LETAILLEUR Philippe, Jean, François

Par Daniel Grason

Né le 12 juin 1920 à Louviers (Eure), fusillé après condamnation le 20 juin 1944 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; épicier ; résistant.

Fils de Louis, charretier et de Julienne, née Vestin, sans profession, Philippe Letailleur demeurait à Saint-Pierre-des-Champs (Oise). Le 10 janvier 1942, il épousa Julienne Biville en mairie de Saint-Germain (Oise).
Avec Roger Letiec, Noël Seilly, René Gaigne, Robert Goutte, Maurice Tatinclaux, Laurent et Timothée Castanon, Philippe Letailleur participa à plusieurs vols. Un boulanger d’Argenteuil fut délesté de douze mille francs, un autre homme de cent quatre-vingt mille francs ; une attaque à Pierrelaye rapporta huit mille francs.
Le groupe organisa un braquage le jour de la paie des salariés de l’entreprise de téléphonie SAGEM à Argenteuil. En Traction Avant Citroën, ils coincèrent l’automobile apportant les fonds le 21 janvier 1944 vers 10 heures du matin en pleine rue. Sous la menace de mitraillettes, ils se firent remettre la sacoche par le comptable ; le butin était d’un million huit cent mille francs. Le groupe chuta à la suite de ce hold-up. Le journal collaborationniste Le Matin du 22 janvier 1944 titra : « Mitraillettes au poing, des bandits arrêtent une automobile et s’emparent de 1.800.000 francs. »
Les membres de l’équipe prétendirent avoir agi au nom de la Résistance, mais tous travaillaient pour leur compte. Ils possédaient entre autres six automobiles acquises grâce au produit des vols. Arrêté le 14 février 1944 par la police nationale pour « complicité de vol à main armée », il fut livré aux autorités d’occupation et incarcéré à Fresnes. Il fut jugé le 8 juin 1944 par le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « vol et banditisme », Philippe Letailleur fut passé par les armes le 20 juin 1944 au stand de tir du ministère de l’Air, sa mort a été constatée à 15 heures 09 par un médecin militaire allemand.
Inconnu de la police française, une note des Renseignements généraux du 4 mars 1947 indiquait qu’il « n’avait pas été possible de savoir à quelle organisation de résistance il appartenait, pas plus que les circonstances de son arrestation » L’hypothèse était émise que celle-ci « a vraisemblablement été opérée par les services de l’armée d’occupation. »
Philippe Letailleur était affilié à une organisation de la Résistance inconnue. Il fut homologué au titre de la Résistance Intérieure Française (RIF).
Son nom est gravé sur la plaque du ministère de la Défense à Paris XVème

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147374, notice LETAILLEUR Philippe, Jean, François par Daniel Grason, version mise en ligne le 25 novembre 2013, dernière modification le 8 mai 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo.1W 0847, 77W 1351. – DAVCC, Caen, Boîte 5 B VIII dossier 5 (Notes Thomas Pouty). – Bureau Résistance GR 16 P 368147. – Le Matin, 22 janvier 1944. – Mémorial GenWeb. – État civil, Louviers.

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