PAGENAULT Alice, Andrée

Par Jacques Girault

Née le 13 mars 1906 à La Puye (Vienne), morte le 3 août 1994 à Guichen (Ille-et-Vilaine) ; institutrice dans la Vienne ; militante syndicaliste ; militante communiste à Châtellerault, conseillère municipale.

Fille d’un journalier agricole devenu métayer, Alice Pagenault, élève de l’école primaire supérieure de filles de Poitiers de 1919 à 1922, entra à l’École normale d’institutrices de Poitiers en 1922. Alors qu’elle était catholique pratiquante, elle cessa de croire et de pratiquer au cours de sa scolarité de normalienne. Titulaire du brevet supérieur, elle fut nommée à Fleix (1928-1935) où elle fut secrétaire de mairie pendant quatre ans, à Paizay-le-Sec (1935-1938), à Champigny-le-Sec, puis après la guerre à Châtellerault où elle termina sa carrière au début des années 1960 comme directrice d’école maternelle.

En contact avec Alphonse Bouloux, elle adhéra au syndicat de la fédération unitaire de l’enseignement et fut trésorière pendant peu de temps de la section départementale. Puis à partir de 1936, elle adhéra à la section départementale du Syndicat national des instituteurs. Sans pratiquer ses méthodes, elle défendit toujours les luttes pédagogiques de Célestin Freinet.

Gréviste le 12 février 1934 et le 30 novembre 1938, elle fut sanctionnée d’une retenue de huit jours de salaire. Elle participa aux manifestations en faveur du Front populaire. Pacifiste, elle souscrivit aux frais d’entretien des enfants espagnols accueillis dans le département par le Secours ouvrier international.

Alice Pagenault adhéra au Parti communiste en 1935 et s’opposa aux orientations de la direction du SNI lors de la campagne contre la guerre à la veille des accords de Munich. Pendant la guerre, elle participa aux activités clandestines des militants communistes (distribution de matériels, aide aux Francs tireurs, hébergement de clandestins, adhésion au Front national,…). Elle fut membre du Comité départemental de Libération et du comité local de Champigny-le-Sec.

A Champigny-le-Sec, à la Libération, elle forma un groupe de l’Union des femmes françaises et continua son action à Châtellerault. Elle en devint la présidente après le décès de Juliette Appercé en janvier 1950. Élue au conseil municipal de Châtellerault de 1953 à 1959, elle partagea les propositions éducatives des élus communistes et de Paul Jamet, adjoint au maire, responsable de l’éducation (projets de construction de l’école Édouard Herriot sur la rive gauche, construction de l’école Jules Ferry dans la quartier Beauchêne, de modernisation du collège Marcellin Berthelot, lancement de la construction de nouveau bâtiment du lycée de garçons, organisation de salles de repos pour les tout-petits, d’équipements intégrant les nouvelles conceptions éducatives, de structures d’accueil pour les 2-6 ans, création des garderies du soir, modernisation des cantines). Elle fut pendant l’après-guerre une active militante pour la paix (appel de Stockholm, luttes contre les guerres coloniales, campagnes du Mouvement de la Paix).

En 1972, lors de la conférence de la fédération du PCF, elle critiqua la politique du PCF. En octobre 1972, sa lettre de démission publiée dans Unir reprenait ces idées. Elle évoquait notamment la situation en Tchécoslovaquie et reprochait au Parti de n’être « ni démocratique, ni révolutionnaire et d’orienter sa politique en fonction de celle de l’Union soviétique ». Le PCF, écrivait-elle, « rappelle son désaccord avec l’intervention mais continue à entretenir de bons rapports avec l’URSS ». Elle terminait par une invocation, « pour ma part, incapable de m’associer à une campagne pour un Programme réformiste, uniquement électoral, me sentant solidaire de tout ce qui s’accomplit au nom du socialisme, je ne veux pas être complice. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147402, notice PAGENAULT Alice, Andrée par Jacques Girault, version mise en ligne le 22 juin 2013, dernière modification le 22 juin 2013.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Vienne, 1 W 632. — Arch. Mun., Châtellerault. — Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressée en 1977. — Notes de Jeanne Fromonteil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément