OZIL Jules, Alcide

Par Gilles Morin, François Prigent

Né en 1889 à Alès (Gard), mort le 9 février 1964 à Saint-André-de-Valborgne (Gard) ; entrepreneur ; militant SFIO puis PSU, maire SFIO puis PSU de Saint-André-de-Valborgne (1944-1964), conseiller général SFIO puis PSU de Saint-André-de-Valborgne (1949-1964) ; résistant (AS).

Originaire de la région d’Alès, Jules Ozil était un petit entrepreneur. Dès 1921, il mit en place un service d’autobus reliant Alès, Saint-Jean-du-Gard et Saint-André-de-Valborgne notamment.

Dès les années 1930, Jules Ozil militait à la SFIO, tout en étant investi dans les filières laïques locales.

Impliqué localement dans la résistance, il fut, à partir du printemps 1942, l’un des responsables du mouvement Combat (puis des MUR) et de l’Armée Secrète du canton de Saint-André-de-Valborgne, puis des maquis (AS) du Gard et de la Lozère. Avec Marceau Lapierre, il fut, à ce titre, l’un des animateurs du comité de Saint-Jean-du-Gard. En avril et en mai 1944, il s’opposa énergiquement à Jean Capel alias "commandant Barot", chef du grand maquis Bir Hakeim (AS). Le 3 mai, avec ses pairs réunis le 3 mai 1944 à la ferme de la Glanière dans la vallée Longue (Lozère), il intima à Capel l’ordre de quitter les Cévennes avec ses hommes. Il lui reprochait en outre (et à tort) d’être membre de l’Action française. Capel (membre du PC clandestin qui ne faisait pas état de son affiliation) lui rétorqua : "Quand vous saurez ce que je suis, vous en tomberez de cul". Toujours avec Marceau Lapierre, il participa à la mise en place du maquis (AS) d’Aire de Côte (commune Bassurels, Lozère).

Ami personnel de Jean Bastide, il était lié avec le pasteur Hermé. Président du Comité local de Libération, il fut nommé maire de Saint-André-de-Valborgne en 1944. Élu maire SFIO en 1945, il devint également conseiller général à 60 ans en 1949, prenant la suite de Fernand Borgne, déporté, maire de Saumane, élu en 1945.

Constamment réélu dans ses deux mandats jusqu’à son décès en 1964, Jules Ozil faisait partie des élus SFIO qui appelèrent à voter Non au référendum de 1958, avant de rejoindre le PSA puis le PSU dans le sillage de Robert Gourdon et Jean Bastide.

A sa mort, Jules Ozil fut remplacé à la mairie de Saint-André de Valborgne par Paul Blanc puis par Roger Atger (agriculteur, né en 1927), conseiller municipal (1959-1979) puis maire socialiste (PSU puis FGDS-PS) et conseiller général entre 1979 et 2004.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148181, notice OZIL Jules, Alcide par Gilles Morin, François Prigent, version mise en ligne le 3 août 2013, dernière modification le 13 mars 2018.

Par Gilles Morin, François Prigent

SOURCES  : Arch. Nat., F/1cII/305, 309, 440, 703 ; F/1cIV/152, 157. - Archives de l’OURS, dossiers Gard. — Arch. Marc Heurgon, dossiers Gard. — Le Monde . — Tribune socialiste, 10/6/1961, 21/3/1964. — Jean Bastide, Profession de foi d’un enfant du siècle, Pont-Saint-Esprit, La Mirandole, 1995. — René Maruéjol, Aimé Vielzeuf, Le maquis Bir Hakeim, nouvelle édition augmentée, préface d’Yves Doumergue, Genève, Éditions de Crémille, 1972, 251 p. [en particulier, pp. 120-121]. — Mairies d’Alès et de Saint-André-de-Valborgne. — Entretien avec Roger Atger. — Notes d’André Balent.

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