PAPEAU Jean, Frédéric

Par Jacques Girault

Né le 20 mai 1912 à Saint-Georges d’Oléron (Charente-Maritime), mort le 27 avril 2003 à Vaux-sur-mer (Charente-Maritime) ; instituteur ; militant syndicaliste ; militant communiste, conseiller municipal de Royan (Charente-Maritime), conseiller général.

Fils d’un chaudronnier, Jean Papeau devint instituteur à La Pallice en 1932 avant d’enseigner au cours complémentaire de Saintes et fut membre du Syndicat national des instituteurs. Il adhéra au Parti communiste en 1935 et au cœur du mouvement antifasciste occupa un rôle important, membre du Secours rouge international et du comité de Front populaire. Selon le rapport sur la conférence régionale de Charente Inférieure du 21 novembre 1937, Papeau et son épouse se déclarèrent en désaccord avec la politique de la « main tendue » aux chrétiens. En 1938, secrétaire de la section communiste de Saintes, il fut désigné pour siéger au comité régional.

Mobilisé en septembre 1939, démobilisé en juin 1940 à Toulouse (Haute-Garonne), il refusa de désavouer le Parti communiste. Recherché à la suite d’un mandat d’arrêt, il entra dans la clandestinité à la fin de 1940, d’abord à Saintes où il dirigea la reconstitution clandestine de l’organisation communiste, puis, selon certaines sources, en Seine-Maritime enfin à Bordeaux où il commença à former des groupes qui furent, par la suite, les premiers adhérents du Front national. Dénoncé, il se rendit à Paris et, à la demande de Pierre Villon, devint responsable de l’organisation provinciale du Front national en zone occupée et participa à plusieurs actions armées. Au cours de l’une d’entre elle, il fut arrêté à Couilly (Seine-et-Marne). Torturé par la police allemande, condamné à mort, après un temps au fort de Romainville, il fut déporté à Buchenwald, le 24 janvier 1944. Cachant sa profession, se déclarant ouvrier, il bénéficia de la solidarité d’ouvriers allemands déportés et devint un des responsables de la Brigade française d’action libératrice.

Rentré en France en mai 1945, Jean Papeau dut se reposer pendant six mois, puis devint rédacteur en chef du quotidien communiste La Voix des Charentes. Il fut ensuite envoyé en Algérie comme rédacteur en chef de Liberté, journal du Parti communiste algérien, puis il fut le rédacteur en chef d’Alger républicain jusqu’en 1949, remplacé par Boualem Khalfa. Il revint en 1950 en Charente-Maritime.

Jean Papeau reprit son métier d’instituteur à Royan puis devint directeur d’une école. Il milita au SNI et fut membre du conseil syndical et du bureau de la section départementale du SNI de la fin des années 1950 à la fin des années 1960. Il fut élu pendant cette période à la Commission administrative paritaire départementale.

Jean Papeau devint très vite membre du comité puis du secrétariat de la section communiste de Royan. Il entra au comité de la fédération du Parti communiste français en 1954. Membre du bureau fédéral à partir de 1956, il y resta jusqu’en 1978, redevenant alors seulement membre du comité fédéral. Chargé du travail parmi les instituteurs à partir de 1962, retraité en 1970, il devint responsable de l’action en direction des commerçants et des artisans, puis à partir de 1971, de l‘association départementale des élus communistes et républicains. Par la suite, il consacra son activité à la lutte pour la Paix avec le mouvement de la Paix.

Jean Papeau fut candidat à de nombreuses élections. Aux élections législatives, dans la cinquième circonscription de Royan, il représenta le PCF en 1958 (5 391 voix puis au deuxième tour, 4 348 voix sur 62 687 inscrits), en 1962 (5 146 puis 11 138 voix sur 64 794 inscrits), en 1967 (8 824 voix sur 65 658 inscrits, désistement pour le candidat soutenu par la FGDS), en 1968 (7 368 voix sur 65 962 inscrits, élection du candidat de droite au premier tour). Candidat lors de l’élection législative partielle de 1971, il le fut à nouveau en 1973 (11 076 puis 21 789 voix sur 70 335 inscrits), en 1978 (13 594, 28 095 voix sur 80 443 inscrits).

Aux élections cantonales, Jean Papeau fut aussi régulièrement candidat en 1960 (élection partielle), en 1961, en 1967 (1 968 voix au premier tour, 3eme position, retrait pour le candidat radical-socialiste, sortant, qui fut réélu). Au décès de ce dernier en 1969, Jean Papeau l’emporta dans le canton Royan-Est. Réélu en septembre 1973 et en 1979 au deuxième tour (3 115 voix), vice-président de l’assemblée départementale à partir de 1982, chargé des affaires scolaires et culturelles, il ne se représenta pas en 1985.

Jean Papeau fut élu au conseil municipal de Royan en 1953. Il prit une part active à la reconstruction de la ville. Il ne fut pas réélu en 1959 et en 1965. Lors de l’élection municipale de 1971, il conduisait la « liste d’union pour une gestion sociale, démocratique » qui fut battue. Puis en 1977, il fut un des élus minoritaires au conseil municipal appuyant avec force la défense de l’hôpital avec le député-maire gaulliste Jean de Lipkowski marquée par la rencontre commune avec la ministre de la Santé, Simone Weil.

Après son décès, son nom fut donné à l’école Marie Geoffroy qu’il avait dirigée à Royan. Lors de l’inauguration, la municipalité organisa aussi un hommage à l’ancien maire

Jean Papeau se maria en mai 1936 à Saintes (Charente-Maritime) avec Pierrette, Léontine Marchesseau, née le 15 novembre 1909 à Bizerte (Tunisie), sans profession, membre du Parti communiste depuis 1930, qui fut aussi membre du bureau fédéral à la fin des années 1950. Veuf, il se remaria en octobre 1969 à Saint-Cézaire (Charente-Maritime) avec Edith Marteau, professeur d’enseignement ménager dans les Deux-Sèvres et responsable locale communiste. Jean Papeau eut des enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147447, notice PAPEAU Jean, Frédéric par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 juin 2013, dernière modification le 12 juillet 2013.

Par Jacques Girault

SOURCES : RGASPI, 517 1 1863, 1908. — Archives du comité national du PCF. – Divers sites Internet. – Note de René Gallissot.

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