ATTI Fausto dit FAUSTO

Par Philippe Bourrinet

Né le 26 mai 1897 à Castel d’Argile (Bologne, Italie), assassiné près de Bologne par un commando du PCI le 17 mars 1945 ; ouvrier agricole ; exilé en France et Belgique de 1929 à 1940, membre de la Fraction « bordiguiste » ; l’un des dirigeants du Parti communiste internationaliste en Emilie-Romagne de 1943 à sa mort.

Fils d’Alfonso Atti et de Giuseppina Guglielmi, né le 26 mai 1897 à Castel d’Argile (Bologne), ouvrier agricole, Fausto Atti adhéra en janvier 1921 au PCd’I, lors de son congrès de fondation à Livourne. Il subit de nombreuses peines d’emprisonnement sous le fascisme et se revendiqua de l’opposition « bordiguiste » à partir de 1925. Il fut déféré devant le Tribunal spécial – avec quatre autres communistes de Modène et Bologne, pour avoir diffusé – durant les élections plébiscitaires de mars 1929 – des tracts appelant à « voter contre le fascisme ».

En juillet de la même année, il réussit à gagner la France où il milita dans les rangs de la Fraction italienne à Paris. Expulsé de France, il s’installa à BruxellesSaint-Gilles, où il participa jusqu’à la guerre à toutes les activités de la Fraction dirigée par Ottorino Perrone.

Il s’opposa à celui-ci sur la question de l’enrôlement de membres de la Fraction dans les milices du POUM pendant la guerre en Espagne. Le 1er août 1936 à Bruxelles, lors d’une réunion de la Fraction, Fausto Atti se déclara (avec la majorité) favorable à une proposition des trotskystes italiens d’intervenir militairement dans la péninsule ibérique en envoyant des « légions révolutionnaires », tandis que Virgilio Verdaro* et Ottorino Perrone* repoussent cette possibilité.

Il fut arrêté en 1940 par la police allemande et déporté d’abord en Allemagne, puis en Italie. Après la chute du gouvernement Badoglio, il prit contact avec le noyau internationaliste autour d’Onorato Damen, Mario Acquaviva (assassiné par le stalinisme le 11 juillet 1945) et de Bruno Maffi. Il fut l’un des fondateurs du PCInt en novembre 1943, dont il devint le responsable en Emilie-Romagne. Il tenta de dissuader les ouvriers de rejoindre les organisations de partisans pour se consacrer à lutte politique et sociale « contre le capitalisme sous toutes ses formes ». Le 17 mars 1945, tombé malade, il fut assassiné dans son lit à Trebbo di Reno (Bologna), par un commando du PCI, qui essaya de présenter son assassinat comme « un règlement de comptes entre fascistes ». Ses anciens camarades de Bruxelles, dont Ottorino Perrone, menèrent une campagne contre le stalinisme sur le thème : “Noi fummo assassinati perché restammo sempre fedeli alla nostra classe”. (« Nous avons été assassinés, parce que nous sommes toujours restés fidèles à notre classe »).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148763, notice ATTI Fausto dit FAUSTO par Philippe Bourrinet, version mise en ligne le 9 septembre 2013, dernière modification le 20 octobre 2013.

Par Philippe Bourrinet

SOURCES : ACS CPC busta 202. – Archivio della Questura di Bologna. Gabinetto. Persone pericolose per la sicurezza dello Stato (A8). — Il processo di formazione e la nascita del Partito comunista internazionalista, Quaderni di Battaglia comunista n° 6, Ed. Prometeo, Milan, 1993. — “In ricordo di Fausto Atti”, Battaglia Comunista, n° 4, mai 2005.

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