GOLDSTEIN Carol [alias CRACIUM Ion]

Par Daniel Grason

Né le 10 mars 1910 à Bucarest (Roumanie), fusillé le 9 mars 1943 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; manœuvre ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant FTP-MOI.

Carol Goldstein, membre du Parti communiste de Roumanie, combattit dans les Brigades internationales en Espagne. Lors du retrait d’Espagne début 1939, peut-être fut-il interné dans un camp du sud-ouest de la France ?
Juif roumain, Carol Goldstein vivait sous la fausse identité de Ion Cracium, domicilié 60 rue Turbigo à Paris (IIIe arr.). Il fut membre de l’Organisation spéciale et dès sa création du 1er détachement FTP-MOI roumain avec Andrei Sas Dragos et Nicolas Cristea. Ces deux derniers vivaient également sous une fausse identité, Jaroslaw Martunek pour le premier et Joseph Copla pour le second.
Il était dans l’équipe qui réalisa l’attentat le plus retentissant du 1er détachement, le 5 août 1942 vers 9 heures au stade Jean-Bouin. Une cinquantaine de soldats de la Luttwaffe effectuaient le tour de la piste, deux grenades furent lancées par des FTP : bilan deux morts, et vingt blessés dont cinq grièvement.
Le 10 septembre 1942 vers 5 h 45, deux engins déposés au pied d’un candélabre explosaient au passage de quatre soldats sans les atteindre, un civil était blessé. Le 6 octobre 1942 vers 22 h 15 un obus de 105 mm piégé à l’aide d’un pétard de cheddite était déposé le long d’une casemate allemande sur le pont de Sèvres à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), à proximité d’un poste de DCA, mais il n’y eut ni dégâts ni victimes. Des engins incendiaires furent lancés sur des fûts de pétrole boulevard de la Bastille (XIIe arr.). Il attaqua avec d’autres FTP-MOI un camion allemand rue Oberkampf l(XIe arr.) e 9 octobre, puis le 15 octobre un garage, cours de Vincennes (XXe arr.), où stationnaient des camions allemands.
Vers 8 h 30, le 19 octobre 1942, avenue du Docteur-Lannelongue (XIVe arr.), deux grenades furent lancées par-dessus la clôture de la rue sur un groupe de soldats allemands faisant de l’exercice dans l’enceinte de la Cité universitaire ; une seule éclata, un soldat fut légèrement blessé à la fesse droite. L’ avenue du Docteur-Lannelongue séparait administrativement le XIVe arrondissement de Paris et la ville de Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine). La police boucla un large périmètre, une vingtaine de personnes furent appréhendées, contrôlées. Andrei Sas Dragos et Nicolas Cristea furent arrêtés ce 19 octobre à Montrouge. Des policiers de la Brigade Spéciale no 2 (BS2) arrêtèrent Carol Goldstein quand il se présenta au domicile d’Andrei Sas Dragos.
Comme ses compagnons, il fut interrogé dans les locaux des Brigades spéciales par le commissaire Hénoque, et livré à la Gestapo rue des Saussaies à Paris (VIIIe arr.).
Le tribunal de guerre de l’armée de l’air allemande décida le 9 mars 1943 de les faire exécuter, il ne fut pas fait mention d’un procès.
Le jour même (9 mars 1943), sous sa fausse identité de Ion Cracium, Carol Goldstein a été fusillé au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.), puis inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) division 47, ligne 1, n°38.
Il fut reconnu Mort pour la France et il fut homologué Interné résistant (DIR).
Son nom figure sur la plaque commémorative située avenue de la Porte-de-Sèvres à Paris (XVe arr.).
La concierge du 60 rue Turbigo témoigna devant la commission d’épuration de la police en mai 1945, elle assura que Ion Cracium n’habita pas dans l’immeuble.

Voir Paris (XVe arr.), Le stand de tir de Balard (Ministère de l’Air)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146845, notice GOLDSTEIN Carol [alias CRACIUM Ion] par Daniel Grason, version mise en ligne le 28 mai 2013, dernière modification le 14 février 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 1747, BA 1748, BA 1752, PCF carton 13 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation, KB 18, KB 56, KB 97, 77W 536, 77W 3121. — SHD Vincennes GR 16 P 149685 (dossier au nom de Ion Cracium, nc). — Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. — Boris Holban, Testament. Après 45 ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle..., Calmann-Lévy, 1989. — Site Internet Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb. — Répertoire des fusillés inhumés au cimetière parisien d’Ivry.

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