RENARD Roland, François

Par Jacques Girault Tony Legendre Frédéric Stévenot

Né le 30 juin 1939 à Saint-Quentin (Aisne) ; surveillant d’externat, puis secrétaire de mairie ; militant communiste de l’Aisne puis « Initiative démocrate de gauche » ; député ; conseiller régional ; conseiller général ; maire de Montescourt-Lizerol.

Fils d’Adrien Renard, employé, devenu député communiste (1945-1958) de l’Aisne, Roland Renard grandit à Roanne (Loire), ville natale de son père, où sa famille était évacuée. Il revint à Saint-Quentin à l’automne 1944, au moment où son père était désigné pour faire partie de la commission municipale de la ville, sous la présidence du communiste Émile Pierret.

Roland Renard fréquenta l’école Paringault puis le lycée Henri-Martin, où il obtint la première partie du baccalauréat en 1958. Surveillant d’externat, il effectua son service militaire dans une unité de dragons à Noyon (Oise), avant d’être envoyé en Algérie (novembre 1960-novembre 1962), affecté à Beni Ourtilane, en Kabylie. Il devait animer par la suite la section départementale de la Fédération nationale de anciens combattants d’Algérie.

A son retour à la vie civile, Renard devint surveillant au lycée technique de Saint-Quentin jusqu’en 1966. Il adhéra alors au Syndicat national de l’enseignement technique. Puis il s’engagea dans la carrière du secrétariat de mairie à Montescourt-Lizerolles, dont le maire était communiste. Il resta à ce poste jusqu’en 1973, année de son élection comme député de l’Aisne.

Renard, déclaré toujours comme surveillant d’internat, se maria en décembre 1959 avec Josette, Angèle Guézon, sténo-dactylo devenue aide radiologiste, militante communiste, fille d’une ouvrière du textile et d’un ouvrier, décédé à son retour en France des suites de sa déportation en Allemagne.

Membre des Jeunesses communistes en 1953, Renard adhéra au Parti communiste français en 1956 à Saint-Quentin et devint au début des années 1960 secrétaire de la section communiste de Saint-Quentin. Il entra au comité et au bureau de la fédération communiste en 1964 et y resta jusqu’en 1985 après avoir exprimé des désaccords avec la ligne politique. Il suivit les cours de l’école centrale du PCF en juillet 1964.

Renard fut l’objet d’une divergence forte avec certains dirigeants, dont François Hérédia de la fédération qui l’accusaient, à la fin des années 1970, alors qu’il présidait l’Association départementale des élus communistes et républicains, d’avoir bénéficié d’avantages lors de la construction de sa maison. La campagne cessa après une intervention de la direction du PCF.

En rupture avec le PCF, il le quitta en 1989. En 1992 avec d’autres dissidents communistes et divers militants de gauche, Renard fonda le groupe « Initiative démocrate de gauche » dont le but était de « dépasser les anciens clivages et les vieilles certitudes pour engager le pays sur un nouveau rassemblement ».

Renard fut candidat communiste aux élections législatives de 1967 dans la quatrième circonscription (La Fère-Chauny). Il obtint successivement 13 027 et 20 612 voix sur 53 687 inscrits. A nouveau candidat en 1968, il fut battu dès le premier tour (11 374 voix sur 53 652 inscrits. Candidat communiste en 1973, il obtint 13 473 voix sur 56 399 au premier tour et fut élu le dimanche suivant face au sortant Albert Catalifault (UDR), avec 23 699 voix, soit plus de mille voix que le total des candidats de gauche qui s’étaient désistés pour lui. Il entra à la commission des lois, présidée par Jean Foyer. Il conserva son siège en 1978 (13 473 puis 18 942 voix sur 63 608 inscrits) et en 1981, il devient membre de la commission des affaires sociales et familiales, et secrétaire de l’Assemblée nationale. Il ne se représentait pas en 1986, le PCF ayant désigné Daniel Le Meur, maire de Saint-Quentin.

Roland Renard fut à nouveau candidat communiste aux élections législatives de 1988, dans la quatrième circonscription de l’Aisne (Soissons) redécoupée. Il se désista en faveur de Bernard Lefranc, député socialiste sortant et ancien maire de Soissons, qui conserva son siège. De 1997 à 2002, il fut le suppléant de la socialiste Odette Gzregrzulka, élue députée dans la deuxième circonscription de l’Aisne (Saint-Quentin).

En novembre 1966, à l’occasion d’une élection partielle provoquée par le décès du communiste Étienne Mansart, Roland Renard fut élu conseiller général du canton de Saint-Simon (Aisne). Membre de la commission des affaires sociales puis de la commission de l’équipement, il conserva son siège par la suite. Sous la présidence d’André Godart, indépendant, il fut élu vice-président du Conseil général de 1982 à 1985. En 1998, la gauche redevint majoritaire à l’assemblée départementale, et il fut élu deuxième vice-président, chargé du logement et de l’habitat, fonction qu’il ne cessa d’occuper.

Roland Renard fut conseiller régional de 1977 à 1992.

Renard devint maire de Montescourt-Lizerolles en 1989 ; il a été réélu en mars 2008 dès le premier tour (59,7 % des suffrages exprimés) face au divers droite Sylvain Van Heeswyck (29,2%) et au FN Jean-Jacques Poulet (11,08%).. Il fut le fondateur de la communauté de communes de Saint-Simon, qu’il présida par la suite. En mars 2014, sa liste fut élue au premier tour sans concurrence ; Roland Renard resta donc au Conseil communautaire.

Renard présidait le mouvement qui appela à voter pour le candidat socialiste lors de l’élection présidentielle de 2012.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148684, notice RENARD Roland, François par Jacques Girault Tony Legendre Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 5 septembre 2013, dernière modification le 31 mai 2017.

Par Jacques Girault Tony Legendre Frédéric Stévenot

SOURCES : Arch. dép. Aisne, Délibérations du Conseil général de l’Aisne (1945-1998). — Arch. comité national PCF. — Presse nationale

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