MÉNÈS Henri

Par Alain Prigent

Né le 15 mai 1911 à Brest (Finistère), mort le 30 janvier 1992 à Brest ; ouvrier tourneur ; résistant, déporté ; secrétaire général de l’Union départementale CGT du Finistère (1950-1956) ; militant communiste, membre du bureau de la fédération PCF du Finistère (1952-1962) ; conseiller municipal de Brest (1945-1947).

Henri Ménès était le fils d’un chef de poste à l’octroi. Ouvrier tourneur de l’Arsenal à Brest, il adhéra à la CGTU en 1934. L’année suivante, il adhéra au Parti communiste et devint en 1936 secrétaire à l’organisation de la section de Brest qui passa de dix-huit à deux cents membres. En 1937, membre du comité régional Finistère-Morbihan, il fut délégué au IXe congrès du PCF (Arles, 25-29 décembre) avec Alain Le Lay, Marcel Hamon, Alain Signor, Marie Le Fur et Eugène Kerbaul, au titre des Jeunesses communistes. Cette même année, Henri Ménès fut candidat au conseil général dans le premier canton de Brest, et obtint 293 voix et 6,7%. Le 30 novembre 1938, il participa à la grève nationale contre les décrets-lois et fut sanctionné par le conseil de discipline de l’Arsenal.

En octobre 1939, il participa à la restructuration du Parti communiste clandestin avec Jeanne Goasguen-Cariou, Roger Chaigneau et Eugène Kerbaul. Mobilisé à bord du Al Mansour, il quitta Brest en octobre 1939. Démobilisé à la fin de 1940, repéré par la police, il dut quitter Brest. Il se rendit à Sotteville-les-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) où il avait un frère qui le fit entrer dans une usine de métallurgie.
A Henri
Ménès s’installe à Sotteville-lès-Rouen, cité cheminote. Il fut embauché aux Chemins de fer, ateliers de Quatre-Mares. Il déclare dans son dossier SHD-Caen qu’il a été arrêté aux ateliersSNCF de Quatre-Mares - La SNCF, Service Central du Personnel, confirme qu’il a été arrêté le 2 juillet 1942.
Il reprit contact avec les structures du PC clandestin et en particulier avec Marcel Dufriche. Participant à la mise en place des structures de l’OS (organisation spéciale), lieutenant FTP au détachement Jeanne-d’Arc, il fut arrêté à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) le 2 juillet 1942. Interné à Compiègne, il fut déporté à Sachsenhausen, au camp d’Oranienbourg (Allemagne), au nord de Berlin, le 25 janvier 1943 avec le matricule 58863.

À son retour de déportation, retrouvant son emploi à l’Arsenal, il fut intégré au sein du bureau de la fédération du PCF où il siégea jusqu’en 1964 avant d’être reversé au comité de la fédération jusqu’en 1966. Il fut élu sur la liste communiste au conseil municipal de Brest en 1945. Il fut candidat aux élections cantonales à plusieurs reprises. Dans le canton de Brest III en mars 1949, il obtint 21,2 % des suffrages au premier tour ; il se maintint au second tour dans une triangulaire, rassemblant 29,7 % des suffrages. Dans le même canton, son score chuta à 8,8% en 1955. Candidat au Faou en 1951, il obtint 15,8 % des voix, se maintenant au second tour avec 17,8 %. Candidat dans le canton de Brest I, il recueillit 18,6 % des voix en 1958 et 13 % en 1964.

Militant de premier plan à l’Arsenal de Brest, secrétaire de l’UL de Brest depuis 1949, il fut élu au bureau de l’Union départementale CGT à l’issue des travaux du congrès de Quimper, le 6 juin 1949. Il fut mis à pied pendant sept jours pour avoir appelé les travailleurs à voter pour la paix en octobre 1949. Il fut blessé grièvement par les forces de l’ordre lors de la manifestation du 17 avril 1950 à Brest où Édouard Mazé, militant de la CGT, trouva la mort. Trois autres militants de la CGT furent blessés : Nicolas Kerhoas*, Louis Guenégués* et Pierre Causien*. Il succéda à Joseph Laot* au poste de secrétaire général de l’UD à l’issue de son 6e congrès (24 et 25 juin 1950 à Brest) qui vit Eugène Hénaff*, de la confédération, proposer une réorganisation de l’UD. En 1955, il dut reprendre son travail à l’Arsenal de Brest, son employeur refusant de prolonger son congé syndical jusqu’à la fin de son mandat qu’il occupa jusqu’au congrès de l’UD les 7 et 8 avril 1956 à Quimper. Il fut remplacé par François Tanguy*, devenant alors son adjoint jusqu’en 1963, tout en dirigeant le puissant syndicat CGT de l’Arsenal. Lors du congrès de Brest, les 6 et 7 avril 1963, il fut réélu au secrétariat de l’UD où il siégea pendant deux mandats, étant ensuite reversé au bureau départemental à l’issue du congrès de Concarneau les 27 et 28 mai 1967.

Pendant toute cette période d’intense activité, il fut très attentif aux problèmes de la Paix. Signataire de l’appel de Vienne, en juin 1955, contre la préparation de la guerre atomique, il participa au rassemblement de Commana le 10 novembre 1963 pour demander l’application des accords de Moscou et pour protester contre la force de frappe française.

Membre du comité départemental pour la défense de la République constitué le 20 mai 1958 à Brest, il prit la parole au nom de la CGT lors d’un meeting en novembre 1961 à Brest contre la guerre d’Algérie. Il participa au meeting de toutes les organisations syndicales et partis de gauche du 11 février 1962 à Brest après les événements de Charonne. Il intervint au titre de la CGT, le 21 février 1963, lors du rassemblement des agriculteurs de l’Ouest à Saint-Brieuc. Il inaugura, le 20 avril 1963, la première pierre de la nouvelle Maison du Peuple de Brest. Il fut signataire au nom de l’Union départementale d’une déclaration d’unité d’action avec la CFTC, la FEN et le SNI le 18 octobre 1963 à Brest. Il prit la parole au nom de l’Union départementale à Quimper, le 17 mai 1967, dans le cadre de la grève nationale.

Il s’était marié en juin 1931 à Lambézellec (Finistère). Son épouse, Christiane Ménès, militante de l’UFF, fut élue sur la liste présentée par le PCF aux élections municipales à Brest, le 19 octobre 1947. Henri Ménès prit sa retraite de l’Arsenal en 1964. Il était président de la fédération des vétérans du PCF du Finistère Nord (1971-1974). Son décès fut déclaré par son fils, Maurice, artisan.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147047, notice MÉNÈS Henri par Alain Prigent, version mise en ligne le 10 septembre 2013, dernière modification le 11 décembre 2018.

Par Alain Prigent

SOURCES : Arch. Com. Brest. — Arch. comité national du PCF. — Service Historique de la Défense à Caen,
dossier individuel. — Notre Finistère, supplément de l’Humanité Dimanche. — Bretagne Nouvelle, hebdomadaire des fédérations du PCF de Bretagne (1968-1981). — Eugène Kerbaul, 1270 militants du Finistère (1918-1945), IRM Bretagne, 1985. — François Tanguy, La CGT dans le Finistère (1944-1968), Éditions UD-CGT Finistère, 1992. — Vanina Le Gall, Les Luttes sociales à Brest (mai 1947 - avril 1950), Maîtrise d’ Histoire, Université de Bretagne occidentale, 1997. — Isabelle Picart , Le Parti communiste français à Brest de la Libération à la fin de la 4e République (1944-1958), maîtrise d’Histoire, Université de Bretagne occidentale, 1989. — DBMOFL’Humanité du 12 octobre 1937. —Site Internet, Les déportés du Finistère. — Notes de Gilles Rivière. — Note de Catherine Voranger. — État civil.

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