NOUVELLON Auguste dit Pacemulo

Par Rolf Dupuy

Né le 26 mai 1889 à Sars Poteries (Nord), mort le 30 juillet 1953 à Oran ; ouvrier verrier puis photographe ; anarchiste individualiste, pacifiste et espérantiste d’Oran (Algérie).

Auguste Nouvellon naquit dans le Nord, fils de Louis Auguste, matelassier, et de Catherine Martin, ménagère. Il y fut dès ses jeunes années militant syndicaliste et compagnon du Tour de France comme ouvrier verrier.
Il se maria le 24 février 1913 à Choisy-le-Roi (Seine) avec Antoinette Louise. Gouget.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale et devenu anarchiste individualiste après 7 années sous les drapeaux, il se réfugia en Espagne en Catalogne et surtout dans la région d’Alicante où il travailla comme photographe.

Nouvellon, qui s’intéressait également à l’apiculture et était un végétarien convaincu, fut entre les deux guerres l’un des correspondants du journal L’En Dehors d’E. Armand. En décembre 1937, il écrivait depuis Alicante à ce dernier : "c’est toujours réconfortant de recevoir l’En et j’espère que tu ne me priveras pas de cette nourriture indispensable pour moi pour quelques sous que je te dois. La grande guerre me révéla à l’individualisme et celle ci me confirme chaque jour qu’il n’existe point de salut en dehors de cette philosophie ; celle qui vient, la grande guerre scientifique, enterrera toutes les idéologies et démontrera sans doute que seuls les anarchistes avaient raison. J’entends par anarchistes les individualistes et ne conçois pas d’autre anarchisme". (lettre déposée au Fonds E. Armand, IFHS).

À la fin de la guerre d’Espagne, il parvint à gagner Tanger au Maroc, puis l’Algérie où il allait s’établir à Oran.

Dans une autre lettre à E. Armand, datée de Tanger en novembre 1939 il évoquait la "grande tristesse et le déchirement" avec le fait qu’il avait dû brûler, sans doute à la fin de la guerre d’Espagne, tous "les journaux qu’il gardait depuis 20 ans". (Fonds E. Armand, IFHS))

Auguste Nouvellon dit Pacemulo, qui habitait 9 rue Ténés, était en 1946 le président du groupe pacifiste libertaire « Athénée science et nature » d’Oran où il était le responsable des cours d’espéranto. L’Athénée rassemblait militants français et espagnols. Il était également le correspondant local de l’organe individualiste L’Unique d’E. Armand. En 1950 il interrogeait E. Armand sur les conditions de prescription pour un camarade déserteur de la guerre de 1914 qui, comme d’autres compagnons dans le même cas, avait encore des problèmes avec l’autorité militaire plus de trente ans après la fin de la guerre. A cette même époque il soutenait et diffusait également le journal Contre Courant de L. Louvet.

Auguste Nouvellon est mort à Oran le 30 juillet 1953 après une courte maladie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148544, notice NOUVELLON Auguste dit Pacemulo par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 16 septembre 2013, dernière modification le 16 septembre 2013.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : Ce Qu’il Faut Dire, année 1946. — Contre Courant, année 1952 & 5 octobre 1953. — L’Unique, année 1946. — Iconogr. & précisions apportées par sa petite fille (Février, mars & novembre 2011. — Fonds E. Armand, IFHS. — État civil.

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