de l’enseignement technique, la coopération avec le secrétaire académique du SNET, Gilbert Bodez, militant du courant « Union pour une action syndicale efficace », fut sans problème, de sorte que cette fusion s’opéra sans difficulté. En 1967, André Mirgaux céda la place de secrétaire académique à Jean Duseux à la tête d’une équipe qui pratiquait encore la cogestion, malgré le changement de majorité du SNES au plan national.

Ce n’est qu’après avoir abandonné sa responsabilité au S3 qu’André Mirgaux apparut pour la première fois sur la liste des « Autonomes » (Indépendance et Démocratie) aux élections à la CA nationale du SNES en 1969, et il figura encore sur la liste UID en 1971 et 1973.

Par ailleurs, il fut, en 1967, un des fondateurs de la régionale de l’APMEP (Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public) qu’il présida de la rentrée 1970 à celle de 1981 au moment de son départ en retraite.

Homme de gauche, il milita dès la Libération contre les répressions et guerres coloniales (Indochine, Madagascar, Algérie) et dénonça le manque de démocratie dans les « démocraties populaires » de l’Est. Ces positions le conduisirent à refuser d’adhérer aussi bien à la SFIO qu’au PCF. Il adhéra cependant au Parti socialiste autonome puis au Parti socialiste unifié dont il fut membre de la commission exécutive fédérale dès sa fondation en 1960 et enfin au Parti socialiste après 1971, dont il était toujours membre en 2006, militant par ailleurs à son association de quartier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146843, notice MIRGAUX André par Alain Dalançon , version mise en ligne le 28 mai 2013, dernière modification le 25 mars 2022.

Par Alain Dalançon

André Mirgaux
André Mirgaux
En 1998 à une réunion du PS
A. Mirgaux, surnommé le "cosaque" par ses élèves de la classe d’ENSI 2, lycée Poincaré, 1963-1964

SOURCES : Arch. Nat., 581AP/119. — Archives de l’IRHSES. — Bulletins syndicaux. — Témoignage de l’intéressé. — Note de Jacques Girault.

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