PÉLISSIER Maurice

Par Jacques Girault

Né le 16 septembre 1916 à Gourdon (Lot), mort le 2 juin 2011 ; instituteur dans le Lot ; militant communiste, adjoint au maire de Gourdon, maire de Martel, conseiller général.

Fils d’un chiffonnier communiste, Maurice Pélissier entra l’École normale d’instituteurs de Cahors (Lot). Titulaire du brevet supérieur, il devint instituteur dans le Lot puis au milieu des années 1930, à Gourdon. Il effectua son service militaire dans l’infanterie comme soldat de première classe. Il adhéra au Syndicat national des instituteurs à la rentrée d’octobre 1935 et milita pendant toute sa vie dans l’amicale laïque, membre de son bureau dans les années 1950.

Maurice Pélissier adhéra au Parti communiste en octobre 1935 et, secrétaire de la section de Gourdon, devint membre du comité régional du Lot. Son domicile fut perquisitionné en décembre 1939.

Il se maria avec une enseignante. Le couple eut deux filles et un garçon.

Mobilisé, fait prisonnier le 21 juin 1940 à Cussey (Meurthe-et-Moselle), il resta au captivité en Allemagne au stalag III C. Il s’opposa aux comités créés par le gouvernement de Vichy. Libéré par les troupes soviétiques le 29 janvier 1945, il participa à la création de la section communiste dans le camp de rapatriement de Wrejsnia (Pologne) avec Voltaire Quinet*, ancien secrétaire de la région communiste Paris Ouest et Paul Meier. Maurice Pélissier en fut le secrétaire responsable de l‘organisation chargée de l’organisation et de l’éducation. Participant à l’épuration, il fut chargé de repérer les captifs collaborateurs en vue de leur prochaine arrestation qui visait surtout le groupe d’anciens Waffen SS de la division Charlemagne arrêtés. Il fut rapatrié victime d’ « une certaine déficience physique ». Pendant sa captivité, il apprit le russe.

Maurice Pélissier ne reprit pas son métier d’instituteur. Après qu’il eut suivi l’école du Parti communiste français de trois mois (novembre 1945-février 1946), il devint membre du comité de la fédération du Lot, alors qu’il était redevenu secrétaire de la section communiste de Gourdon. Secrétaire permanent de la fédération, il se caractérisa, selon les responsables nationaux, par un « dirigisme » qui ne tarda pas à se manifester et fut dénoncé notamment après des heurts avec la section de Figeac sur des affaires relatives aux décisions prises dans la clandestinité en 1944 (affaire Leroux, communiste devenu sous-préfet à la Libération, jugé responsable de l’arrestation de Marcel Dufriche en février 1944). Le secrétariat du PCF puis le Bureau politique, le 24 avril 1947, le blâmèrent. Maurice Pélissier, père d’un enfant, abandonna le secrétariat fédéral en 1948, pour des raisons financières. Il fut adjoint au maire de Gourdon.

Il réintégra l‘enseignement, enseigna les mathématiques au cours complémentaire de Martel et en devint en 1959 le directeur, et le demeura lors de sa transformation en collège d’enseignement général alors que son épouse en assurait l’économat.

Maurice Pélissier fut à nouveau élu membre du comité fédéral par la conférence fédérale de 1956. Membre du comité de la section communiste de Gourdon puis de Martel, secrétaire de cette section au milieu des années 1960, il intégra le bureau fédéral en 1959, responsable de l’éducation au milieu des années 1970, puis revint au seul comité fédéral à la fin des années 1970 dont il cessa d’être membre en 1982, ne participant plus aux réunions.

Elu adjoint au maire de Martel en 1963, il en devint maire en 1977. Réélu en 1883, il conserva cette responsabilité jusqu’en 1986 laissant l’écharpe à son premier adjoint, radical de gauche. Il réalisa notamment une zone artisanale, organisa la cure médicale à la maison de retraite, aménagea l’ancienne gendarmerie, restaura la salle des fêtes.

Maurice Pélissier fut candidat communiste au Conseil général dans le canton de Martel, en 1951, en 1958, en 1961 dans le canton de Saint-Géry, en 1964 dans le canton de Gourdon, en 1967 dans le canton de Martel. En 1973, toujours dans le canton de Martel, il obtint 799 voix au premier tour. Bénéficiant du désistement du candidat socialiste, il fut élu au deuxième tour avec 1 503 voix. Il fut réélu conseiller général en mars 1979 (1 210 voix puis 1 674 voix). Il conserva ce mandat jusqu’en 1985. Dans l’assemblée départementale, il s’occupa de l’enseignement et de la culture. Mélomane, il présida l’Association pour le développement des Arts.

Maurice Pelissier fut candidat communiste aux élections législatives de 1946, de novembre 1958 dans la circonscription de Cahors. En 1978, il fut le suppléant du candidat communiste dans la deuxième circonscription (Figeac).

Il était dans les années 1960 un des responsables départementaux de l’association France-URSS et en devint le secrétaire départemental en 1966.

Il fut enterré à La Tour de Faure (Lot).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147551, notice PÉLISSIER Maurice par Jacques Girault, version mise en ligne le 27 juin 2013, dernière modification le 2 avril 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Divers sites Internet.

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