MARQUIGNY Victor [dit Coisne]

Par Daniel Grason

Né 2 août 1926 à Paris (IVe arr.), fusillé le 2 juin 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; tourneur ; militant communiste ; résistant FTPF.

Fils de Lucie Le Puil, journalière, il fut reconnu le 23 août 1926 par son père Victor. Après son apprentissage de mécanicien, Victor Marquigny devint tourneur sur métaux. En 1943 il était au chômage et militait aux Jeunesses communistes. Il demeurait avec sa mère à Gentilly (Seine, Val-de-Marne). Lucie Marquigny, membre du Parti communiste, militait dans un comité clandestin de femmes. Elle loua un pavillon au 48 rue Fernand-Buisson à Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine). Des militants dans l’illégalité et des FTP y étaient hébergés. Pour faire financièrement face, elle recevait de l’argent et des tickets d’alimentation du Parti communiste. Elle mit son fils Victor en relation avec les FTP : il devint Coisne, matricule 5609.
Malgré sa jeunesse – dix-sept ans en 1943 – il participa à de nombreuses actions avec les membres des groupes du détachement Alsace-Lorraine : dépôt d’une bombe devant le restaurant Ratti au Plessis-Robinson, où le fils du restaurateur fut blessé (9 octobre 1943) ; sectionnement des fils télégraphiques d’une batterie de DCA au Petit Clamart (14 octobre 1943). Le 5 novembre vers 15 heures à Montrouge un tenancier de bar, Leboeuf, fut abattu ; toujours en novembre, le vol d’une automobile eut lieu place de l’Étoile à Paris ; attaque d’un gardien de la paix dans le XIVe arrondissement pour lui dérober son arme.
Le 17 ou 18 décembre 1943, ce fut l’attaque d’une patrouille de soldats allemands dans une rue de Châteaufort, Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Seine-et-Oise, Yvelines). Des coups de feu furent échangés, un soldat allemand tué, deux autres blessés. Les FTP s’échappèrent avec le fusil-mitrailleur du chef de patrouille. Le 21 décembre, cambriolage à main armée d’un débit de tabac à Arcueil. Le 31 décembre, attaque à main armée d’une ferme à Bièvre. Le FTP Robert Duffour tira sur la fermière et la blessa. Le groupe repartit avec cent quarante mille francs.
Des produits alimentaires furent subtilisés le 4 janvier 1944 sous la menace d’armes dans une épicerie du Plessis-Robinson. Le lendemain, en gare de Vanves, des colis furent dérobés. Des FTP tirèrent pour impressionner les employés de la SNCF récalcitrants.
Depuis l’attaque de Châteaufort, Saint-Rémy-lès-Chevreuse, la police française et la Feldgendarmerie traquaient les FTP : ils furent repérés. Une opération conjointe se déroula le 25 janvier avec l’objectif d’investir le pavillon de Clamart. Les FTP ripostèrent en tirant une rafale de fusil-mitrailleur, les Feldgendarmes lancèrent des grenades, quatre occupants furent arrêtés : Victor Marquigny, Lucien Arrufat, Henri Grand et Velma Gallone ; d’autres réussirent à s’échapper.
Emmenés dans les locaux de la BS2 à la préfecture de police, tous y furent interrogés, des tabassages eurent certainement lieu. Incarcérés, livrés aux Allemands, ils comparurent le 22 mai 1944 devant le tribunal militaire allemand siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Victor Marquigny, Lucien Arrufat et Henri Grand, ainsi que sept autres membres des groupes du détachement Alsace-Lorraine : Victor Delannoy, Antoine Meghzi, Robert Duffour, Émile Sornin, Georges Ruet, Jean Bosc et Jean Calvet furent condamnés à mort pour « activités de franc-tireur ».
Le 2 juin 1944, ils furent passés par les armes au fort du Mont-Valérien, Victor Marquigny à 15 h 19. Son inhumation eut lieu dans le carré des corps restitués aux familles au cimetière de Gentilly. À titre posthume il fut reconnu soldat FFI. Le Comité local de Libération constitué en conseil municipal provisoire, donna, le 26 octobre 1944, son nom à la rue du Parc. Sur son acte de naissance figure la mention « Mort pour la France ».
D’autres résistants FTP furent déportés. Lucie Marquigny mourut à Ravensbrück le 4 avril 1945, Maurice Tinseau déporté « NN » (Nuit et brouillard, condamné à disparaître) mourut à Ebensee le 21 avril 1945. Velma Gallone, Henri Grand et Jean Martin, tous les trois déportés « NN » rentrèrent, la première du kommando de Flossenburg, le deuxième le 30 avril 1945 du kommando d’Allach dépendant de Dachau, le troisième de Dachau le 29 avril 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147622, notice MARQUIGNY Victor [dit Coisne] par Daniel Grason, version mise en ligne le 3 juillet 2013, dernière modification le 11 avril 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 1752, BA 2117, PCF carton 8 activité communiste pendant l’Occupation, PCF carton 16 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII dossier 5, Liste S 1744-383/44 (Notes Thomas Pouty). – FMD, Livre-Mémorial, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (IVe arr.). – Recherches et clichés de plaques par Nadine Doat.

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