OLRY Maurice, Ulrich

Par Françoise Olivier-Utard, Léon Strauss

Né le 17 juin 1918 à Colmar (Haute-Alsace annexée), mort le 12 décembre 2010 à Colmar (Haut-Rhin) ; instituteur dans le Haut-Rhin de 1937 à 1940, de 1940 à 1946 dans l’Ain, de 1946 à1975 dans le Haut-Rhin ; socialiste SFIO jusqu’en 1940, résistant dans l’Ain , communiste de 1945 à 1956, syndicaliste du SNI, militant des Amis de la Nature ; conseiller municipal de Bellegarde (Ain) en 1945, conseiller municipal de Colmar de 1951 à 1959.

Fils de Joseph Olry , forgeron, puis contremaître, et de Marie Parmentier, il fut formé à l’école normale (catholique selon le statut scolaire local) de Colmar. Membre du Cercle des Étudiants communistes de Colmar, puis du Parti socialiste SFIO, il anima le groupe des Faucons rouges de Colmar. En juin 1937, lors d’une réunion de la section de Colmar, il défendit la motion Marceau Pivert*. Après le brevet supérieur (1937), il enseigna successivement à Breitenbach, puis à Roggenhouse. En 1940, il quitta Colmar dans l’un des derniers trains avant l’occupation allemande. Bien décidé à ne pas rentrer en Alsace annexée de fait, il obtint un poste d’instituteur à Bellegarde-sur-Valserine (Ain), dont son épouse, fille de douanier, était originaire. Résistant, maquisard, devenu communiste, il joua un rôle important dans la libération de Bellegarde, dont il devint conseiller municipal et rédacteur de l’hebdomadaire (Le Réveil patriotique) édité par les comités de libération du canton de Bellegarde à partir du 12 octobre 1944. De retour en Alsace en 1946, il reprit ses fonctions d’instituteur successivement à Hettenschlag, à Colmar à l’école Pasteur, puis aux classes d’applications de l’école Jean-Jacques Rousseau, enfin comme directeur à l’école Jean-Jacques Rousseau de 1968 à 1975.

Au parti communiste, à Colmar, il retrouva son ami de jeunesse, [Raymond Olff-> qui avait eu le même parcours politique que lui. Il devint membre du bureau de la section de Colmar dès 1946. Déjà non conformiste, il s’opposa en 1950 à la réintroduction de l’enseignement de l’allemand à l’école primaire en Alsace alors que cette mesure était approuvée par son parti. Il fut néanmoins élu au comité fédéral du Haut-Rhin en juillet 1954, mais ne fut pas renouvelé en octobre 1956. Le 30 octobre 1951, il avait pris tout seul la décision d’intervenir lors des obsèques religieuses à la collégiale Saint-Martin de l’ancien député UPR de Colmar et leader de la fraction autonomiste de ce parti jusqu’à son arrestation en 1939, Joseph Rossé, condamné pour collaboration, mort à la prison d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot. Il arracha la bande aux couleurs de l’autonomisme alsacien, rouge et blanche, qui décorait la couronne déposée par les anciens membres des jeunesses autonomistes en criant « Vive la France ». Son exploit lui valut une réprimande administrative pour avoir abandonné ses élèves à 10 heures sans autorisation.

Il avait figuré en 9e position sur la liste d’Union républicaine et résistante et de défense des intérêts communaux présentée par le parti communiste aux élections municipales de Colmar en 1947. Non élu alors, il remplaça Raymond Olff lorsque ce dernier quitta la ville en 1951. Il fut réélu en 1953. Il provoqua un accrochage au conseil municipal du 11 juin 1956 en intervenant au nom de la fraction communiste dans le point « Divers » de l’ordre du jour, sans l’avoir annoncé à l’avance, pour lire un rapport et proposer une motion contre la guerre d’Algérie. Le maire MRP Joseph Rey fit interrompre la séance et ordonna l’évacuation par la police du public , composé essentiellement de femmes de l’UFF et de militants communistes. En novembre 1956, il rendit publique une déclaration désapprouvant toutes les « raisons d’État » et condamnant les événements de Hongrie aussi bien que ceux d’Algérie. Il quitta le parti quelques semaines plus tard.

Le 2 décembre 1948, il avait été élu à la commission exécutive de la section du Haut-Rhin du SNI et il en devint, bien que la majorité fut « autonome », trésorier adjoint, puis gérant de son bulletin « La Fraternelle » jusqu’en 1953, puis de nouveau de 1956 à 1962. En 1955, l’Association des Pupilles de l’École publique, dont il dirigeait tous les ans l’une des colonies de vacances, refusa de le désigner à nouveau, malgré les protestations de la CE départementale du SNI.

Membre de la section de Colmar des Amis de la Nature depuis 1947, il devint secrétaire de cette section, puis président-fondateur de la section du val d’Orbey, où il avait acquis une résidence secondaire. Une salle du chalet des Amis de la Nature au Lac Noir porte son nom depuis 2012.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147605, notice OLRY Maurice, Ulrich par Françoise Olivier-Utard, Léon Strauss, version mise en ligne le 11 juillet 2013, dernière modification le 2 mai 2022.

Par Françoise Olivier-Utard, Léon Strauss

ŒUVRE : Des articles dans Der Republikaner, Mulhouse, 17 mars 1937, Le Socialisme et l’Homme, 10 juin 1937 sur la préparation militaire obligatoire

SOURCES : Arch. Dép. Haut-Rhin, 756W, carton 13 OD 132, 1452 W 1bis. – Arch. du comité central du PCF - (La Fraternelle), 1949 à 1962. – Léon Strauss, "La section du Haut-Rhin du Syndicat National des Instituteurs et la statut scolaire local de 1921 aux années 1970", in : Françoise Olivier-Utard (dir.), Instits, profs et syndicats en Alsace, 1918-2000, Strasbourg, , 2008, p.61-95. — Dernières Nouvelles d’Alsace, 15 décembre 2010. – http://amisnature-val-orbey.fr . - Souvenirs de Raymond Olff et de Léon Strauss. – Notes de Jacques Girault.

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