PATTE Étienne, Amédée, Sylvain

Par Jacques Girault

Né le 31 août 1891 à Pontoise (Seine-et-Oise/Oise), mort le 29 août 1987 à Poitiers (Vienne) ; professeur d’Université ; résistant ; conseiller municipal de Poitiers (Vienne).

Fils d’un notaire, Étienne Patte naquit dans une famille catholique et conserva une pratique religieuse régulière. Passionné de préhistoire, il présenta devant la société préhistorique de France en mars 1910 un mémoire sur le polissoir d’Ormay-Villers. Il entra à l’École polytechnique en 1912 et fut mobilisé dans l’artillerie. Blessé aux combats, envoyé dans les Balkans, il fut démobilisé avec le grade de capitaine.

Étienne Patte se maria en octobre 1918 à Paris (XIVe arr.). Le couple eut neuf enfants.

Étienne Patte obtint une licence de sciences naturelles à la Sorbonne en 1919 et s’orienta vers la géologie et la paléontologie dans les Balkans. Capitaine d’artillerie coloniale, il fut, en 1921, détaché au service géologique de l’Indochine. Il soutint une thèse de doctorat ès-sciences naturelles, en 1927 à la Sorbonne sous le titre « Études géologique dans l’Est du Tonkin ». Chargé de conférences de géographie physique à la faculté des lettres de Lille, il donna aussi un cours de préhistoire. Chargé d’enseignement sur la chaire de géologie et de minéralogie à la faculté des sciences de Poitiers en 1928, il fut élu comme professeur sur cette chaire en 1930 où il enseigna jusqu’à sa retraite en 1964.

Engagé dans les luttes antifascistes, sympathisant de la Ligue de la Jeune République, mouvement fondé par Marc Sangnier, Patte prit part au mouvement sous le Front populaire. Il publia une brochure dans les Cahiers de la Démocratie, en novembre 1938, sous le titre « Le problème de la race. Le cas de l’Europe passé-présent ».

Assesseur du doyen en novembre 1941, Patte fut suspendu en 1944. En effet, Étienne Patte dirigeait un réseau de résistance. Il fut dénoncé par un interné à la prison de la Pierre levée. Alors qu’il était à la messe, la police allemande perquisitionna son domicile puis son bureau à la faculté, le 15 novembre 1943. On y découvrit un tract titré « L’exemple corse ». Il ne rentra pas chez lui et entra dans la clandestinité. Il ne reprit pas son service. Le préfet le suspendit en avril 1944. A la Libération, il retrouva ses fonctions professorales. En 1949, il fut nommé doyen et il démissionna de cette fonction en octobre 1960.

Patte, sympathisant de la démocratie chrétienne, affichait des opinions laïques. Il fut candidat en deuxième position sur la liste de l‘UDSR aux élections ses deux Assemblées nationales constituantes en 1945-1946. Conseiller municipal, élu le 3 mai 1953 jusqu’en 1959, il était sympathisant de l’Union progressiste.

En 1953, Étienne Patte s’absenta pendant deux mois au moment du baccalauréat pour se rendre sans autorisation à Pékin, avec mandat de l’Union progressiste pour la représenter à la commémoration de la république. Après qu’il eut refusé de démissionner du décanat, il fut blâmé par le ministre de l’Éducation nationale André Marie en décembre 1953 alors que le Conseil de la Faculté avait refusé de le sanctionner un mois plus tôt.

Étienne Patte était aussi le directeur de la quatrième circonscription préhistorique du Sud-Ouest. Dans de nombreux congrès de géologie et de préhistoire, il présenta de nombreuses études sur les Balkans, sur l’Indochine, sur ses recherches en France. Il écrivit un ouvrage sur l’homme de Néanderthal démontrant qu’il appartenait à l’espèce de l’Homo sapiens.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147512, notice PATTE Étienne, Amédée, Sylvain par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 juin 2013, dernière modification le 16 juillet 2013.

Par Jacques Girault

ŒUVRES : Le fichier de la BNF comprend 31 références dont : Les Néanderthaliens. Anatomie. Physiologie. Comparaisons, Paris,Masson, 1955. — Les hommes préhistoriques et la religion, Paris, Picard, 1960.

SOURCES : Arch. Nat., F17 28355. — Arch. mun. Poitiers (Sabrine Ghys). — Divers sites Internet, dont www.persee.fr/web/revues/.../racf_0220-6617_1988_num_27_2_2571‎.

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