TIERSEN Gérard, André, Marie-Joseph

Par Paul Boulland

Né le 30 novembre 1936 à Lille (Nord) ; ouvrier tourneur puis agent EDF-GDF ; militant de la JOC, permanent national (1960-1965), secrétaire général (1962-1964), puis responsable de l’organisation matérielle d’un rassemblement "Paris 67" (1966-1967) puis permanent (1966-1967) de la JOC, ; syndicaliste CFTC puis CFDT, secrétaire (1971-1973), secrétaire général adjoint (1973-1975) puis secrétaire général (1975-1983) de la Fédération CFDT Gaz-Électricité, membre du bureau confédéral de la CFDT (1979-1983), président de la CMCAS de Nantes (1987-1991) ; président de l’Association pour la réinsertion professionnelle et sociale.

Gérard Tiersen
Gérard Tiersen

Quatrième d’une fratrie de cinq enfants, Gérard Tiersen grandit dans un milieu très modeste à Fives, dans la banlieue lilloise. Son père, immigré flamand, occupa divers emplois de manœuvre dans l’industrie textile (teinturier sur l’acte de naissance). Sa mère resta au foyer. L’atmosphère familiale était fortement marquée par la religion catholique et Gérard Tiersen suivit toute sa scolarité au sein de l’école libre. Il y rencontra la JOC et devint progressivement responsable de l’équipe du quartier de Fives puis du secteur Lille-Est. Après le certificat d’études primaires, il intégra l’École professionnelle des industries lilloises, dirigée par des religieux. Il y suivit d’abord une formation d’ajusteur puis de tourneur, et obtint un CAP et le Brevet d’études industrielles. Le 30 novembre 1952, il entra comme apprenti sous contrat à la Société de constructions mécaniques de précision, à Hellemmes (aujourd’hui commune de Lille, Nord). En mars 1955, suivant les recommandations de la JOC qui encourageait ses membres à intégrer les grandes entreprises pour y militer, il se fit embaucher chez INDENOR, filiale du groupe Peugeot, à Lille. Il y a adhéra aussitôt à la CFTC mais se consacra essentiellement à l’action jociste.

Appelé au service militaire le 1er janvier 1957, Gérard Tiersen fut intégré au 6e régiment de parachutistes d’infanterie de marine. Après ses classes à Mont-de-Marsan (Landes), il fut envoyé en Algérie, où il resta jusqu’à sa démobilisation en mai 1959. Membre d’une unité opérationnelle qui fut notamment basée à Blida et à la villa Suzini, Gérard Tiersen fut directement confronté aux violences du conflit algérien. Il resta en contact avec son aumônier fédéral, qui le tint informé des positions de Témoignage chrétien et lui permit de partager son expérience, relayée dans la Documentation catholique internationale.

Au retour du service militaire, Gérard Tiersen reprit le travail chez Peugeot. En mai 1960, il devint permanent du secrétariat national de la JOC, à Paris. Il fut d’abord responsable du service des soldats et des marins et de la publication de L’entraineur avant de devenir secrétaire général. Il fit la connaissance de Marie-Paule Chauvière, également permanente de la JOC. Ils se marièrent le 18 juin 1965 à La-Roche-sur-Yon (Vendée) et eurent deux fils. En mai 1965, Gérard Tiersen quitta le secrétariat de la JOC et reprit un emploi d’ouvrier tourneur à la Société choletaise de construction mécanique, à Cholet (Maine-et-Loire). Il adhéra alors à l’ACO. Dès février 1966, il fut rappelé comme conseiller technique permanent auprès de la JOC, afin d’aider à l’organisation du rassemblement « Paris 67 », aux côtés d’André Jondeau, Marie-Claude Odin et Jacques Duraffourg. En quête d’un nouvel emploi au terme de cette mission, Gerard Tiersen fut orienté vers EDF-GDF par Jean Meurice qu’il avait rencontré au sein de l’ACO, à Gonesse (Val-d’Oise). Il fut embauché le 1er décembre 1967 à la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), comme ouvrier tourneur au sein de l’atelier d’entretien.

Dans la continuité du mouvement de Mai 68, Gérard Tiersen fut élu secrétaire de la section syndicale CFDT de la centrale de Chinon. Il intégra également le bureau de l’Union locale CFDT. Lors du XXIIe congrès de la Fédération CFDT Gaz-Électricité (Dourdan, avril 1970), il se porta candidat au comité directeur fédéral (catégorie B, élue par le congrès), pour faire valoir le point de vue de sa section syndicale, qui exprimait des réserves sur le soutien apporté par la fédération au « contrat de progrès » proposé l’année précédente au sein d’EDF-GDF par le gouvernement Chaban-Delmas. Il fut élu. Au sein du comité fédéral, Gérard Tiersen défendit les orientations confédérales en faveur du socialisme autogestionnaire. Bernard Dizier et Maurice Bauchet firent alors appel à lui pour représenter cette sensibilité au secrétariat fédéral. Il fut d’abord chargé de l’information, puis devint secrétaire général adjoint à l’issue du XXIIIe congrès (Tours, mars 1973) et secrétaire général au congrès suivant (Guidel, novembre 1975). Gérard Tiersen conserva son mandat jusqu’au XXVIIe congrès (Carcans-Maubuisson, mai 1983), à l’issue duquel il fut remplacé par Alain Chupin*. À la tête de la fédération, Gérard Tiersen s’efforça développer l’action unitaire avec la CGT et la pratique d’un syndicalisme autogestionnaire, centrée sur la participation des adhérents et des syndicats. Candidat au bureau confédéral de la CFDT lors du XXXVIIe congrès (Annecy, 1976), il n’y fut élu qu’au congrès suivant (Brest, 1979).

En juillet 1987, Gérard Tiersen reprit ses activités professionnelles comme acheteur au service achat du Groupement régional de production thermique (GRPT) Sud-Ouest, à Talence (Gironde). À l’initiative de Maurice Bauchet et Alain Chupin, il se fit muter à Nantes, où il fut détaché comme administrateur de la CMCAS, à partir de mars 1986, puis comme président, de janvier 1987 à son départ en retraite en décembre 1991.

En 1993, Gérard Tiersen intégra le conseil d’administration de l’Association pour la réinsertion professionnelle et sociale (ARPS), à la demande de Jack Salinas*, avec qui il avait travaillé au secrétariat de la JOC puis dans ses responsabilités syndicales. Gérard Tiersen devint le président de l’ARPS en 1995.

Gérard Tiersen continua de militer à la section des retraités du syndicat CFDT de Loire-Atlantique. Au cours des années 1980, il avait exprimé à plusieurs reprises ses réserves sur les orientations de la CFDT, auprès d’Edmond Maire et de Jean Kaspar. En 2003, lors du mouvement contre la réforme des retraites, il démissionna de la CFDT pour protester contre la position de la confédération. En 2008, il adhéra à la CGT, auprès de l’UD-CGT de Loire-Atlantique.

Sur le plan politique, Gérard Tiersen adhéra brièvement au Parti socialiste, en 1974, à Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne). Il est de nouveau adhérent du PS depuis 2007.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147823, notice TIERSEN Gérard, André, Marie-Joseph par Paul Boulland, version mise en ligne le 15 juillet 2013, dernière modification le 3 avril 2014.

Par Paul Boulland

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SOURCES : Arch. de la FGE-CFDT (Congrès fédéraux, boîtes 1 J 7-31) — Entretien avec Gérard Tiersen (janvier 2011) — Renseignements recueillis par Éric Bélouet.

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