PRIEUR Raymond

Par Éric Belouet, Michel Dreyfus

Né le 10 octobre 1913 à Châlons-sur-Marne (Marne), mort le 18 juin 1989 à Aveney-Val-d’Or (Marne) ; comptable EDF ; syndicaliste CFTC puis CFDT, secrétaire (1949-1950), trésorier (1950-1960) puis président (1960-1967) de la Fédération Gaz-Électricité CFTC puis CFDT, membre du conseil national de la CFTC puis de la CFDT, vice-président de la CMCAS de Reims (Marne), administrateur de la CCAS ; administrateur GDF (1948-1974).

Issu d’une vieille famille de souche châlonnaise, Raymond Prieur perdit son père, garçon boucher, alors qu’il était encore très jeune. De religion catholique, il passa son certificat d’études primaires tout en développant une activité intense au patronage où il pratiqua la gymnastique et la musique.

Le 20 mars 1933, il entra à l’usine à gaz de Mourmelon-le-Grand (Marne) de la SUNE en qualité de comptable. En 1937, il fut muté à la centrale de Châlons-sur-Marne comme comptable principal et ce fut dans ce poste que la guerre le surprit. En juin 1940, son exploitation fut réquisitionnée par les autorités municipales : il put revenir pour remettre en marche la production de gaz, en l’absence de tout encadrement. Il fut arrêté par la Gestapo en 1943, interné à la prison de Châlons d’où il fut libéré à la fin de cette même année. Il s’était marié à Châlons-sur-Marne le 23 septembre 1933 avec Suzanne Demain et de cette union naquirent cinq enfants.

Après la nationalisation des industries électrique et gazière, Raymond Prieur travailla à nouveau à Châlons-sur-Marne jusqu’en 1947 puis à Épernay et à Reims (Marne) : en 1950, il était comptable principal et en 1954, agent technique du gaz. Son origine chrétienne, son souci des autres le conduisirent à adhérer en 1945 à la CFTC. Au lendemain de la nationalisation, il fut le fondateur du syndicat CFTC à Châlons-sur-Marne et devint responsable de la File de Reims ainsi que trésorier tout en étant membre des organismes statutaires locaux d’EDF pour cette même région. Le 14 janvier 1947, il fut candidat aux premières élections au conseil d’administration du Conseil central des œuvres sociales (CCOS) mais ne fut pas élu. Assez vite, il accéda à des responsabilités nationales : dès 1948, il représenta la CFTC — et ultérieurement la CFDT — au Conseil d’administration de Gaz de France et ceci jusqu’en 1974. Présenté par le syndicat CFTC d’Epernay, il devint en décembre 1948 membre du secrétariat de la Fédération CFTC Gaz-Électricité où il remplaça André Hélie. Lors de son Xe congrès (octobre 1951), il devint trésorier fédéral et fut réélu à cette fonction jusqu’au XVIIIe congrès (Paris, avril 1960). Il fut alors élu président fédéral et conserva cette responsabilité jusqu’au XXIe congrès (Issy-les-Moulineaux, novembre 1967). Il n’exerça plus de mandat fédéral à partir du congrès suivant tenu en avril 1970.

En 1964, il avait été de ceux qui avaient créé la CFDT. Depuis la fin des années cinquante, il avait appartenu au conseil national de la CFTC, puis de la CFDT et appartint à cette instance jusqu’en 1970. Ces responsabilités ne l’empêchèrent pas de poursuivre son activité syndicale locale. Pour lui, action syndicale et sociale étaient liées : il fut administrateur de la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS) — il l’était en 1963 — et vice-président de la Caisse mutuelle complémentaire d’action sociale (CMCAS) de Reims.

Mis en inactivité en 1974, il poursuivit son activité militante au sein du Comité des déportés de Châlons, comme administrateur de l’Office public des HLM de Châlons et comme membre du conseil d’administration de la Caisse d’épargne de cette même ville. Il avait été décoré de la Croix de Chevalier dans l’Ordre national du Mérite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147456, notice PRIEUR Raymond par Éric Belouet, Michel Dreyfus, version mise en ligne le 24 juin 2013, dernière modification le 29 avril 2022.

Par Éric Belouet, Michel Dreyfus

SOURCES : Arch. de la FGE-CFDT (Congrès fédéraux, boîtes 1 J 1-7) — Syndicalisme, suppl. « gaz et Électricité », n° spécial, Noël 1946. — Gaz-Électricité, n° 36 (septembre-octobre 1951), 55 (octobre 1954), 66 (novembre 1955), 72 (novembre 1956), 81 (novembre 1957), 98 (mai 1960), 122 (novembre 1962), 144 (novembre 1964), 172 (décembre 1967) et 191 (mai 1970). — Renseignements fournis par Louisette Battais, Pierre Rogge et Michèle Rault.

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