PARDÉ Marcelle, Berthe

Par Jacques Girault

Née le 14 février 1891 à Bourgoin (aujourd’hui Bourgoin-Jallieu) (Isère), morte le 20 janvier 1945 à Ravensbrück (Allemagne) ; directrice de lycée ; résistante, déportée.

Marcelle Pardé
Marcelle Pardé
En 1937.
Photo fournie pas son petit neveu.

Marcelle Pardé était la fille aînée de Léon, Gabriel Pardé, garde général des forêts, et de Jeanne Leboeuf, sans profession, héritière du domaine de Chaumont-le-Bois (Haute-Marne), qui résidaient lors de sa naissance dans le centre de Bourgoin. Son père, muté en Haute-Marne, mobilisé à Versailles (Seine-et-Oise) pendant la guerre était chargé de l’approvisionnement en traverses de bois pour les chemins de fer, les abris et les tranchées. Par la suite, il dirigea de 1919 à 1933 l’école forestière des Barres à Nogent-sur-Verlusson (Loiret).

Marcelle Pardé, élève aux lycées de Beauvais (Oise) puis de Versailles (Seine-et-Oise), intégra l’École normale supérieure de Sèvres (section des lettres) en 1911. Titulaire du certificat d’aptitude à l’enseignement des lettres en 1913, après avoir connu des échecs et une admissibilité en 1915, elle fut reçue à l’agrégation féminine des lettres en 1917. Elle participa à l’organisation d’un hôpital dans l’ à la fin de 1914 où elle travailla comme infirmière bénévole. Elle enseigna bénévolement comme professeur au lycée de Chaumont (Haute-Marne).

En 1919, détachée au collège de Bryn Mawr (USA, Pennsylvanie), elle y enseigna pendant dix ans tout en représentant l’Office national des universités françaises près des boursiers français aux USA. Réintégrée en France, elle fut nommée professeur à Nancy (Meurthe-et-Moselle) en 1929. En 1931, bénéficiant d’une bourse Albert Kahn, « Autour du monde », elle voyagea de l’Espagne à la Perse. Elle était la sœur de Maurice Pardé, futur professeur de géographie physique à la faculté de Grenoble (Isère) à partir de 1935.

En mars 1932, elle devint directrice du lycée de jeunes filles de Bourg-en-Bresse puis en 1935, obtint la direction du lycée de jeunes filles de Dijon (Côte-d’Or). En 1940, elle fut chargée d’une mission d’enseignement et de propagande française en Turquie pour, notamment étudier la question d’une création d’un lycée français pour jeunes filles.

Son lycée étant occupé par les troupes allemandes, la scolarité secondaire des filles se déroulait au lycée de garçons. Cette situation contribua à la détérioration de son état de santé. L’inspecteur d’Académie la décrivait « épuisée ». Engagée dans la Résistance depuis 1941, avec sa secrétaire Simone Plessis, Marcelle Pardé rejoignit en juillet 1942 le réseau Brutus. Elle obtint au dernier trimestre 1942 à la suite d’un accident, un congé de maladie prolongé, à partir de 1943, par un congé sans solde. Chargée de transmettre des renseignements sur les chemins de fer, elle effectua plusieurs missions en France, dont une à Toulouse en juillet 1943 pour établir une liaison avec un autre réseau. Au début de 1944, l’arrestation des dirigeants du réseau Brutus à Paris permit l’identification de plusieurs résistants provinciaux. Marcelle Pardé et Simone Plessis furent arrêtées le 3 août 1944. Emprisonnée à Fresnes, elle fut déportée le 15 août 1944 à Ravensbrück, où malade, elle décéda le 20 janvier 1945. Elle fut homologuée comme lieutenant des Forces françaises combattantes. Simone Plessis mourut également à Ravensbrück, dans la nuit du 29 au 30 mars 1945.

Son nom fut donné aux deux établissements qu’elle avait dirigés, le lycée de Bourg, devenu lycée professionnel, et celui de Dijon, devenu collège puis lycée, puis redevenu collège.
Une plaquette de l’Association des anciennes élèves du lycée de jeunes filles de Dijon, In memoriam 1939-1945, fut éditée en 1949, dédiée à sa mémoire et à celle de Simone Plessis. Des plaques rappelaient son activité, sous l’arche d’entrée du collège de Dijon et au 3 rue Georges Clemenceau où elle elle habitait lors de son arrestation.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147473, notice PARDÉ Marcelle, Berthe par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 juin 2013, dernière modification le 4 janvier 2022.

Par Jacques Girault

Marcelle Pardé
Marcelle Pardé
En 1937.
Photo fournie pas son petit neveu.

SOURCES : Arch. Nat., F17/17776 (Papiers Gustave Monod), 26281. — SHD Vincennes, GR 16 457527. — Arch. Dép. Isère, état civil de Bourgoin. — Témoignage de son petit-neveu, Denis Couillard. — Notes d’Alain Dalançon.

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