ZERLINE Raymond, Max

Par Claude Pennetier

Né le 3 décembre 1926 à Paris (IVe arr.) ; métallurgiste puis journaliste ; syndicaliste CGT  ; militant communiste de la région parisienne ; militant de la mémoire de la Résistance.

Raymond Zerline à 17 ans
Raymond Zerline à 17 ans

Fils d’Elia Zerline, cordonnier (syndiqué CGT et sympathisant communiste) et Mathilde Breider, couturière jusqu’à la naissance de ses enfants, Raymond Zerline obtint son certificat d’étude en 1938 puis un CAP d’ajusteur outilleur. Il entra dans la vie professionnelle en juin 1942, à quinze ans et demi, chez Caudron-Renault à Boulogne-Billancourt. Marié avec avec Nicole Rybak, il eut deux enfants, Annick, née en 1956 et Pierre, né en 1957. Divorcé, il se maria avec Nicolé Dugué, titulaire d’un CAP et d’un Brevet professionnel de comptable. Elle termina sa carrière comme « cadre expertise comptabilité ». Le couple eut un fils, Renaud, né en 1972.

Raymond Zerline avait adhéré aux Jeunesses communistes en 1938 dans le IVe arr. de Paris, mais il était trop jeune et il ne s’intégra pas. En décembre 1940, il participa à un petit groupe au Cours complémentaire industriel d’apprentissage de la rue Trousseau (Paris XIe) qui faisait des collages de papillons. Il rejoignit le Parti communiste clandestin en décembre 1942 après un contact sur son lieu de travail Caudron-Renault, à Boulogne-Billancourt et il distribua l’Humanité clandestine.

En septembre 1943, Raymond Zerline participa à un sabotage manqué (une tentative d’incendie dans un atelier bois) mais il fut repéré et il partit pour Siorac-en-Périgord (Dordogne), chez oncle par alliance. C’est là qu’il entra dans Armée secrète (AS), comme agent de liaison. Il obtint par la suite la carte officielle du Combattant Volontaire de la Résistance N° 184752 et Carte du Combattant N° 35407.

Revenu à Paris en décembre 1944, réembauché chez Caudron-Renault (nationalisée devenue SCAN), Raymond Zerline fit un court passage chez Citroën, quai de Javel à Paris puis entra chez Simca Nanterre avec un faux certificat de travail. Secrétaire de la section CGT Simca, délégué au Comité d’Entreprise et délégué du personnel. En 1952, il était secrétaire du Syndicat des métaux CGT de Nanterre et membre du bureau USTM. SIMCA le licencia en 1953. Il fut alors membre du bureau et permanent de l’USTM jusqu’à son arrêt pour maladie pour six mois en 1955. L’année suivante, il entra chez Renault-Saint-Denis et fut secrétaire de la section CGT. Il intégra la rédaction de La Vie ouvrière en 1959 et devint l’année suivante secrétaire de rédaction, responsable de la documentation et des pages pratiques. Il en démissionna en 1979, à cinquante-cinq ans, au moment de sa rupture avec le PCF.

Raymond Zerline avait en effet repris des activités dans son parti à la Libération, mais en 1949 la commission des cadres le sanctionna pour participation à la Résistance au sein de l’Armée Secrète en Dordogne (donc dans une résistance non-communsite) et lui attribua comme responsabilité maximale la participation à un bureau de section. Il fut membre du bureau de section du PCF de Nanterre et responsable des cellules SIMCA. « Réhabilité » par la commission des cadres en 1953, il fut siégea au comité fédéral Ouest de la Seine. En 1956, il assura la fonction de secrétaire PCF Renault-Saint-Denis puis, comme permanent, de secrétaire section PCF de Saint-Denis. Il était responsable du journal Saint-Denis Républicain en 1957. L’année suivante, il suivit une école centrale du PCF consacrée au journalisme. Son entrée à La Vie ouvrière en 1959 correspondit à un moment de « diminution [de ses] responsabilités politiques ».

Raymond Zerline rompit avec le PCF en 1979, ainsi que sa femme, et se consacra ensuite à la vie associative dans l’Oise. Il nous écrit en juin 2020 à propos de cette rupturezt de ces années difficiles : "Difficiles par attachement après des années de fidélité et de militantisme quotidien et en même temps années difficiles pour parvenir à des raisonnements détachés de tout ce qui était devenu automatisme de pensée."
Président du Comité Oise de l’Association Nationale des Anciens Combattant et Amis de la Résistance depuis 1985, entra la même année au Conseil national de l’ANACR, il présida à partir de 1989 le Comité d’Entente des Associations Issues de la Résistance et de la Déportation de l’Oise (huit associations). De 1990 à 2010 (dissolution) il fut membre du conseil national l’Association Nationale des Combattants Volontaires de la Résistance et secrétaire national de la Centurie des plus Jeunes Combattants Volontaires de la Résistance. Membre suppléant du Jury national du Concours National de la Résistance et de la Déportation, il fonda en 2000 l’Association Oise pour le Concours national de la Résistance et de la Déportation.

Avec l’historien Jean-Pierre Besse, il multiplia les travaux et les conférences sur la Résistance.
En 2018, il publia un livre un essai intellectuellement ambitieux (C’est d’une maladie de coeur dont souffre l’humanité) où loin des enjeux politiques partisans, il manifestait sa révolte devant l’écart entre le niveau de connaissances scientifiques de nos sociétés et l’état social de la planète. Il appelait à un "sursaut général", à un nouvel épanouissement, à un accès aux beautés du monde, au rire et à de nouveaux desseins.

Il avait été fait Officier dans l’Ordre des Palmes académiques et Médaille de Bronze de la Jeunesse et des Sports. Il fut décoré en 2016 de l’Ordre national du Mérite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article147988, notice ZERLINE Raymond, Max par Claude Pennetier, version mise en ligne le 21 juillet 2013, dernière modification le 2 juillet 2021.

Par Claude Pennetier

Raymond Zerline à 17 ans
Raymond Zerline à 17 ans
Raymond Zerline à 90 ans
Raymond Zerline à 90 ans

ŒUVRE : Les jeunes sous l’occupation et dans la Résistance édité par ONAC Oise. — Citoyens de l’Ombre, 865 pages sur l’occupation et la Résistance, Éditions Persée. — Le Chagrin et la Fierté, 311 pages sur les Français sous l’occupation, sur site Internet. — (Avec Jean-Pierre Besse), Ils ont fait le sacrifice de leur vie, 259 pages, édité par l’ANACR. — (Avec Jean-Pierre Besse) Parution semestrielle de la revue isarienne Pages de la Résistance, parution qui se poursuit après la mort de Jean-Pierre Besse en 2012. — Participation au Cd-rom, La Résistance dans l’Oise. — Parolier du chant choral Les jeunes dans la Résistance, Édité en CD de chants patriotiques sous l’égide du Conseil général de l’Oise.
C’est d’une maladie de coeur dont souffre l’Humanité, Éditions Persée, 2018, 297 pages.,

SOURCES : Témoignage et documents de Raymond Zerline. — Centurie des plus jeunes combattants volontaires de la Résistance, Centurie. Livre d’Or, 2021.

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