PAQUEREAU Aimé

Par Alain Dalançon

Né le 30 mars 1923 à Availles-Thouarsais (Deux-Sèvres), mort le 4 janvier 2010 à Niort (Deux-Sèvres) ; professeur puis chef de service au rectorat de Poitiers (Vienne) ; militant du SNET et de la FEN dans les Deux-Sèvres ; maire d’Availles-Thouarsais.

carte d’identité de l’ENSET
carte d’identité de l’ENSET

Fils d’agriculteurs, Aimé Paquereau fut un très bon élève à l’école de son village et fut reçu premier du canton d’Airvault (Deux-Sèvres) au certificat d’études primaires en 1935. Sur l’insistance de son instituteur, Roger Billon, il poursuivit ses études, de 1935 à 1940, à l’école primaire supérieure de garçons du Château de Thouars, où il eut pour condisciple René Monory, futur ministre des Finances, ministre de l’Éducation nationale puis président du Sénat, avec lequel il conserva toujours des relations de camaraderie.

Il prépara le concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs des Deux-Sèvres où il fut reçu premier en 1940. Les ENI ayant été supprimées, il devint alors élève-maître au collège de Saint-Maixent dans une promotion de 16 élèves, dont la devise était « Viens donc, viens, il est temps, tardive Liberté » (Lamartine). Devise qui illustrait l’esprit frondeur de ces jeunes gens dont six d’entre eux s’engagèrent dans la Résistance à partir de 1943, ce qui ne fut pas le cas d’Aimé Paquereau. Pourtant chaque année, il vint par la suite, avec ses anciens camarades de promotion, se recueillir sur les tombes des trois normaliens, Rémy Boux, Paul Drevin et Paul Veillon qui avaient payé de leur vie leur engagement en août 1944.

Bachelier (mathématiques) en 1943, il effectua une 4e année d’études au lycée de garçons Henri IV de Poitiers pour préparer les concours d’entrée à l’ENS de Saint-Cloud et à l’École normale supérieure de l’enseignement technique. Reçu aux deux concours en 1944, il choisit l’ENSET. Mais il fut mobilisé auparavant à Saint-Maixent, du 19 février au 1er octobre 1945, date à laquelle il rejoignit l’ENSET dans la section A1 (sciences), où il eut pour condisciple de nombreux futurs militants syndicalistes dont Etienne Camy-Peyret. Il en sortit en 1947 comme professeur de mathématiques.

Il épousa alors, le 9 août 1947, à Availles-Thouarsais, Micheline Bigot, originaire comme lui de ce village et eut avec elle trois enfants : Françoise (1949), Jean-François (1951) et Christine (1957).

Après une première année d’enseignement au collège technique de Pons (Charente-Maritime), il fut nommé au collège technique de Niort, devenu lycée Paul Guérin, où il allait rester jusqu’en 1965. Au cours de cette période, il milita au Syndicat national de l’enseignement technique dont il était adhérent depuis l’ENSET, dans la tendance “autonome”. Il fut co-secrétaire de la commission corporative du Syndicat de l’enseignement laïc (section FEN) de Charente-Maritime en 1948-1949 ; puis secrétaire de la section locale (S1) du SNET à Niort, et responsable départemental de son syndicat et même secrétaire départemental de la Fédération de l’Éducation nationale des Deux-Sèvres, au début des années 1960. Il contribua à la création d’une association de la Fédération des conseils de parents d’élèves au lycée de jeunes filles de Niort.

En 1965, afin de faciliter la poursuite d’études universitaires de ses enfants, il obtint sa mutation au lycée technique industriel de Poitiers puis, en 1967, au lycée technique commercial de « la Cathédrale » dans la même ville, dirigé par un ancien camarade de l’ENSET, Robert Roquejoffre. Au moment de la fusion entre le SNET et le Syndicat national de l’enseignement secondaire, il fut alors, dans le nouveau Syndicat national des enseignements de second degré, un opposant à la nouvelle majorité « Unité et Action » qui était bien implantée dans l’académie dans l’ancien SNES ; mais il ne persista pas dans le militantisme au plan académique dans la tendance « Unité, indépendance et démocratie ».

En 1972, nommé principal, sollicité par Pierre Chauveau, secrétaire général adjoint puis secrétaire général d’académie, il devint chef de la division « organisation des établissements » au rectorat de Poitiers. Doué d’une prodigieuse mémoire et d’une grande capacité à jongler avec les statistiques et les chiffres, il réorganisa la division en mettant en place trois bureaux : « statistiques » (pour l’évaluation des prévisions), « structures » (mise en place de la carte scolaire), « gestion des moyens » (répartition des postes et des crédits entre les établissements). Un poste clé en pleine période d’explosion des effectifs dans le second degré et de la création de nombreux nouveaux établissements, accompagnée de la partition des premier et second cycles. Il prit de plus en plus d’importance dans la gestion des établissements de second degré, avant la mise en place de la décentralisation, et fut l’inventeur de la formule H/E (répartition des heures d’enseignement, et non plus des postes, en fonction des effectifs d’élèves), afin d’établir une stricte justice entre les différents établissements. Cette expérience fit école et fut ensuite appliquée au plan national. Aimé Paquereau, tout en étant très ouvert, ne se fit pas que des amis auprès de ses collègues chefs d’établissement, en remettant en cause des situations acquises, notamment dans les plus gros établissements anciens. Tout en restant très attaché à la FEN, ses relations avec la section académique du SNES à majorité « Unite et Action », dirigée par Joseph Grivel et Jacques Maneuf puis à partir de 1976 par Alain Dalançon, furent parfois conflictuelles.

Aimé Paquereau prit sa retraite en 1983 au grade de proviseur. Il revint alors s’installer dans son village natal. Sympathisant du parti socialiste, il en fut maire de 1983 à 1989, après en avoir été conseiller municipal à partir de 1979, et redevint simple conseiller municipal de 1989 à 1995. Il fut également vice-président du Syndicat intercommunal d’adduction d’eau du pays thouarsais, administrateur de la Caisse d’épargne de Parthenay et président de l’antenne départementale de la prévention de la MAIF entre 1985 et 1988. Fidèle à ses origines et aux idéaux de sa jeunesse, il était un animateur de l’association des anciens élèves de l’ENI des Deux-Sèvres et de la section départementale de l’Association de l’ordre des palmes académiques, dont il était commandeur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147458, notice PAQUEREAU Aimé par Alain Dalançon, version mise en ligne le 24 juin 2013, dernière modification le 1er février 2019.

Par Alain Dalançon

carte d'identité de l'ENSET
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SOURCES : Arch. IRHSES (Fonds SNET, Bulletin du syndicat de l’enseignement laïque de Charente-Maritime) . — Article d’hommage dans le Bulletin de l’AMOPA (section des Deux-Sèvres) 2010-2011. — Renseignements fournis par son épouse et ses enfants. — Témoignages de militants du SNES et de la FEN de la Vienne.

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