PAUL Maurice, Claude, Roger

Par Jacques Girault

Né le 24 janvier 1931 à Hyères (Var), mort le 20 juin 2021 à Toulon (Var) ; ouvrier menuisier ébéniste ; conseiller général communiste du Var (1967-2003), maire de La Seyne (1995-2001).

Fils d’un ajusteur-mécanicien de garage, Maurice Paul vint habiter à La Seyne en 1937 quand son père entra à l’Arsenal maritime de Toulon à l’atelier des sous-marins au Mourillon. Sa famille était de descendance bretonne pour son père, et originaire de La Crau (Var), quartier de la Moutonne, pour sa mère, confectionneuse, catholique pratiquante. Dans le questionnaire biographique qu’il remplit en 1956 pour le Parti communiste français, il indiquait que son père était d’opinions communistes, que sa mère et ses deux sœurs étaient des sympathisantes communistes.

Maurice Paul reçut tous les sacrements catholiques, fut enfant de chœur, fréquenta le patronage catholique et les groupes de Cœurs vaillants. Mais il suivit les cours de l’école publique tout en faisant partie de la société philharmonique locale « La Seynoise ». La fin de sa scolarité primaire fut perturbée par les bombardements et il obtint le Certificat d’études primaires en juin 1945. Après avoir effectué un court passage dans une classe technique du collège Martini, il préféra entrer, après concours, comme apprenti aux Forges et chantiers de la Méditerranée en octobre 1945. Il choisit la menuiserie-ébénisterie (aménagement des intérieurs de bateaux) et réussit le Certificat d’aptitude professionnelle en 1948 après avoir obtenu, dans sa spécialité, le premier prix du concours des apprentis du Var. Il effectua son service militaire dans les chasseurs alpins (avril 1951-octobre 1952).

Paul, pendant les grèves de l’hiver 1947, avait représenté les apprentis au bureau du syndicat CGT de l’entreprise. Aussi, dès qu’il passa ouvrier en 1949, occupa-t-il des postes de responsabilité dans le syndicat des métaux dont il était membre depuis 1950. Il était secrétaire-adjoint lors d’un important mouvement revendicatif en 1954 où il suppléa le secrétaire Grimaud, en délégation à Paris. Il dirigea les négociations avec la direction et avec la Chambre patronale varoise qui se terminèrent par d’importantes augmentations de salaires. Depuis 1952, délégué d’atelier puis délégué du personnel, il fut, en 1954, élu administrateur de la caisse primaire de Sécurité sociale pour représenter le personnel des chantiers.

Paul, membre du PCF depuis mars 1953, suivit une école de section, devint en 1954 membre du comité de la section communiste de La Seyne, responsable auprès des six cellules des FCM. Lors de son élection comme membre du comité fédéral (juin 1956), le secrétaire fédéral le distinguait en ces termes, :
"s’est révélé dans les luttes revendicatives des travailleurs de la métallurgie. Apparaît comme un cadre d’avenir sur le plan de son entreprise et de la section de La Seyne dont il est l’un des secrétaires". A participé à une école interfédérale [à Vallauris en 1955, JG] et s’y est révélé comme un militant ayant beaucoup de possibilités".

Son ascension se poursuivit et il entra au bureau fédéral en mai 1957. Cette promotion comblait les vœux du secrétariat du Parti qui souhaitait "renforcer le bureau fédéral parmi les jeunes camarades membres du comité fédéral sortant, par exemple Paul". Il devait participer à l’école centrale d’un mois à Viroflay (octobre-novembre 1957). Mais il ne put obtenir de congé sans solde ayant déjà pris ses congés payés. Le secrétaire fédéral demanda alors à un responsable de la fédération CGT des métaux s’il pouvait lui envoyer "une lettre l’invitant à participer à un stage destiné à parfaire ses connaissances sur le plan syndical". Qu’en fut-il ? Le secrétariat du Parti ratifia peu après sa candidature pour qu’il suive les cours de l’école centrale d’un mois, le 8 mars 1958.

L’année suivante, Paul devint secrétaire de la section communiste de La Seyne et troisième secrétaire fédéral chargé de l’organisation, responsabilité où il fut reconduit lors des conférences fédérales de 1960, de 1961, de 1962, de 1964 (deuxième secrétaire), de 1965. La conférence fédérale des 26-27 novembre 1960, après l’avoir maintenu comme membre du secrétariat fédéral, décida qu’il deviendrait un des permanents de la Fédération du Var du PCF, décision qui intervenait alors qu’il était menacé de licenciement aux chantiers.

Maurice Paul se maria exclusivement civilement en octobre 1953 à La Seyne avec une apprentie couturière d’origine italienne, née à Venise. Son beau-père, militant communiste italien, émigré politique, travaillait comme charpentier aux Forges et chantiers. Selon Paul, en 1956, son épouse et son père étaient des sympathisants communistes. Ils eurent deux filles qui ne reçurent pas les premiers sacrements religieux.

Maurice Paul devint conseiller municipal de La Seyne. Avec le système des listes bloquées pour la désignation des édiles, il figurait sur la liste d’ "Union républicaine de défense des intérêts communaux et de défense des réalisations sociales", élue le 8 mars 1959, avec 7 677 voix sur 14 171 suffrages exprimés. Membre du secrétariat fédéral depuis la conférence fédérale des 26-27 novembre 1960, avec la responsabilité de l’organisation, il commença à suivre de près les difficultés posées à la direction fédérale et au Parti communiste par l’attitude du maire de La Seyne Toussaint Merle. Aux questions personnelles, s’ajoutaient une gestion jugée autoritaire, une indépendance affichée par rapport aux instances locales du Parti, les conséquences de réactions diverses des communistes varois par rapport à la dénonciation du culte de la personnalité dans une atmosphère d’isolement politique des premières années de la Cinquième République. Après que Merle eut renouvelé sa proposition de démissionner en 1960, la direction du Parti cherchait la solution qui pourrait renforcer son contrôle à La Seyne. La présence de Paul pouvait être un élément de cette tactique.

Après la réunion des 81 partis communistes, fut organisée une école léniniste internationale à Moscou s’adressant à des cadres désignés par les différents partis. Six militants français participèrent à l’école de six mois, dont Maurice Paul, sur décision du secrétariat du Parti, le 3 juillet 1962. De novembre 1962 à avril 1963, il suivit les cours de philosophie marxiste, d’histoire du mouvement ouvrier internationale, d’économie politique. Le contact avec d’autres élèves lui parut le plus enrichissant en dépit du barrage de la langue. S’ajouta un voyage d’études en Asie centrale.

Quand Paul revint dans le Var, son autorité politique se renforça dans le secrétariat fédéral. Ce qui ne signifiait pas qu’elle était unanimement reconnue. Tirant la leçon de la conférence fédérale de juin 1964, l’envoyé du Comité central indiquait dans son rapport :

"Je pense qu’il faudrait que les membres de la direction fédérale élus à la mairie de La Seyne fassent plus d’efforts pour participer à la direction de la municipalité, et que, d’autre part, on aide le camarade Paul Maurice, membre du secrétariat fédéral, à jouer un rôle plus important à La Seyne".

Dès lors s’annonçaient des modifications dans l’affectation des cadres qui mirent deux ans à prendre corps. Se posait en effet la question du remplacement de François Golési au poste de premier secrétaire. Parmi les possibles, figurait Paul mais le dirigeant chargé de suivre la fédération du Var, Jean Capiévic, se montrait hésitant : "la proposition semble valable mais j’avoue ne pas être personnellement en mesure de donner déjà une opinion sûre." (rapport après la réunion du comité fédéral, 20 novembre 1964). Paul fut maintenu parmi les quatre membres du secrétariat fédéral, chargé de l’organisation, où entra Louis Puccini*, secrétaire de la section communiste de La Seyne, qui apparut comme une autre possibilité pour la responsabilité de premier secrétaire. Le 25 mars 1966, la conférence fédérale déchargea Paul de ses fonctions au secrétariat fédéral afin qu’il puisse se consacrer uniquement au secrétariat de la section de La Seyne et à ses mandats électifs. Toutefois, selon le rapport envoyé au comité central, il était convenu qu’il continuerait "à seconder" le nouveau secrétaire à l’organisation, Vincent Antonio. Il s’agissait de "préparer un camarade au remplacement" du maire qui renouvelait sa proposition de démissionner, proposition qui ne convenait pas dans l’immédiat à la direction du Parti puisque sa succession n’était pas assurée. Depuis 1965, pour renforcer la présence du Parti communiste dans les Forges et chantiers de la Méditerranée, la principale entreprise de la ville, une section fut créée. Cette naissance, qui affaiblissait le poids du secrétaire de la section communiste de la ville, fut à l’origine de difficultés croissantes dans la vie locale du Parti et Paul, bien qu’ancien militant des chantiers, ne fut pas épargné, plus tard, par les critiques de ses anciens camarades de travail.

Quand se posa, à la fin de 1966, la question des candidatures aux élections législatives prochaines, le bureau fédéral du Parti communiste consacra une longue discussion à propos des candidatures dans la quatrième circonscription (Toulon-La Seyne). Le candidat habituel Toussaint Merle était en situation délicate. Certains membres du bureau rejetèrent l’hypothèse de sa candidature. Maurice Paul, au contraire, la défendit en avançant l’intérêt de présenter un élu local, bien implanté, face aux Toulonnais, d’autant que Merle semblait corriger ses erreurs passées en contribuant au "travail collectif de la municipalité". Cette opinion l’emporta. Se posa alors la question de son suppléant. Certains militants avancèrent l’idée que Paul s’imposait et que cela faciliterait la solution de la question seynoise. Paul au contraire proposa Danielle Colonna (voir Danielle Demarch) alors que cette dernière avait donné son accord pour que le suppléant soit Paul. Finalement elle fut désignée.

Paul fut réélu conseiller municipal sur la liste d’ "Union républicaine de défense des intérêts communaux de réalisations sociales pour l’élimination du pouvoir personnel, pour la démocratie" qui réunissait, le 14 mars 1965, 9 387 voix sur 17 161 suffrages exprimés, année où s’ajoutèrent à la majorité communiste et à ses alliés démocrates et francs-maçons, des responsables de l’Action catholique ouvrière. Cinquième adjoint au maire, délégué aux travaux, il joua un rôle dans la solidarité municipale pour la défense des travailleurs des chantiers navals. L’activité des dirigeants de la municipalité de La Seyne prit une allure plus conforme aux désirs du Parti. Merle fut élu député aux élections législatives de 1967. Il avait été choisi alors que d’autres solutions, notamment une candidature de Paul, pouvait être envisagée. A diverses occasions par la suite, Paul se plaignit de ne pas avoir été choisi comme suppléant auprès des dirigeants du Parti de ce qu’il jugeait comme une éviction. Lors de la conférence fédérale de 1968, confirmé comme membre du bureau fédéral, Paul reçut la responsabilité de suivre les élus communistes dans les municipalités et au Conseil général. Toutefois depuis 1968, cinquième adjoint au maire, il obtenait la délégation des travaux.

Merle cumulait les mandats de maire, de conseiller général et de député. Le Parti envisagea de le remplacer au Conseil général par Paul. Merle émit des réserves appuyées sur cette décision mais accepta à la demande du Parti, d’aider Paul dans sa campagne. Au premier tour, le 24 septembre 1967, avec 8 030 voix 34 023 inscrits, celui-ci progressait de plus de mille voix par rapport à l’élection précédente et l’emportait nettement, le dimanche suivant, avec 11 001 voix sur 34 022 inscrits et 18 380 suffrages exprimés. Il entra alors à la commission départementale et à la commission des finances. On lui confia la présentation du rapport introductif lors de la journée d’études des élus communistes du Var, le 30 janvier 1969. A partir de 1970, toujours membre de la commission départementale, il siégeait désormais dans la deuxième commission (Travaux publics, bâtiments départementaux, vicinalité). Alors que le canton se réduisait à la seule commune de La Seyne, reconduit en 1973 et en 1979, dès le premier tour, il était maintenu dans les mêmes commissions. Sa présence à la commission départementale montrait le rôle joué par cet élu communiste dans une majorité de gauche. Obtenant le 10 mars 1985, 6 340 voix et 8 844 voix au deuxième tour, battu de cinq voix par le nouveau maire de droite Charles Scaglia, quelques mois plus tard, après un recours introduit auprès du Tribunal administratif, il retrouva son siège avec 600 voix d’avance. Il le conserva à la suite d’élections triangulaires aux deuxièmes tours de 1991 et de 1997.

Le décès de Toussaint Merle en 1969 précipita les difficultés. Dans un premier temps, le dirigeant communiste marseillais Georges Lazzarino, avec le bureau fédéral, en présence de Paul, avancèrent une solution sans consulter les deux sections seynoises : le premier adjoint Philippe Giovannini, bien que malade, deviendrait maire et Marius Autran serait premier adjoint avant de devenir maire après les élections de 1971. Ces choix eurent l’accord de la section des chantiers mais se heurtèrent au refus de la section ville qui souhaitait que Paul soit désigné comme maire ou comme premier adjoint dès maintenant. Autre difficulté, Autran refusa la promotion qui lui était offerte. Aussi, François Billoux, membre du Bureau politique, qui suivait l’évolution, tout en reconnaissant que le bureau fédéral avait eu tort de ne pas consulter les dirigeants seynois, fut-il convaincu par Lazzarino qu’il fallait garder des distances avec Paul. Il donna son accord avec la voie ouverte et Giovannini devint maire tout en demandant à Paul de se consacrer exclusivement à son mandat départemental, à sa responsabilité au secrétariat de la section communiste et à la tâche de premier adjoint. Deux ans plus tard, aux élections municipales, le même dispositif était reconduit alors que Billoux pensait que la solution imaginée en 1969 ne pouvait être que de courte durée. Se posa ensuite la question du choix du candidat aux élections législatives de 1973. Giovannini, désigné alors que son état de santé demeurait précaire, eut comme suppléante à nouveau Danielle Demarch (ex-Colonna). Élu, il fut régulièrement absent à l’Assemblée nationale. Paul, pendant les nombreuses hospitalisations du député-maire, fut mis à plusieurs reprises à contribution pour le représenter. Ces choix furent ressentis dans l’opinion comme une volonté de barrer la route à Paul. La tension, restée longtemps connue des seuls communistes responsables, se répandit dans la ville. La presse s’en faisait l’écho, des dénonciations s’affichèrent sur les murs, les communistes même se divisèrent, certains affichant une hostilité ouverte à Paul, d’autres prenant nettement son parti.

Dans les organismes dirigeants de la fédération communiste, Paul fut reconduit régulièrement comme membre du bureau fédéral en 1968, 1970, 1971, 1972, 1974, 1976, 1977, 1979. Non réélu au bureau fédéral en 1982, il resta membre du comité fédéral en 1982, 1985, 1987, 1990 et ne fut pas réélu dans cette instance lors de la conférence fédérale du 16 janvier 1994.

Pour les élections municipales de 1977, la liste d’union de la gauche, à nouveau conduite par Giovannini, l’emporta avec 14 259 voix sur 33 171 inscrits et 23 281 suffrages exprimés. Mais le nouveau premier adjoint fut Maurice Blanc, nouvelle mise à l’écart de Paul, relégué au poste de deuxième adjoint. Selon son témoignage, il aurait refusé le poste de premier adjoint, mais il est possible que le refus n’ait été prononcé qu’après le 16 mai 1978, où Giovannini estimait le moment venu de passer le siège de maire à Blanc. Le secrétariat fédéral accepta et annonça que Paul "redeviendra premier adjoint", ce qui ne se fit pas. Il resta deuxième adjoint.

En 1983, la liste de gauche conduite par Blanc obtint 12 965 voix sur 37 120 inscrits et 26 595 suffrages exprimés et fut battue au deuxième tour. Après l’annulation du scrutin, la liste conduite par Blanc fut défaite. Paul demeura conseiller municipal d’opposition. En 1989, il conduisait la liste d’union de la gauche qui arriva en deuxième position lors du deuxième tour où trois listes s’affrontaient.

En 1995, aux élections municipales, la même situation se répéta mais cette fois la liste de large union conduite par Maurice Paul l’emportait à l’issue d’une quadrangulaire. Pour tenir compte de la prééminence communiste, bien que les communistes soient en minorité, ils conservaient les postes de maire et de premier adjoint. Ce dernier, qui était aussi le secrétaire de la section communiste, et d’autres élus de diverses appartenances, ne tardèrent pas à s’opposer au maire et à la majorité de la liste. Un groupe communiste d’opposition municipale animé par l’ancien premier adjoint entré en dissidence, ne tarda pas à se constituer, rendant la majorité de Paul peu assurée. De toutes façons, la situation municipale était difficile. La fermeture des chantiers navals réduisait les rentrées financières et créait une ample question de l’utilisation des terrains libérés. Les finances de la ville avaient été obérées par la gestion des deux municipalités de droite. Néanmoins la municipalité de La Seyne apparaissait au grand jour comme l’espoir d’une gauche départementale traumatisée par l’accession du Front national à la direction de la municipalité voisine de Toulon. Après avoir affirmé, lors de son élection, que le Parti communiste devait, de nos jours, se montrer différent du passé, Paul apparut de nouveau comme un dirigeant local du PCF qui de plus avait conservé ses mandats électifs en dépit de l’affaiblissement du potentiel électoral communiste. Il assurait depuis une dizaine d’années, le secrétariat d’une cellule dynamique du quartier populaire de la cité Berthe.

Son action municipale contribua à un redressement des finances de la ville passant notamment pas la réduction de son endettement. La Seyne figurait, en 1999, parmi les cinquante communes retenues dans les Grands Projets de ville, seule cité avec Marseille dans la région. Paul, de plus, faisait partie des personnalités proposées pour siéger au Conseil national du PCF lors du congrès de mars 2000, mais il ne fut pas retenu. Au même moment, la presse locale et nationale accordait une très grande place aux dissensions internes des communistes seynois où le groupe le plus fort soutenait la municipalité et son maire. Au fur et à mesure que les échéances électorales se rapprochaient, il devint évident que le rassemblement des forces de gauche ne pourrait se faire comme en 1995. Très tôt les communistes minoritaires annoncèrent qu’ils formeraient une liste avec d’autres forces se classant à gauche et qu’ils n’hésiteraient pas à appeler à voter pour que Paul ne soit pas réélu. Finalement neuf listes sollicitaient les suffrages des électeurs, le 11 mars 2001. Paul conduisait la "liste de la gauche plurielle. Pour La Seyne, gardons le cap !". Il se réclamait de son bilan et lançait quatre mots d’ordre "parité, proximité, renouvellement, engagement". Elle réunissait 4 798 voix sur 39 860 inscrits et 21 012 suffrages exprimés (première position). Mais les abstentions dépassaient 45 %. Plusieurs dirigeants de la liste où figuraient les autres communistes, dite "de la gauche singulière", appelèrent à voter pour le candidat de droite Arthur Paecht. Pourtant dans la triangulaire du second tour, si la liste de Paul était battue, elle progressait jusqu’à 7 372 voix sur 23 526 suffrages exprimés. Avec six autres candidats de sa liste, Maurice Paul devenait conseiller municipal minoritaire, situation qu’il avait déjà connue. Il démissionnait peu après.

Au Conseil général, à la fin des années 1990, Maurice Paul siégeait toujours dans la commission permanente. Il faisait partie de la commission des finances et de l’administration générale. En outre il participait à diverses instances comme titulaire (comité départemental du tourisme, commission locale d’insertion, syndicat des communes du littoral varois, conseil d’administration du service départemental d’incendie et de secours, comité d’habitat et d’aménagement rural, comité d’aide à la construction, commission d’aide sociale) et comme suppléant (comité des retraités et personnes âgées, comité du réseau natura 2000). Il ne se représenta pas en 2003 et ne donna aucune consigne de vote.

Comment résumer l’activité, souvent controversée, de Maurice Paul ? La conclusion de l’article de Var-matin après sa défaite aux élections municipales paraît la caractériser : "La gauche seynoise se cherche maintenant un nouveau leader. Peu d’hommes aujourd’hui paraissent avoir l’envergure de Maurice Paul pour tenir ce rôle".

Maurice Paul et son épouse habitaient à Sanary (Var). Il entra dans la maison de retraite du Cap Cépet à La Seyne. Le 23 juin 2021, l’Humanité, dans son carnet, annonçait son décès. Lors de ses obsèques au crématorium, le 24 juin, le secrétaire de la fédération communiste du Var lui rendit hommage.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148098, notice PAUL Maurice, Claude, Roger par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 juillet 2013, dernière modification le 30 juin 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. mun. La Seyne. — Archives du comité national du PCF. — Documentation du Conseil général du Var. — Presse locale. — Sources orales. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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