BEDJAÏ Alexis, Zacharie dit Marc Chavannes

Par Daniel Grason

Né le 10 février 1907 à Orléansville (El-Asnam après l’Indépendance, Algérie), mort le 20 avril 1945 à Dachau (Allemagne) ; ajusteur ; militant communiste ; résistant.

Dès juillet 1934 Alexis Bedjaï était connu de la police, il fit l’objet d’un rapport des Renseignements généraux pour son activité au sein de la section communiste du XIXe arrondissement de Paris, il était également militant syndicaliste CGT. Pendant la guerre, il demeurait 84 rue de Pixérécourt dans le XXe arrondissement, était ajusteur dans la métallurgie.
Il poursuivit son action militante dans la Résistance au sein du Parti communiste, en 1943, il devint responsable technique de la région P7. L’arrestation de Pierre Errard le 11 avril 1943 provoqua sa chute et celle d’Alphonse Verplaetse le 13 avril en gare de Sartrouville (Seine-et-Oise, Yvelines) par trois inspecteurs de la BS1. Il portait sur lui des documents sur son activité, il fut interrogé dans les locaux des Brigades spéciales.
Incarcéré, il comparut le 18 décembre 1943 devant la Section spéciale du Tribunal d’État, fut condamné à deux ans de prison et mille deux cents francs d’amende pour infraction au décret- loi du 26 septembre 1939. Livré aux allemands, Alexis Bedjaï était le 18 juin 1944 dans le convoi de deux mille cent trente-neuf prisonniers à destination de Dachau (Allemagne).
Il fut affecté au Kommando d’Allach créé le 17 mai 1944, les détenus travaillaient pour l’entreprise BMW et différents chantiers de l’organisation Todt. Il travailla au camp de travail de Landsberg, l’un des plus grands et des plus meurtrier, 28 838 détenus y travaillèrent, plus de la moitié y moururent. Alexis Bedjaï matricule 73074 réintégra Dachau à une date inconnue, il y mourut le 29 avril 1945, le lendemain le camp était libéré par l’armée américaine.
Son épouse témoigna le 11 juin 1945 devant la commission d’épuration de la police. Elle porta plainte contre les inspecteurs qui procédèrent à son arrestation et qui étaient de fait les responsables de sa mort. Elle accusa des policiers qu’elle ne put nommer de l’avoir frappé au cours de son interrogatoire.
Alexis Bedjaï a été homologué membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Le nom d’Alexis Bedjaï figure sur la plaque commémorative à l’intérieur de la Bourse du travail de Paris rue du Château d’Eau : « À la Mémoire des dirigeants de Syndicats tombés dans les combats contre le nazisme pour la libération de la France » avec cette épitaphe de Paul Éluard : « Lorsqu’on ne tuera plus ils seront bien vengés et ce sera justice ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148627, notice BEDJAÏ Alexis, Zacharie dit Marc Chavannes par Daniel Grason, version mise en ligne le 31 août 2013, dernière modification le 5 février 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. PCF carton 8 activité communiste pendant l’Occupation, KB 34, KB 55 – Bureau Résistance GR 16 P 43020. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – JO n° 055 du 04/03/2012 page 4113. – Site Internet GenWeb.

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