POTELETTE Henri

Par Daniel Grason

Né le 25 mai 1906 à Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine), fusillé comme otage le 14 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; militant communiste.

Fils d’André, sellier, et de Blanche, née Mary, couturière, Henri Potelette fit deux ans de service militaire dans la marine à bord de La Provence. Il épousa Juliette Davout le 24 novembre 1928 à la mairie de Colombes (Seine, Hauts-de-Seine), où le couple demeurait 6 bis rue Pierre-Curie ; il louait aussi une chambre dans un garni au 210 boulevard du Havre à Colombes. Mécanicien, Henri Potelette travaillait chez Bronzavia, entreprise de la métallurgie de Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine).
Il vendit trois pistolets automatiques à Marcel D., qui était un indicateur de la police allemande. Celui-ci le dénonça comme étant un militant communiste. Le mercredi 10 septembre 1941, les policiers de Colombes et de la Feldgendarmerie menaient une opération conjointe afin de l’arrêter. Il y eut trois interpellations, dont celle d’Henri Potelette au 22 rue Colbert à Colombes ; les deux autres hommes furent relaxés par les autorités allemandes.
Incarcéré à la prison de la Santé (Paris, XIVe arr.), interrogé, Henri Potelette mit en cause un gardien de la paix du commissariat de Colombes qui lui avait procuré cinq pistolets. Ce dernier parvint à se disculper. Henri Potelette comparut devant le tribunal militaire allemand de Paris le 23 janvier 1942, et fut condamné à dix ans de réclusion. Le 21 janvier, un attentat eut lieu contre un soldat allemand à Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). En représailles, Henri Potelette fut passé par les armes le 14 février au Mont-Valérien ; son inhumation eut lieu au cimetière communal de Nanterre.
Le gardien de la paix du commissariat de Colombes qui approvisionna Henri Potelette en armes, Robert Granier, s’adressa par lettre en date du 17 octobre 1944 au président de la commission d’épuration de la police. Il expliqua qu’il avait procuré à Henri Potelette une trentaine d’armes avec munitions. Arrêté en octobre 1940, détenu jusqu’en février 1941 à Fresnes, il fut interrogé à trois reprises par la Gestapo. Le commissaire de Colombes aurait réussi à le disculper vis-à-vis des Allemands. Robert Granier révéla qu’un commandant du Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat, Marcel Morel, fit embaucher Marcel D. chez Daimler-Bentz avec mission d’y « jouer le rôle d’agent provocateur ».


L’abbé Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Samedi 14.2.42
4 exécutions.
8h15, départ pour Cherche-Midi, 4 otages attendaient le verdict de leur jugement. Commandant militaire les a choisis à cause de l’attentat récemment perpétré contre une sentinelle allemande.
...
Parmi les trois autres, le meilleur était Potelette, demanda immédiatement à se confesser et était aussi très calme, pria avec moi. Au poteau il dit encore, "Je n’ai pas besoin d’avoir peur, je continue à vivre dans l’autre vie", me serra chaleureusement la main en guise d’adieu, mourut en dernier.
..
Enterré ces trois au cimetière de Nanterre. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147642, notice POTELETTE Henri par Daniel Grason, version mise en ligne le 5 juillet 2013, dernière modification le 17 mars 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 1801, BA 2117, PCF carton 12, rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation, 77W 1753. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil, Levallois-Perret. — Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p. 63-64.

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