PARDÉ Marcelle, Berthe

Par Jacques Girault

Née le 14 février 1891 à Bourgoin-Jallieu (Isère), morte le 15 août 1944 à Ravensbrück (Allemagne) ; directrice de lycée ; Résistante, déportée.

Fille d’un garde général des forêts en Haute-Marne puis travaillant à l’école forestière des Barres à Nogent-sur-Verlusson (Loiret), Marcelle Pardé, élève aux lycées de Beauvais (Oise) puis de Versailles (Seine-et-Oise), entra à l’École normale supérieure de Sèvres (section des Lettres) en 1911 et participa à l’organisation d’un hôpital dans l’école à la fin de 1914. Titulaire du certificat d’aptitude à l’enseignement des lettres en 1913, après avoir connu des échecs, une admissibilité en 1915, elle fut reçue à l’agrégation de Lettres en 1917. Elle enseigna bénévolement comme professeur au lycée de Chaumont (Haute-Marne) et parallèlement servit comme infirmière. En 1919, détachée au collège de Bryn Mawr (USA, Pennsylvanie), elle y enseigna pendant dix ans tout en représentant l’Office national des universités françaises près des boursiers français aux USA. Elle réintégra la France et fut nommée professeur à Nancy (Meurthe-et-Moselle) en 1929. En 1930, bénéficiant d’une bourse Albert Kahn, « Autour du monde », elle voyagea de l’Espagne à la Perse. Elle était la sœur de Maurice Pardé, futur professeur de géographie à la faculté de Grenoble.

En mars 1932, elle devint directrice du lycée de jeunes filles de Bourg-en-Bresse puis en 1935, obtint la direction du lycée de jeunes filles de Dijon (Côte-d’Or). En 1940, elle fut chargée d’une mission d’enseignement et de propagande française en Turquie pour, notamment étudier la question d’une création d’un lycée français pour jeunes filles.

Son lycée étant occupé par les troupes allemandes, la scolarité secondaire des filles se déroulait au lycée de garçons. Cette situation contribua à la détérioration de son état de santé. L’inspecteur d’Académie la décrivait « épuisée ». Or, avec sa secrétaire Simone Plessis, Marcelle Pardé rejoignit en juillet 1942 le réseau Brutus. Elle obtint au dernier trimestre 1942 à la suite d’un accident, un congé de maladie prolongé, à partir de 1943, par un congé sans solde. Chargée de transmettre des renseignements sur les chemins de fer, elle effectua plusieurs missions en France, dont une à Toulouse en juillet 1943. Au début de 1944, l’arrestation des dirigeants du réseau Brutus à Paris permit l’identification de plusieurs résistants provinciaux. Marcelle Pardé et Simone Plessis furent arrêtées le 3 août 1944. Emprisonnée à Fresnes, elle fut déportée le 15 août 1944 à Ravensbrück, où malade, elle décéda. Elle fut homologuée comme lieutenant des Forces françaises combattantes.

Son nom fut donné aux deux établissements qu’elle avait dirigés, le lycée de Bourg étant devenu lycée professionnel et celui de Dijon étant devenu collège puis lycée.

Une plaquette de l’Association des anciennes élèves du lycée de jeunes filles de Dijon, In memoriam 1939-1945, fut éditée en 1949, dédiée à sa mémoire et à celle de Simone Plessis.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147473, notice PARDÉ Marcelle, Berthe par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 juin 2013, dernière modification le 24 juin 2013.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/17776 (Papiers Gustave Monod), 26281.

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