MORER George (sic), Pierre, Philippe [« Maurice »dans la clandestinité].

Par André Balent

Né le 27 mai 1914 au Soler (Pyrénées-Orientales) ; employé à l’hôpital de Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; militant communiste ; résistant ; cadre des FTPF des Pyrénées-Orientales.

George Morer était le fils de Sébastien Morer (trente ans en 1914), propriétaire au Soler et Thérèse Payré (vingt-et-un ans en 1914). Il se maria au Soler le 10 juillet 1935 avec Marie-Thérèse Sagi.

George Morer adhéra au Parti communiste en 1934. Il était employé à l’hôpital de Perpignan. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier et demeura en Allemagne jusqu’à la fin de l’hiver 1942 date à laquelle il bénéficia d’un rapatriement pour raisons de santé. Convalescent, il fut contacté par Émile Leccia, l’un des cadres perpignanais des FTPF qui lui demanda de joindre le petit maquis que cette organisation constituait à Pleus, à proximité de Cassagnes (Pyrénées-Orientales) dans la vallée de l’Agly. Ce maquis qui prit le nom d’ « Henri-Barbusse » avait été fondé en août 1943.

En novembre 1943, Morer se trouva à la tête de ce maquis qui groupa une vingtaine de FTPF parmi lesquels Joseph Mach. Il fut renforcé par quelques éléments de l’AS en provenance d’Estagel, localité proche et quelques guérilleros de l’AGE. Amédée Barraut, maire de Cassagnes assurait le ravitaillement de ce maquis. Trahi par l’un des siens — Jean Martinez, alias « la Mascotte » (né le 24 octobre 1928 à Lavarnac, Lot-et-Garonne), adhérent de la Milice, condamné par la chambre civique de Perpignan à vingt ans de prison, eu égard à son jeune âge — le maquis fut attaqué par des miliciens et des Allemands entre le 9 et le 11 mars 1944. Mais prévenus par les gendarmes d’Estagel, les maquisards eurent le temps de se replier, ce qui n’empêcha pas trois habitants de Rasiguères et d’Estagel impliqués dans le soutien logistique au maquis d’être arrêtés le 5 mai 1944 et déportés en Allemagne.

Morer retrouva des maquisards à proximité d’Ansignan (Pyrénées-Orientales) village proche de Cassagnes. Il assura leur transfert à Corbère (Pyrénées-Orientales) où ils furent pris en charge par des éléments de l’AS dont l’instituteur Albert Gaillard.

Morer reçut l’ordre de se rendre en Ariège afin de participer à l’encadrement des FTPF de ce département (Voir Lacoste André), mais, le 28 juin 1944, un contrordre lui enjoignit de s’installer clandestinement à Prades (Pyrénées-Orientales). Là, un autre FTP, Roger Gaxet, alias « Tarzan », le conduisit au maquis Barbusse qui s’était reconstitué dans le massif du Canigou désormais commandé par Barthélemy et Julien Panchot. Il participa aux diverses péripéties de ce maquis et vécut les tragiques événements de Valmanya (1, 2 et 3 août 1944) attaqué par les Allemands et la Milice.

Replié chez un ami à Vinça (Pyrénées-Orientales), George Morer, toujours dans la clandestinité, devint « instructeur » de FTPF à Prades. Le 19 août 1944, il fit, avec son groupe, mouvement vers Perpignan sur le point d’être libérée. Les jours suivants il participa aux opérations de poursuite, jusqu’à La Nouvelle (Aude) des forces allemandes qui, après avoir quitté Perpignan se repliaient vers la vallée du Rhône.

Capitaine FFI, George Morer fut homologué chef de bataillon à la Libération. Engagé volontaire, il fut affecté, avec ce grade au 24e RIC reconstitué à Perpignan après la Libération avec des éléments provenant des FFI (AS, FTP, ORA) et fit partie de cette unité qui, après avoir assuré la surveillance de la frontière des Pyrénées-Orientales avec l’Andorre et l’Espagne, participa aux opérations sur la front des Alpes-Maritimes contre les Allemands et les forces de la République sociale italienne.

George Morer demeura dans l’Armée jusqu’en 1947.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147665, notice MORER George (sic), Pierre, Philippe [« Maurice »dans la clandestinité]. par André Balent, version mise en ligne le 7 juillet 2013, dernière modification le 27 septembre 2018.

Par André Balent

SOURCES : Arch. com. Le Soler, acte de naissance de George Morer et mention marginale. — Ramon Gual et Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la résistance catalane, II b, De la résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, pp. 479, 539, 542, 543, 545, 552, 554, 734, 902. — Georges Sentis, Les communistes et la résistance dans les Pyrénées-Orientales. Biographies, Lille, Marxisme / Régions, 1994, 182 p. [p. 69].

ICONOGRAPHIE, Gual et Larrieu, op.cit., p.554 : groupe d’anciens maquisards venus, en juillet 1945, commémorer le combat du roc del Cogolló contre la Milice (28 juin 1944).

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