CANIVET Georges, Augustin.

Par José Gotovitch

Écaussinnes-d’Enghien (commune d’Écaussinnes, pr. Hainaut, arr. Soignies), 27 octobre 1899 – Uccle (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 12 octobre 1970. Employé-comptable puis fonctionnaire, libraire, fondateur du Parti communiste de Belgique (PCB), responsable fédéral, résistant, chef de cabinet du ministre, Edgar Lalmand, membre de la direction de la Confédération nationale des prisonniers politiques et ayants droit.

Georges Canivet adhère dès 1919 aux Amis de l’Exploité, la fraction créée au sein du Parti ouvrier belge (POB) par Joseph Jacquemotte. Il est élu secrétaire de la Fédération du Centre en 1920. Il participe comme tel au IIIe Congrès qui décide, en mai 1921, la formation du PCB. Le Congrès constitutif de septembre 1921 le désigne au Comité Central du parti. Il apparaît à la même période (août 1921) comme membre du Comité d’organisation des Secours pour la Russie affamée. Canivet est alors responsable d’une fédération qui compte des sections à Carnières, La Louvière, Chapelle-lez-Herlaimont, Deux-Houdeng, Fayt-lez-Manage (pr. Hainaut).

En août 1926, Georges Canivet épouse à Houdeng-Goegnies (aujourd’hui commune de La Louvière, pr. Hainaut, arr. Soignies) Emma Pierrot, née à Nimy (aujourd’hui commune de Mons, pr. Hainaut, arr. Mons) en 1900, sans profession.

À une date indéterminée, Georges Canivet déménage à Saint-Gilles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale) où il figure en cinquième position sur la liste communiste pour les élections communales de 1938. Il est alors comptable dans une maison d’édition (ABGE). En mars 1939, il s’installe à Ixelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale).

Après la campagne de 1940 que Georges Canivet effectue comme soldat, une première arrestation, le 18 juillet 1940, semble être motivée par les investigations que mène l’occupant allemand sur les éditions qui l’emploient. Relâché de la prison de Saint-Gilles le 20 août, il fait partie de la vague d’arrestations de communistes, déclenchée lors de l’entrée en guerre contre l’URSS, le 22 juin 1941. Il connaît alors le camp de Breendonk (commune de Willebroek, pr. Anvers-Antwerpen, arr. Malines-Mechelen) où les conditions d’incarcération entrainent une dégradation brutale de son état de santé qui motive son élargissement le 20 décembre 1941, moyennant un contrôle hebdomadaire à la SIPO-SD. Il aurait été déclaré intransportable pour le convoi qui quitta Breendonk pour Neuengamme (Hambourg, Allemagne) le 22 septembre. Néanmoins Georges Canivet assume des responsabilités à Solidarité, organisme clandestin d’entraide du Front de l’indépendance. Il sera reconnu résistant par la presse clandestine depuis le 1er juillet 1942 pour l’organe de ce mouvement.

À la Libération, Georges Canivet est temporairement rédacteur en chef de l’hebdomadaire de la Fédération bruxelloise du PCB, Clarté, avant d’exercer un temps comme chef de cabinet du ministre, communiste du Ravitaillement, Edgar Lalmand, à partir de février 1945. Il est ensuite intégré à l’administration du Ravitaillement, mais en est sans doute écarté à la sortie des communistes du gouvernement car on le retrouve libraire à Ixelles en 1948. Curieusement, il figure en queue de liste à Saint-Gilles aux élections communales de 1946.

Georges Canivet déploie une activité continue au sein de la Confédération nationale des prisonniers politiques et ayants droit (CNPPA) dont il est le vice-président en 1948. Il préside également l’Association nationale des rescapés de Breendonk, avec certitude, entre 1949 et 1955. La politique intransigeante imposée par la direction du PCB à ses représentants au sein de cette organisation va entraîner de multiples difficultés : désaveu des positions de conciliation adoptées par ceux-ci en matière de politique internationale, rapports « non autorisés » avec des branches dissidentes.
Si plusieurs vont à résipiscence, Georges Canivet choisit la confrontation avec la direction du PCB. Il est exclu du parti par décision du Bureau Politique le 17 octobre 1953 « pour divergences de vue sur la ligne politique à l’égard de la lutte pour le maintien de l’unité des PP et pour son attitude de faiblesse dans la lutte incompatible avec sa qualité de communiste ». Il n’en demeure pas moins à la présidence de la Fraternelle des amicales des camps jusque 1957 au moins.

Georges Canivet semble ne plus avoir joué de rôle public par la suite sans toutefois quitter le monde des prisonniers politiques. Il quitte Bruxelles pour La Louvière en juin 1970 mais il décède peu de mois après. Son décès est salué par la présidence du Front de l’indépendance, dont le communiste Raymond Dispy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147274, notice CANIVET Georges, Augustin. par José Gotovitch, version mise en ligne le 17 juin 2013, dernière modification le 29 novembre 2022.

Par José Gotovitch

SOURCES : Archives de l’Etat, fonds SPF Sécurité sociale, Direction générale victimes de la guerre, dossiers statuts Prisonnier Politique et Presse clandestine – CArCoB, procès-verbal de la Commission de contrôle politique, 24 septembre 1953 – CEGESOMA, papiers Luc Somerhausen, CNPPA régionale de Bruxelles et AA 756, n° 537 – Commune d’Ixelles, eegistres de l’État civil – Le Drapeau Rouge, 1920-1923 (dépouillement de Milou Rikir).

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