LE GAC Henri, Léon

Par Alain Prigent, Serge Tilly

Né le 24 juillet 1922 à La Chapelle-Neuve (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), fusillé le 16 juin 1944 à Servel en Lannion (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; infirmier ; FTP.

Henri Le Gac était le fils de Jean Baptiste, François, Marie, cultivateur, et de Jeanne Marie Le Gars, ménagère. Exerçant le métier d’infirmier Henri Le Gac demeurait à Bourbriac (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor). En mai 1944, il intégra un groupe d’une vingtaine de jeunes gens, composé à l’initiative d’étudiants rennais, mais nonpar le tribunal du secteur postal 56300 lié formellement à l’une des composantes de la Résistance armée, qui s’était constitué dans la commune de Senven-Léhart (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor). Le chef de ce maquis ainsi formé était Christian Savary, FTP venu d’Ille-et-Vilaine qui participa à l’attaque de la prison de Vitré (Ille-et-Vilaine) le 29 avril 1944, secondé par Jean Marion, étudiant, originaire de Paris. Vers le 6 juin 1944, le groupe s’installa dans le château de Goas-Hamon, propriété de la famille Novello, cimentier à Guingamp, qui servait de centre de rassemblement pour les maquisards de Plésidy liés à l’Armée secrète (AS). Au bout de quelques jours personne à Senven-Léhart n’ignorait plus leur présence. Georges Le Cun, un des dirigeants de l’AS de Guingamp qui dirigeait le maquis de Plésidy,
Le 12 juin 1944, à 6 h 30 du matin, une centaine de soldats allemands, épaulés par trois gendarmes français, encerclèrent la propriété. Les jeunes maquisards tentèrent de se défendre pendant environ une heure. Mais, lorsque les Allemands attaquèrent le château à la grenade, douze maquisards se rendirent. Si quelques combattants réussirent à se cacher et à s’échapper, sept d’entre eux périrent : deux furent tués au combat et cinq massacrés sur place : Jean Marion, Georges Le Saux, Jean Marini, Edmond Corbel, Jean Julienne, Ernest Le Flammec et Marcel Le Bihan. Leurs corps furent enterrés sommairement dans une fosse commune au cimetière de Senven-Léhart. Le château, incendié par les Allemands, fut complètement détruit et ne fut jamais reconstruit.
L’opération militaire allemande, qui fut l’une des opérations de répression les plus sanglantes menées dans le département (dix-neuf victimes), fut conduite sous la responsabilité de Rudolph Kiekaffer et de Wilhelm Funke du Sicherheitsdienst (SD) de Saint-Brieuc.
Henri Le Gac, qui faisait partie des douze maquisards arrêtés, fut incarcéré à Guingamp où il subit d’affreuses tortures. Le 16 juin 1944, il fut condamné à la peine de mort par le tribunal du secteur postal 56300 « pour activités de franc-tireur » et exécuté le jour même en même temps que ses onze camarades Briac Blanchard, Albert Fouilhon, Paul Herviou, Joseph Le Bihan, Alphonse Le Pape, Jean Le Tallec, Jean Lossouarn, Jean Péron, Albert Pinson, Paul Riou et Christian Savary au camp d’aviation de Servel près de Lannion. Henri Le Gac n’avait pas encore vingt-deux ans. Son corps fut retrouvé le 17 septembre 1944.. Son corps, retrouvé le 17 septembre 1944, ne fut pas reconnu par les parents. Son nom ne figure donc pas sur Le monument du terrain d’aviation de Servel en Lannion où une importante cérémonie patriotique se déroule tous les ans le premier dimanche du mois d’août. Un X évoque la mémoire d’un fusillé inconnu. Son nom, en revanche, se trouve sur le monument aux morts de Bourbriac (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor). Les tragiques événements du 12 juin 1944 ne donnèrent lieu dans les années qui suivirent la Libération à aucune commémoration significative dans la commune de Senven-Léhart où aucun monument commémoratif n’a été érigé.

Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146890, notice LE GAC Henri, Léon par Alain Prigent, Serge Tilly, version mise en ligne le 29 mai 2013, dernière modification le 17 décembre 2018.

Par Alain Prigent, Serge Tilly

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 2W88, 1369W15, 165J3, 1043W3. – Joseph Darsel, La Bretagne au combat, Le Signor, 1980. – Alain Prigent, Serge Tilly, « Les fusillés et les décapités dans les Côtes-du-Nord (1940-1944) », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 12, 2011. – Serge Tilly, « L’occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-1944), Les lieux de mémoire », Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 10, 2004 et no 11, 2005.

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