BRÈS Marceau, Casimir

Par Pierre Bonnaud

Né le 16 octobre 1911 à Laval-Pradel (Gard), mort le 29 juin 1998 à Villeneuve-de-Berg (Ardèche) ; chauffeur SNCF puis employé aux Ponts-et-chaussées ; interné politique en 1940, résistant FTP ; syndicaliste CGT dans l’Ardèche et dans la Drôme ; membre du comité fédéral du PCF de l’Ardèche puis de la Drôme ; maire-adjoint de Montélimar en 1977.

Frère cadet de Henri Brès (voir ci-dessus), Marceau Brès était devenu chauffeur à la SNCF en 1940. Arrêté comme son frère le 11 décembre 1940, libéré le 15 février 1942, il revint au Teil où il renoua assez rapidement avec le PCF : son épouse et sa belle-sœur n’avaient pas cessé d’assurer liaisons et distributions de matériel pour le Parti communiste. Le 30 avril 1942, lorsque la police arrêta Jules Serval, dit Adrien, responsable politique du triangle de direction (« Polo ») du PCF pour la Drôme-Ardèche, Marceau Brès subit une perquisition en règle à son domicile. Étroitement surveillé, sans ressources, il put se faire embaucher aux Ponts-et-chaussées et travailla à la réfection du pont du Teil sur le Rhône. Ce chantier devint un lieu de rendez-vous pour les jeunes résistants du Teil. Au début de 1943, Marceau Brès impulsa plusieurs manifestations contre le STO, en février lors du conseil de révision au Teil, en mars contre les départs en Allemagne en gare de Montélimar. Il participa à la fondation (dans l’été 1943 ?) d’un premier maquis des Francs-tireurs et partisans (FTP) dans la Drôme, dans la carrière de Montceau (communes d’Espeluche et Allan).
En décembre 1943, après avoir placé en sécurité ses deux jeunes enfants et son neveu, il entra dans une complète clandestinité avec son épouse et sa belle-sœur. Il fut envoyé à Nîmes dans le Gard puis à Nyons dans la Drôme dans la période où se créa une interrégion FTP. Vers le début de mars 1944, il reçut une nouvelle affectation pour Desaignes en Ardèche. En avril 1944, il fut désigné par le commissaire aux effectifs des FTP de l’Ardèche, Clovis Chirin, dit Dupuy, commissaire aux effectifs de la 7 101e compagnie FTP dans la région de Lamastre. Le 6 juin 1944, Marceau Brès rejoignit Chirin à Annonay lors de l’insurrection de cette ville du nord de l’Ardèche. Ils constituèrent une nouvelle compagnie FTP, la 7 104e. Marceau Brès assuma à nouveau la tâche de commissaire aux effectifs pour ce groupement qui se retira à Saint-Félicien après la reprise d’Annonay par les forces vichystes et allemandes.
Après la mort au combat de Chirin, le 19 juin 1944, Marceau Brès participa à la bataille du Cheylard les 5 et 6 juillet 1944, et fit partie de l’état-major FTP du commandant Augustin Ollier, dit Ravel. Il y siégea comme adjoint du nouveau CE de l’Ardèche, Étienne Néron, dit Maxime. Il conserva ce poste après l’éviction de Néron et son remplacement par Antoine Neyret. Son épouse, Georgette Brès, agent de liaison régional des FTP, devint comptable à l’état-major. Vers la mi-août, Marceau Brès assista à une réunion de l’interrégion à Nîmes présidée par Roger Roucaute et revint en Ardèche avec les instructions pour le retour à la légalité du PCF. À l’automne 1944, et en 1945, Marceau Brès demeura à Aubenas puis à Privas. Faisant partie du nouvel état-major FFI puis de la subdivision militaire du département, il avait le grade de capitaine et était chef du 6e bureau.
Marceau Brès revint s’installer au Teil avec sa famille après la fin de la guerre. Il ne réintégra pas la SNCF et occupa divers emplois. Employé municipal, salarié de l’entreprise Fives-Lille, correspondant du journal Les Allobroges, indiquait une fiche des Renseignements généraux datée du 14 février 1951 qui précisait : « Il n’a pas beaucoup de ressources ». Plus tard, il ouvrit un atelier de serrurerie à Montélimar (Drôme).
Élu au comité fédéral du PCF en Ardèche à la conférence qui se tint au Teil le 18 mars 1945, il y demeura jusqu’au début des années cinquante. Un rapport des RG en date du 30 août 1949 indiquait qu’il cumulait de nombreuses responsabilités : secrétaire de l’Union locale CGT, délégué de France-URSS, président de la Fédération des internés, résistants et patriotes, vice-président de la COSOR, une coopérative ouvrière.
À partir de 1953, il milita à Montélimar. Membre du comité fédéral de la Drôme du PCF dès 1953, il le demeura jusqu’en 1976. Il fut secrétaire de la section de Montélimar pendant de nombreuses années, jusqu’en 1974. Présenté par le Parti communiste à de nombreuses élections locales, il fut suppléant de l’instituteur Charles Monier aux élections législatives de 1962 et 1967, avant d’être lui-même candidat en 1973. Il recueillit alors 13,5 % des voix des électeurs inscrits. Il fut également candidat aux cantonales de 1958 et 1961. Il conduisit la liste communiste à Montélimar aux municipales en 1971 et figura sur la liste commune avec le Parti socialiste en 1977, ce qui permit au Parti communiste d’avoir une représentation au conseil municipal de la ville. Au soir de son itinéraire politique, Marceau Brès devint maire adjoint de Maurice Pic, maire socialiste de Montélimar.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article1487, notice BRÈS Marceau, Casimir par Pierre Bonnaud, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 20 avril 2012.

Par Pierre Bonnaud

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 668 W 89, 96. — Arch. Dép. Ardèche 72 W 106, 366. — Comités fédéraux du PCF. — La Voix du peuple de l’Ardèche et la Voix de l’Ardèche, 1944-1947. — Les Allobroges, 1950-1956. — A. Demontès, L’Ardèche martyre, Largentière, 1946. — Louis-Frédéric Ducros, Montagnes ardèchoises dans la guerre, t. I et III, Valence, 1981. — R. Pierre, R. Montérémal, A. Hullot, Autour de 1936, Cruas Le Teil dans les luttes, Cruas, Éditions CAC, 1986. — Alain Chaffel, Les communistes de la Drôme de l’euphorie de la Libération à la désillusion du printemps 1981, thèse de doctorat, Université Lyon II-Lumière, 1997. — Lettre non datée de Marceau Brès au secrétaire de l’ANACR Ardèche. — Souvenirs d’enfance inédits de Marceau Brès communiqués par la famille. — Renseignements fournis par René Montérémal. — État-civil.

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