SRULEVICI Fanny

Par Daniel Grason

Née le 1er mai 1907 à Odessa (Russie), morte en novembre 1942 à Auschwitz (Pologne) ; couturière à domicile ; militante communiste ; déportée ; résistante.

Fille de Moïse et de Olga, née Imas, de nationalité roumaine, Fanny Srulevici arriva en France en 1938 en étant passée par l’Italie. Le 3 octobre 1940 était promulgué le premier statut des Juifs par le gouvernement de Vichy, elle se déclara comme juive le 17 octobre en préfecture de police, obtint l’autorisation de résider à Paris.
Depuis juin 1940, elle demeurait 19 avenue de la Porte-Brunet (XIXe arr.), vivait de travaux de couture à domicile. Communiste, elle gérait les fonds des communistes roumains émigrés. Elle devint l’amie d’Andreï Sas Dragos alias Jaroslaw Martunek, il fut membre dès sa création du 1er détachement FTP-MOI roumain. Il organisa et prit part à plusieurs attentats contre les allemands.
Le 19 octobre 1942 vers 8 heures 30, il participait à un attentat contre des militaires allemands à la cité universitaire dans le XIVe arrondissement. Il était interpellé par des policiers dans la ville mitoyenne de Montrouge le jour même avec Nicolas Cristea. Il était interrogé, tabassé sévèrement dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police.
Fanny Srulevici était appréhendée le 21 octobre par la BS2 chez une amie roumaine au 16 rue du Pont-aux-Choux, IIIe arrondissement, elle présenta une carte d’identité française au nom de Marie Dumont, née en Roumanie. La pièce d’identité fut vérifiée, Fanny Srulevici interrogée dans les locaux de la BS2, une confrontation eut lieu avec Jaroslaw Martunek. Elle soutint qu’elle ne connaissait rien de son activité de FTP-MOI, lui déclara qu’il ignorait son activité avec les communistes roumains.
Détenue au Dépôt de la préfecture de police, elle était conduite sur ordre des allemands le 7 novembre 1942 au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs. Le 11 novembre Fanny Srulevici était dans le convoi n° 45 à destination d’Auschwitz où étaient 745 déportés, 599 furent gazés à l’arrivée, 146 étaient sélectionnés, à la libération du camp par l’armée soviétique le 27 janvier 1945, il ne restait que deux survivants de ce convoi.
L’Inspecteur principal adjoint Gaston Barrachin fut l’un de ceux qui interrogea Fanny Srulevici, un homme particulièrement violent, la torture était employée, il interrogea notamment les FTP-MOI Baruch Lerner, Mayer List, André Engros, Missak Manouchian... Dans le rapport du 13 mars 1945 de la commission d’épuration de la police qui le concernait, il était écrit sur Fanny Srulevici : « cette dernière n’a plus donné signe de vie depuis son arrestation, mais comme il s’agit d’une israélite, on suppose qu’elle a été déportée ». Jugé, Gaston Barrachin fut condamné à mort en octobre 1945 et fusillé au fort de Chatillon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147919, notice SRULEVICI Fanny par Daniel Grason, version mise en ligne le 16 juillet 2013, dernière modification le 27 juin 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. PCF carton 13 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation, KB 5, KB 18, 77W 536. – Bureau Résistance (pas de dossier). – Jean-Marc Berlière avec Laurent Chabrun, Les policiers français sous l’occupation, Éd. Perrin, 2001. – Site Internet CDJC.

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