RÉMY Lucien dit Marcel

Par Daniel Grason

Né le 9 mai 1920 à Paris XXe arr. (Seine), mort le 16 mars 1944 à Buchenwald (Allemagne) ; employé aux PTT ; militant communiste ; déporté ; résistant FTP.

Fils d’Auguste, journalier et de Lucie, née Vautrin, cuisinière, Lucien Rémy adhéra aux Jeunesses communistes en 1936, il entra aux PTT en 1937, demeurait chez ses parents 45 avenue des Pervenches à Pontault-Combault (Seine-et-Marne). Sur proposition d’un collègue de travail, membre du Parti communiste, il reprit de l’activité politique, devint responsable de la sous-section clandestine, Charles Rouxel était responsable à l’organisation et André Rousseau, responsable technique. Lucien Rémy était en liaison avec « Victor » responsable politique de la région P8, les membres de l’organisation distribuaient la propagande clandestine sur le secteur Emerainville Pontault-Combault.
Une lettre convoquant Lucien Rémy pour le Service du travail obligatoire (STO) à Brest (Finistère) arriva le 11 mars 1942. Il quitta le domicile familial pour le 42 rue Beauregard à Paris IIe arrondissement, fut appointé par l’organisation clandestine. « Suzanne » la responsable politique qui remplaçait « Victor », lui proposa de devenir responsable des « Masses » des FTP, il s’occupait de la répartition du matériel de propagande sur les villes de Gretz, Fontainebleau, La-Ferté-sous-Jouarre et Verneuil-l’Étang.
Quatre inspecteurs de la BS2 interpellèrent Lucien Rémy le 14 avril 1943, son domicile fut perquisitionné, les policiers saisirent différentes notes manuscrites sur son activité politique dont une feuille de carnet où étaient portés des rendez-vous ainsi qu’un trousseau de trois clés et trois clefs séparés ; un projet de tract s’adressant aux « Jeunes du Front Patriotique » de Seine-et-Marne se terminait par « Vive le front patriotique » ainsi qu’une cartouche de calibre 6,35 mm.
Son interrogatoire eut lieu dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, les questions portèrent sur son parcours et sur ses prochains rendez-vous avec des membres de l’organisation. Battu à plusieurs reprises, il indiqua les horaires des quatre rencontres avec remise de matériel programmées entre le 15 et le 17 avril près de différentes gares de Seine-et-Marne. Il reconnut être l’auteur du projet de tract, quant à la cartouche, elle provenait d’un paquet remis à André Rousseau, le projectile glissa du paquet sur le plancher.
Incarcéré à Fresnes ou au Fort de Romainville, Lucien Rémy était le 18 octobre 1943 dans un convoi de cinquante-deux prisonniers regroupés dans des wagons voyageurs aux fenêtres grillagées qui partit de la gare de l’Est. Le lendemain ils étaient à Sarrebruck au camp de Neue Bremm, tous étaient « NN » « Nacht und Nebel » (condamnés à disparaître), certains furent déportés à Mauthausen (Autriche), d’autres dont Lucien Rémy à Buchenwald (Allemagne), matricule 30166 il y mourut le 16 mars 1944. Le nom de Lucien Rémy figure sur le monument aux morts de Pontault-Combault, une avenue de la ville porte son nom.
Lucien Rémy a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148067, notice RÉMY Lucien dit Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 29 juillet 2013, dernière modification le 19 septembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 2299, KB 18, PCF carton 8 activité communiste pendant l’Occupation. – PCF carton 14 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – Bureau Résistance GR 16 P 504662. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. du Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977. – JO n° 290 du 14 décembre 1997. – Site Internet GenWeb. – État civil, Paris XXe (arr.).

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