STEFANINI Giacomo, dit LUCIANO, dit MAURO

Par Philippe Bourrinet

Né le 7 mai 1903 à Palmanova (Frioul), mort le 25 août 1970 à Florence (Toscane). Communiste italien d’opposition, réfugié en France de 1935 à 1939, puis de 1946 à 1948, membre de la Fraction communiste « bordiguiste », l’un des fondateurs et dirigeants du Parti communiste internationaliste d’Italie de 1943 à 1970.

D’origine ouvrière frioulane, Giacomo Stefanini 1920, migra en 1920 à Turin et travailla comme fraiseur à la FIAT. Adhérent du PC d’Italie en 1921, il fit partie du Comité fédéral de Turin. Arrêté à Pise en 1926 pour « activité subversive », il fut condamné par le Tribunal spécial (en même temps que Gramsci*) à 15 années de prison, et libéré à la faveur d’une amnistie à la Noël 1933. Il se réfugia en France au début de l’année 1935 et adhéra immédiatement à la Fraction communiste italienne (Prometeo et Bilan). Il défendit dès 1937 de nettes positions antisyndicales dans le bulletin interne de la Fraction, Il seme comunista. Retourné en Italie fin 1939, il fut arrêté à la frontière. Libéré en novembre 1940, il fut de nouveau arrêté en 1942 et 1943. Il contribua activement à la fondation du PCInt dans le nord de l’Italie, en novembre 1943, et devint membre du comité central de son parti. Il défendit à la conférence de Turin (1945) la non-participation aux syndicats, position alors minoritaire.

Il se maria à Maria Antonietta Falorni (1910-1982), institutrice et militante du parti dès sa création. Le couple fut accusé en septembre 1946 d’être responsable de l’assassinat du marquis di Lapo Viviani delle Robbia, un riche propriétaire terrien, ancien hiérarque fasciste, abattu à San Polo (Florence) par un tout jeune adhérent du parti (Ilario Filippi). Tous deux durent s’expatrier en France jusqu’en 1948, date de la délivrance d’un non-lieu par la cour d’assises de L’Aquila. Membre du comité central du PCInt depuis le début, Giacomo Stefanini le resta jusqu’à sa mort survenue le 25 août 1970 à Florence. Il adhéra en effet pleinement – lors de la rupture avec Bordiga en 1951-1952 – à la tendance d’Onorato Damen, regroupée autour du journal Battaglia comunista et de la revue théorique Prometeo.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148741, notice STEFANINI Giacomo, dit LUCIANO, dit MAURO par Philippe Bourrinet, version mise en ligne le 8 septembre 2013, dernière modification le 8 septembre 2013.

Par Philippe Bourrinet

SOURCES : ACS CPC busta . – (Luciano Stefanini), Il seme comunista, n° 5, février 1938, « Contribute alla discussione sul rapporto Vercesi (seguito) ». – Battaglia comunista, n° 9, septembre 1970. – « La scissione internazionalista del 1952 », Quaderni di Battaglia comunista n° 3, Ed. Prometeo, Milan, octobre 1992. – « Il processo di formazione e la nascita del Partito comunista internazionalista », Quaderni di Battaglia comunista n° 6, Ed. Prometeo, Milan, déc. 1993. – « Lo scontro degli internazionalisti con lo stalinismo e le sue vittime », Quaderni di Battaglia comunista n° 7, Ed. Prometeo, Milan, mars 1995. – Giovanni di Luna, Donne in oggetto : l’antifascismo nelle società italiana 1922-1939, Bollati Boringhieri, Turin, 1995. – « La schedatura poliziesca del Partito comunista internazionalista dalla fine della clandestinità alla scissione del 1952 », Storia Ribelle, n° 18, Biella, automne 2005. – Dino Erba et Renzo Priante (éd.), Riccardo Salvador : Ricordi di une militante, All’Insegna del Gatto Rosso, Milan, 2012.

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