NIVAULT Charlotte, Georgette, Rose

Par Josette Ueberschlag

Née le 22 octobre 1889 à Yèvre-la-Ville (Loiret), morte le 23 mai 1944 à Orléans (Loiret) ; institutrice ; militante syndicaliste en Eure-et-Loir, membre du Conseil départemental de l’enseignement primaire ; résistante.

Charlotte Nivault, élève de l’école primaire supérieure à Pithiviers (Loiret), entra en 1906 à l’École normale d’institutrices de Chartres (Eure-et-Loir). Son père instituteur passa vingt ans dans le même poste à Pithiviers-le-Vieil ; sa mère n’avait pas de profession. Elle fit toute sa carrière en Eure-et-Loir. Elle obtint son CAP à Gallardon. Elle fut institutrice successivement à Janville de 1911 à 1912, à Oinville-St-Liphard de 1912 à 1919, enfin directrice à Janville jusqu’à sa retraite en 1941.

Dès 1920, Charlotte Nivault, restée célibataire, adhéra au syndicat des instituteurs, Syndicat national, qui venait juste de se substituer aux Amicales, avec le désir de faire triompher l’idée : « à travail égal, salaire égal ». Ardente féministe, fière et indépendante, elle lutta pour que le droit de vote soit accordé aux femmes. Elle devint membre du conseil syndical d’Eure-et-Loir en 1928, puis fut secrétaire adjointe du syndicat à partir de 1932. Lorsqu’en mars 1939, René Martin démissionna du poste de secrétaire général, elle prit les commandes de la section locale, André Thoby* étant alors secrétaire adjoint.

Membre du Conseil départemental de l’enseignement primaire à partir de 1930, Charlotte Nivault joua vis-à-vis de l’administration un rôle important pour ses collègues faisant la liaison entre les deux tendances « modérée » et « révolutionnaire » qui s’opposaient au sein du syndicat. Elle n’hésita jamais de payer de sa personne pour défendre les droits de ses collègues lorsqu’ils étaient menacés. Elle accepta également d’être pour l’Eure-et-Loir, la représentante des éditions SUDEL (« Société universitaire d’édition et de librairie » créée par le SN).

À la Libération, la section syndicale d’Eure-et-Loir prit le nom de « section Charlotte Nivault » pour honorer son exigence courageuse. Elle symbolisait un syndicat fort, rigoureux et solide, argumentant d’égal à égal avec l’inspecteur d’académie ou ses représentants.

Charlotte Nivault organisa à la fin de l’année 1939 une caisse de solidarité syndicale pour les quarante-six instituteurs d’Eure-et-Loir mobilisés ne recevant ni traitement, ni solde. Elle fut mise à la retraite d’office en application de la loi du 11 octobre 1940 concernant la limite d’âge des institutrices. Pendant l’Occupation, elle revint régulièrement dans la région de Janville où elle avait des amis pour dynamiser les énergies défaillantes et assurer une liaison avec les cellules de résistance. Blessée dans les bombardements d’Orléans survenus dans la nuit du 20 au 21 mai 1944 qui firent plus de 150 victimes et dévastèrent 4 000 hectares entre la gare des Aubrais et le faubourg Bannier où elle résidait, elle succomba à ses blessures deux jours plus tard.

Par décision du 10 octobre 2017 de l’Office national des anciens combattants et victimes de la guerre, la mention "Mort pour la France" fut reportée sur le registre de décès de la mairie d’Orléans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147180, notice NIVAULT Charlotte, Georgette, Rose par Josette Ueberschlag, version mise en ligne le 11 juin 2013, dernière modification le 18 octobre 2017.

Par Josette Ueberschlag

SOURCES : Arch. dép. Eure-et-Loir, dossier 91 W 94. — Notes d’Alain Bancharel, d’Henri Dupin, de Marie-Thérèse Grangé et d’Hughes Villemade.

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