HORVAT Mirko

Par Daniel Grason

Né le 24 novembre 1911 à Zagreb (Yougoslavie), mort en 1992 ; antifasciste ; volontaire en Espagne républicaine ; communiste ; déporté.

Groupe d’anciens étudiants praguois internés à Saint-Cyprien, mars ou avril 1939 (Source : Branko Krkeljić, op. cit., p. 161)
De gauche à droite et de bas en haut : Ivan Rukavina, Mirko Horvat, Lazar Latinović, Mirko Kovačević, Slavko Čolić, Ahmet Fetahagić, Ratko Pavlović, Ivan Jakšić, Ivan Vejvoda, Petar Drapšin, Ilija Engl, Lazar Udovički.

Mirko Horvat habitait en France. Il s’engagea dans les Brigades internationales de l’armée républicaine espagnole.

Après le retrait des Brigades d’Espagne, il fut interné en France, au Vernet (Ariège), où il suivit scrupuleusement les consignes du parti communiste de Yougoslavie KPJ : pas d’évasion individuelle, refus de partir dans les Compagnies de travailleurs étrangers (CTE), déclaration comme volontaire pour aller travailler en Allemagne en mai 1941, de façon à pouvoir rentrer plus facilement en Yougoslavie pour animer la résistance contre l’occupation allemande, italienne, hongroise et bulgare. En dépit de la promesse faite par les autorités nazies à leur départ, selon laquelle ils pourraient travailler librement s’ils ne faisaient pas de politique, un groupe de sept Španci (anciens d’Espagne yougoslaves), fut isolé à son arrivée dans le Reich. Outre Mirko Horvat, le groupe comprenait les Serbes Čedo Kapor (1914-2004), Stevan Varga (1920-1988), Milan Mirčević (1912-2000) et Petar Stokić (1905-1942), le Slovène Franc Prevc (1905-1977) et le Bosniaque Ahmet Fetahagić (1914-1944). Ils furent emmenés à Riesa (Saxe) dans une usine de canons, mais furent rapidement arrêtés et emprisonnés à Dresde, dans la geôle où le dirigeant du Parti communiste d’Allemagne (KPD) Ernst Thälmann avait été incarcéré avant son transfert à Buchenwald. En juillet 1941, ils furent internés dans le camp de concentration de Königsbrück, où ils furent à un régime des plus sévères : appel à 4h du matin, travail forcé de 5h au crépuscule, 25 coups de fouet en cas d’arrêt, manque d’eau et de vivres. Ils furent ensuite ramenés en septembre dans une usine à Dresde, où ils parvinrent à organiser une cellule clandestine dirigée par Čedo Kapor. Cela permit de saboter discrètement la production, et d’organiser la solidarité entre travailleurs étrangers, dont une vingtaine de jeunes Espagnols et environ 120 Soviétiques. Mais leur isolement les empêcha de bénéficier du canal d’évasion mis en place durant l’été 1941 par le KPJ plus à l’Ouest entre Dessau (Saxe-Anhalt) et Zagreb via Graz et Maribor.

Le passage dans la Résistance fut donc l’affaire d’initiatives individuelles ; si les militants communistes Mirko Horvat, Ahmet Fetahagić, Čedo Kapor et Petar Stokić parvinrent à rentrer au pays, les sans parti Milan Mirčević et Franc Prevc restèrent en Allemagne jusqu’en 1945. Stevan Varga passa en août 1942 en Hongrie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148069, notice HORVAT Mirko par Daniel Grason, version mise en ligne le 29 juillet 2013, dernière modification le 5 octobre 2020.

Par Daniel Grason

Groupe d’anciens étudiants praguois internés à Saint-Cyprien, mars ou avril 1939 (Source : Branko Krkeljić, op. cit., p. 161)
De gauche à droite et de bas en haut : Ivan Rukavina, Mirko Horvat, Lazar Latinović, Mirko Kovačević, Slavko Čolić, Ahmet Fetahagić, Ratko Pavlović, Ivan Jakšić, Ivan Vejvoda, Petar Drapšin, Ilija Engl, Lazar Udovički.

SOURCES : Arch. PPo. 77W 1443, liste de 379 volontaires yougoslaves. — Notes Hervé Lemesle.

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