STAATH Henri

Par Daniel Grason

Né le 7 juillet 1909 à Paris (XIIe arr.), fusillé comme otage le 14 mai 1942 à Caen (Calvados) ; magasinier ; militant communiste.

Henri Staath
Henri Staath
Musée de la résistance nationale, fichiers de l’Association des familles de fusillés.

Fils d’Eugène, ébéniste, et de Bernardine, née Autret, journalière, Henri Staath fut exempté de service militaire. Il demeurait 218 bis rue Saint-Denis à Paris (Xe arr.), vivait parfois chez ses parents 14 rue Abel (XIIe arr.). Il exerçait la profession de magasinier aux établissements Ripolin, place de Valois (Ier arr.). Sympathisant du Parti communiste, il adhéra en 1937 à l’organisation Paix et Liberté, suppléa occasionnellement le responsable de la section communiste.
En 1941, des tracts du Parti communiste clandestin circulèrent chez Ripolin. Henri Staath et Charles Sasserand furent soupçonnés de les diffuser. Le 21 octobre 1941, ils furent appréhendés par deux inspecteurs de la Brigade spéciale no 1 (BS1). Des numéros de l’Humanité clandestine datant de février 1940 furent saisis au domicile d’Henri Staath, ainsi que deux brochures « École élémentaire du Parti communiste français » provenant de la période du Front populaire.
Henri Staath fut interrogé par Fernand David, commissaire de la BS1, et déclara qu’il gardait les tracts par « inadvertance », mais nia son appartenance à l’organisation communiste clandestine. Trois de ses collègues de travail furent interrogés ; l’un affirma qu’Henri Saath lui avait remis des tracts à plusieurs reprises. Henri Staath fut inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 et, le 28 octobre 1941, incarcéré. Il comparut devant la Section spéciale de la cour d’appel de Paris le 17 décembre 1941, fut condamné à huit ans de travaux forcés, et transféré à la centrale de Caen.
Le 2 mai 1942 vers 22 heures, un résistant tira sur le sous-officier Bambach à la hauteur du 153 avenue de Clichy à Paris (XVIIe arr.). Blessé, le sous-officier fut emmené à l’hôpital Lariboisière (Xe arr.). Le commandement militaire allemand en France annonça le 11 mai 1942 qu’en représailles à l’attentat cinq otages seraient fusillés. Le 14 mai 1942 à 7 h 15 du matin, un officier allemand assisté d’un interprète annonça à Henri Staath qu’il serait fusillé à 10 heures. Il eut l’autorisation d’écrire à ses proches parents ; un prêtre catholique l’assista dans ses derniers moments.
Henri Staath fut inhumé au cimetière intercommunal de Thiais (Seine, Val-de-Marne) dans le carré no 17 des corps restitués aux familles. Son nom figure sur le mur commémoratif avenue du capitaine-Guynemer à Caen.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147061, notice STAATH Henri par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 juin 2013, dernière modification le 6 janvier 2021.

Par Daniel Grason

Henri Staath
Henri Staath
Musée de la résistance nationale, fichiers de l’Association des familles de fusillés.

SOURCES : Arch. PPo., 77W 103, BA 1752, BA 2057. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (XIIe arr.).

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