NÉDÉLEC Jean

Par Alain Prigent

Né le 1er mars 1920 au Faou (Finistère), mort le 30 mars 2017 à Brest (Finistère) ; instituteur ; militant de la section du Finistère du SNI ; secrétaire départemental du Comité d’action laïque (1961-1967) ; secrétaire général de la FOL du Finistère (1967-1979) ; secrétaire de la FEN-CGT (1950-1954) ; membre du bureau de l’union départementale CGT (1953-1954) ; secrétaire départemental du Mouvement la paix ; membre du bureau de la fédération du PCF du Finistère (1956-1961).

Jean Nédélec
Jean Nédélec
Délégué dans un congrès de la Ligue de l’enseignement

Son père Alexis Nédélec, né en 1886 à Landerneau (Finistère) après avoir servi pendant quinze ans dans la Marine nationale comme second maître timonier, travailla à l’arsenal maritime de Brest à partir de 1927. En 1917 il fut en opération devant le port d’Odessa. Militant de la CGT, il participa aux grèves qui touchèrent à l’arsenal de Brest dans l’entre-deux-guerres. Il fut adhérent au Parti socialiste SFIO

Jean Nédélec fit ses études primaires à l’école publique de la Communauté à Brest. Après avoir été reçu au concours des bourses, il entra au petit lycée de Brest en 1931 où il fit ses études ayant comme professeurs des militants comme le socialiste Guillaume Messager, ou les communistes Marcel Hamon et Louis Rabardel. Sous l’influence de son ami Georges Bozec, fils d’un cheminot communiste, il regarda avec sympathie les progrès du Parti communiste à Brest participant en autres au dernier défilé du Front populaire le 14 juillet 1939. Après avoir été reçu au baccalauréat (série mathématique élémentaire) en 1939, il fut intégré comme instituteur intérimaire à la rentrée d’octobre 1939 à Concarneau, au Trévoux puis au cours complémentaire de Plogoff.

Mobilisé, il fut fait prisonnier en juillet 1940 à La Rochelle et dirigé vers la Dordogne en septembre 1940 où il fit la connaissance de Daniel Trellu. Versés dans un camp de jeunesse dans l’Ain, ils décidèrent de retourner en Bretagne passant clandestinement la ligne de démarcation en janvier 1941 à Simandre-sur-Suran (Haute-Vienne). Nédélec regagna Brest fin janvier 1941 tandis que Trellu se dirigeait vers Quimper. Après avoir passé un concours pour intégrer l’administration des douanes, il fit son retour dans l’enseignement en octobre 1942 ayant en charge les classes de fin d’études au lycée de Brest. En mars 1943, il fut évacué avec ses élèves à Landeleau, dans les monts d’Arrée où il se maria, le 27 septembre 1943, avec Marguerite Cam, fille d’un couvreur, alors sans profession, devenue institutrice. Nommé à Saint-Nic, il eut, selon son témoignage, beaucoup de difficultés à entrer en contact avec la Résistance. Il tenta de rejoindre un maquis mais son responsable refusa son adhésion parce qu’il était instituteur. Il participa cependant à la libération de Carhaix.

Nommé d’abord à Loqueffret en octobre 1944, il enseigna à Collorec de 1945 à 1952. Il obtint un poste à Brest en 1952 dans l’école du quartier des Quatre Moulins. Pendant un an, il fut séparé de son épouse restée en poste à Collorec. A la rentrée 1953, le couple obtint un logement dans une baraque à Quéliverzan, la ville étant en complète reconstruction.

Il adhéra au Parti communiste français en octobre 1945 à l’issue d’une réunion organisée par Alain Cariou dirigeant de la fédération du Finistère. Toutefois selon les archives du PCF, son adhésion était en 1946. Il fut délégué à la neuvième conférence de la fédération les 10 et 11 août 1946 à Quimper qui fut marquée par une violente attaque de Jeannette Vermeersch contre Alain Cariou coupable « de négligences dans son activité ». Il participa également à la XIIIe conférence à Douarnenez les 4 et 5 mars 1950 en présence de Jacques Duclos. Lors de cette réunion, la fédération du Finistère fut totalement réorganisée. Nédélec participa à la direction de la fédération du PCF du Finistère pendant une décennie. D’abord élu au comité fédéral en juillet 1954, il intégra le bureau en mai 1956 où il resta jusqu’en mai 1961. Reversé au comité fédéral, il abandonna son activité à la fédération en mai 1964. En 1962, il fit partie d’une délégation du PCF chargée d’étudier le système scolaire en Pologne.

Jean Nédélec fut le suppléant du candidat communiste aux élections législatives dans la deuxième circonscription de Brest. Il refusa d’être à nouveau candidat en 1967.

Trésorier de la section du Finistère de la Fédération de l’Éducation nationale en novembre 1947, partisan de l’adhésion du Syndicat national des instituteurs à la CGT, il fut élu secrétaire général de la section du Finistère de la FEN-CGT en août 1950 remplaçant Jean Bécam* après la scission de 1948. Il occupa cette responsabilité jusqu’à la demande en 1954 du PCF aux instituteurs communistes de ne militer qu’au SNI. Il participa en janvier 1953 au rassemblement de Châteauneuf-du-Faou pour demander la libération d’Alain Le Léap, secrétaire national de la CGT. Il fut élu membre du bureau de l’union départementale à l’issue du congrès de l’UD qui se tint les 21 et 22 novembre 1953 à Douarnenez. Il anima l’UD pendant deux années avec Henri Ménes, secrétaire général, et François Tanguy*. Il fut délégué au congrès national de la CGT en 1953. En août 1953, il participa au titre de l’UD à l’organisation de la grève générale des fonctionnaires. Il fut un constant animateur de la lutte pour la paix dans le Finistère, lors du procès d’Henri Martin ou lors de la première guerre du Golfe en 1991.

Élu au conseil syndical du SNI au titre de la tendance ex-CGT, membre de la Commission paritaire administrative départementale, il œuvra avec Marcel Lucas pour la conquête en 1964 de la section du Finistère dirigée par successivement les militants autonomes Jean Le Pemp et Jean Perrin*. Sur proposition de Perrin, il fit partie d’une mission de quarante enseignants, chargés de récupérer les dossiers de leurs collègues ayant exercé en Algérie en avril 1963 avec Louis Pouliquen, militant « Unité Indépendance Démocratie », et Alfred Rospars, militant « École émancipée ». Il participa au défilé du 1er mai à Alger. Délégué au congrès du SNI de Lille en 1964, il intervint à deux reprises sur les questions laïques, critiquant notamment les orientations de la CFTC.

Au moment de la disparition de la section départementale de la FEN-CGT, il fut sollicité par Alain Signor pour animer le Mouvement la Paix. Il en devint le secrétaire départemental en 1955 secondé par le docteur Bernard Lecoin et Eugène Bérest*, professeur au lycée Kérichen de Brest, militant de la Jeune République.

Élu au conseil d’administration du comité départemental d’action laïque à Quimper le 28 novembre 1948, il y siégeait encore au moment où la campagne de pétitions contre la loi Debré adoptée en décembre 1960 battait son plein (170 000 signatures furent recueillies dans le Finistère). Il présidait un patronage laïque à la fin des années 1950. En 1961, il succéda à Pierre Moalic au poste de secrétaire général du CDAL, responsabilité qu’il occupa jusqu’en 1967. Dans le même temps, en 1961, il fut élu au conseil d’administration de la Fédération des œuvres laïques du Finistère en 1961. Il fut élu secrétaire général la FOL de 1967 à 1979 succédant à Henri Labrousse*. En 1964, il fut mis à disposition de l’UFOLEA pour occuper un poste d’animateur au service culturel de la FOL à Brest. Délégué régional à la formation des cadres pour l’organisation des stages régionaux, il fut élu délégué régional de la Ligue de l’Enseignement avant d’être remplacé par Jean Gaillard*, secrétaire général de la FOL des Côtes-du-Nord. En 1974 il participa un voyage d’études en République démocratique allemande avec une délégation de la Ligue française de l’Enseignement.

En octobre 1990, il reçut la médaille d’or de la jeunesse et des sports remise par Pierre Maille*, maire de Brest.

Toujours membre du PCF, il était veuf lors de son décès qui fut annoncé par ’Humanité dans son carnet, le 4 avril 2017.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147014, notice NÉDÉLEC Jean par Alain Prigent, version mise en ligne le 3 juin 2013, dernière modification le 14 avril 2021.

Par Alain Prigent

Jean Nédélec
Jean Nédélec
Délégué dans un congrès de la Ligue de l’enseignement

ŒUVRE : Jean Nédélec, 1920-1980, 60 ans de vie militante dans le Finistère, Fédération des oeuvres laïques du Finistère, 2003, 302 p.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse syndicale. — Bretagne Nouvelle, hebdomadaire des fédérations du PCF de Bretagne. — Eugène Kerbaul, 1270 militants du Finistère (1918-1945), IRM Bretagne, 1985, 288 p. — François Tanguy, La CGT dans le Finistère (1944-1968), Editions UD CGT Finistère, 1992. — Jean-Pierre Le Foll, Campagnes rouges de Bretagne centrale : l’implantation communiste en Trégor intérieur et Haute-Cornouaille (1944-1958), maîtrise d’Histoire, Université de Bretagne occidentale, 1989, 183 p. — Entretien en avril 2008. — Notes de Jacques Girault.

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