PAYAN René, Jean

Par Gérard Leidet

Né le 26 avril 1921 à Vinon (Var), mort le 10 novembre 2010 à Marseille (Bouches-du-Rhône)  ; manœuvre, ouvrier forestier, cheminot SNCF, ouvrier puis chef d’équipe (industrie chimique)  ; militant communiste (1947-2010), conseiller municipal puis adjoint au maire de Septèmes-les-vallons (Bouches-du-Rhône) de 1965 à 1977, syndicaliste CGT.

René Payan
René Payan
Vente de masse de l’Humanité et l’annonce de la projection de "La terre fleurira", avril 1955 (René Payan est le premier à gauch

René Payan naquit à Vinon mais la famille s’installa à Septèmes-les-vallons (Bouches-du-Rhône) lorsque l’enfant avait à peine trois jours. Son père Raoul Payan était conducteur de train au PLM puis à la SNCF, sa mère, Marthe Maule s’occupait du foyer. Après avoir fréquenté l’école communale de Septèmes puis le lycée Mignet à Aix, René Payan titulaire du brevet élémentaire exerça plusieurs métiers dès 1941 : manœuvre, ouvrier forestier avant d’être réquisitionné à Marseille (un des premiers contingents) pour le STO en Allemagne entre mars 1943 et avril 1945. A la libération, René Payan fut auxiliaire d’équipe SNCF avant de se fixer comme ouvrier puis chef d’équipe de fabrication des industries chimiques à l’usine Duclos-SCPA Alumineux de Septèmes entre 1946 à 1981. Après avoir adhéré à la CGT en 1945, il rejoignit le parti communiste deux ans plus tard en 1947, comme c’était souvent le cas dans cette période de l’immédiat après-guerre. Délégué syndical CGT dans son usine, René Payan, compléta sa formation politique en suivant l’école fédérale (Bouches-du-Rhône) du Parti en 1948. A ce titre il milita dans les rangs du Parti communiste de façon intense : diffuseur efficace de Rouge Midi, de l’Humanité- Dimanche, puis de La Marseillaise à Septèmes et dans les villages ou quartiers environnants (Notre-Dame Limite, Cabriès, Simiane), de La Vie Ouvrière sur son lieu de travail, il fut dans les années 1950, l’un des premiers animateurs puis le secrétaire de la cellule du centre de Septèmes, baptisée plus tard Robert Giudicelli*, secrétaire de la section de Septèmes pendant la guerre d’Algérie, enfin membre très actif de la fédération des Bouches du Rhône du PCF.

René Payan fit partie de la première municipalité communiste de Septèmes qui au milieu des années 1960 prit le relais de la vieille implantation socialiste sur la commune incarnée quatre décennies durant, si l’on excepte la période du Gouvernement de Vichy, par les maires (SFIO) successifs : Pierre Tramoni* (1925-1931), Elie Corradi* (1931-1941 puis 1944-1951), Baptistin Raphaël (1951-1960), Raoul Oreille (1960-1965), sans oublier Gaston Durbec* élu en mai 1931 premier adjoint de Élie Corradi. Il rejoignait ce-faisant l’équipe formée autour de François Césari puis de Marc Ferrandi*, d’abord comme conseiller municipal (1965-1971) puis comme maire-adjoint (1971-1977). René Payan personnifia alors avec d’autres militants-communistes, socialistes, chrétiens sociaux… cette génération militante qui dans les années 1960 permirent la modernisation de Septèmes en tentant d’articuler justice sociale, valeurs républicaines et « construction d’une société meilleure » -le socialisme démocratique - alternative au Gaullisme (c’étaient les années précédant le Programme commun de la Gauche).

A côté de sa fonction d’élu, René Payan fut très impliqué dans le tissu associatif local et départemental. Il fut de ceux qui créèrent en 1954, lors du quarantième anniversaire de la Grande guerre, la section septémoise de l’ARAC et il militait dans de nombreuses associations plus ou moins proches du Parti communiste (Amis de la Résistance, France-URSS, France–Espagne, association Kalliste (Corse), comité septémois pour la paix, Secours populaire).

Homme de convictions, militant autodidacte (lecteur attentif des « classiques du Marxisme ») ferme sur les principes mais à l’esprit ouvert et curieux, René Payan jouissait dans sa commune d’une popularité jamais démentie, bien au-delà du cercle des militants. Membre du syndicat de chasse de Septèmes (il était Garde-chasse assermenté depuis 1964) ce militant, « méridional » par bien des aspects, apparaissait toujours enraciné dans son terroir par un rapport très fort à la nature et à ses chères collines provençales qui entourent Septèmes. René Payan était par ailleurs très attaché à la langue provençale dont il fut longtemps un des derniers locuteurs à « Seteme » comme il se plaisait à le dire ; à ce titre il était membre des Amis de Mesclun (association de langue et de culture provençale).

René Payan avait épousé en 1958 Pierrette Raymonde Reineri, née le 24 janvier 1925 à Marseille, mère au foyer et militante communiste décédée à Septèmes le 4 mai 1990.

Peu de temps après la mort de René Payan un hommage public lui fut rendu, organisé par la section « Septèmes-Cabriès-les Pennes Mirabeau » du PCF, le 5 février 2010, en présence du maire de Septèmes-les-vallons, André Molino (fils de Lucien Molino*).

L’Espace « seniors et restauration municipale » créé en 2013 à Septèmes-les-vallons porte le nom l’Oustau (la maison, l’hôtel) René Payan.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148238, notice PAYAN René, Jean par Gérard Leidet, version mise en ligne le 9 août 2013, dernière modification le 12 août 2013.

Par Gérard Leidet

René Payan
René Payan
Vente de masse de l’Humanité et l’annonce de la projection de "La terre fleurira", avril 1955 (René Payan est le premier à gauch
1er mai 1968
1er mai 1968
Conseil municipal de Septèmes, 1965 ; Payan est au 1er rang, le deuxième en partant de la droite ; Marc Ferrandi, est au 1er rang au centre
Conseil municipal de Septèmes, 1965 ; Payan est au 1er rang, le deuxième en partant de la droite ; Marc Ferrandi, est au 1er rang au centre
René Payan (au centre), défilé du 8 mai 1971
René Payan (au centre), défilé du 8 mai 1971

SOURCES : Entretien (mars 2013) et réponse au questionnaire de la fille du militant, Jacqueline Cassé-Payan. - Archives de la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF. - Archives municipales, Septèmes-les-vallons. - Notes de Patrick Magro. – Septèmes, entre mémoire et avenir, ed Centre culturel Aragon, Septèmes-les-vallons, 2009. – Le Septémois, bulletin municipal, décembre 2010-janvier 2011. – La Marseillaise, jeudi 18 novembre 2010.

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