PARROTIN Marc

Par Jacques Girault

Né le 22 janvier 1924 à Saint-Agnant-de-Versillat (Creuse) ; mort à Auzances le 12 septembre 2016 ; instituteur puis PEGC ; résistant FTPF ; militant syndical ; militant communiste en Creuse, adjoint au maire d’Auzances (1965-2001).

Son père, forgeron, socialiste, mutilé de guerre, décéda des suites de ses blessures en 1936. Son grand-père, sabotier, cultivateur et maçon, conseiller municipal, socialiste depuis 1904, l’initia en politique. Marc Parrotin reçut les premiers sacrements catholiques. Pupille de la Nation en 1937, il fréquenta l’école primaire supérieure de La Souterraine (Creuse), puis entra à l’École normale d’instituteurs de Guéret (Creuse) en 1942 et effectua, en raison de la suppression des écoles normales, sa scolarité au lycée de la ville. Il accomplit une quatrième année de formation en 1946 à l’École normale de Moulins (Allier).

Marc Parrotin, en 1942, créa le groupe « René Laforge » affilié, à partir de 1943, aux Francs tireurs et partisans français. Intendant du groupe FTPF d’Estienne d’Orves (maquis de La Souterraine), il devint en janvier-février 1944 commissaire aux opérations de la première compagnie FTP de la Creuse. Le 21 février 1944, lors d’une action, il fut gravement blessé. Le 20 mai 1944, arrêté par la milice à Guéret, il fut interné à Limoges, torturé, et libéré de la prison, le 21 août 1944 par Guingouin. Commissaire aux effectifs du 15e bataillon FTP, après avoir suivi les cours de l’école de cadres FFI (octobre-novembre), il devint officier et termina la guerre comme officier FFI sur le front de La Rochelle (mars-mai 1945). Il fut démobilisé en août 1945 à son retour d’Algérie.

Après la paix, Marc Parrotin exerça son métier d’instituteur dans diverses communes du département (Jouillat 1946, Saint-Merd-la-Breuille (1947-1948), Compas (1948-1957), Auzances (1957-1963)). Devenu professeur d’enseignement général de collège, il enseigna le français et l’histoire au CEG puis collège d’Auzances, de 1963 à sa retraite en 1979. Il milita dans le Syndicat national des instituteurs et fut secrétaire de l’Union locale CGT qu’il avait formée à Auzances. Il milita dans les actions de la Fédération des œuvres laïques (Société sportive de Compas, amicale de parents d’élèves, activités théâtrales, organisation de voyages).

Marc Parrotin se maria religieusement en août 1946 à Arfeuille-Chatain (Creuse) avec Andrée Chagot, institutrice. Leurs deux enfants reçurent les premiers sacrements catholiques.

Membre des Jeunesses communistes (1943) puis du Parti communiste français (1944), Marc Parrotin fut secrétaire de la cellule de Saint-Merd, animateur de la section communiste du canton de La Courtine (1947-1948), secrétaire de la cellule de Compas, puis secrétaire de la section d’Auzances (1957-1980). Il fut élu membre du comité de la fédération communiste au début des années 1950. Avant la conférence fédérale de 1956, Georges Gosnat qui suivait les communistes de la Creuse estimait que Parrotin « doutait de la justesse de notre politique » et se demandait s’il devait rester au comité fédéral. A partir de 1962, il cessa de participer aux réunions du comité fédéral et la direction fédérale le présentait comme un défenseur des thèses chinoises, indiquant qu’il avait conservé ses habitudes de la Résistance. Il n’intervint pas lors de la discussion sur la question des communistes chinois dans la conférence fédérale de 1966 qui refusa de le réélire au comité fédéral. Il fut même soupçonné, l’année suivante, d’animer un « groupuscule pro-chinois » à Auzances, ce qui était faux selon son témoignage. Saisis par la fédération communiste d’une demande d’exclusion, les communistes de la cellule d’Auzances refusèrent. « Très affecté par l’affaire Guingouin qui avait été mon libérateur », à diverses reprises il émit des critiques visant la politique du PCF et cessa d’adhérer en 1988.

Marc Parrotin, était depuis le début des années 1960, président départemental de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance, dont il démissionna en novembre 2014, et fut membre de son conseil national. Président du comité du Mémorial de la Résistance, il fit ériger un monument à Guéret. Vice-président départemental de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et politiques, membre du conseil départemental de l’Office national des anciens combattants, il était, en 2006, le co-président du prix départemental de la Résistance et de la Déportation.

Marc Parrotin, élu conseiller municipal de Compas en 1953, avait été le candidat du PCF au Conseil général dans le canton d’Auzances en 1961. Il fut élu conseiller municipal et adjoint au maire socialiste d’Auzances de 1965 à 2001. Il ne se représenta pas en fin de mandat. Il avait notamment créé à Auzances l’Union nationale des retraités et personnes âgées.

Marc Parrotin, membre de la société d’archéologie de la Creuse, président du club archéologique d’Auzances, écrivit de nombreux ouvrages et articles sur la Résistance et la localité d’Auzances.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147489, notice PARROTIN Marc par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 juin 2013, dernière modification le 12 avril 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Le temps des maquis, Aubusson (à compte d’auteur, puis repris par Verso, Ahun), 1981-1984. — La Résistance en Creuse, Ahun, Verso, 1995. — Les femmes dans la Résistance, Ahun, Verso, 1997. — Les immigrés dans la Résistance, Ahun, Verso, 1998. — Le Mémorial de la Résistance creusoise, Ahun, Verso, 2000. — Auzances-en-Combrailles.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé et par Pierre Charret. — Notes Michel Thébault.

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