DESCHAMPS Bernard, Maurice, Paul

Par Raymond Huard, Patrick Vazeilles

Né le 17 février 1932 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) ; instituteur ; conseiller municipal puis adjoint d’Aigues-Mortes (Gard) ; conseiller général de Beaucaire (Gard) de 1982 à 2001 ; député du Gard (1978-1981 et 1986-1988) secrétaire de la fédération du Gard du PCF (1976-1978) ; membre du comité central du PCF (1987-1996) ; militant associatif ; historien.

Le père de Bernard Deschamps, Robert, artisan tailleur, était originaire d’Amailloux dans le Nord des Deux-Sèvres ; sa mère, Renée Contant, née à Meudon, était culottière. La famille paternelle était catholique et l’enfant fit sa première communion, la famille maternelle était agnostique et plus engagée politiquement (un grand père, ouvrier, adjoint au maire de Meudon, une tante membre de la SFIO).

Réfugié à Amailloux par suite de la guerre, Bernard Deschamps fit ses études primaires dans cette localité, puis ses études secondaires au collège de Parthenay. Il fut admis à l’École Normale d’instituteurs de Parthenay en 1948, puis passa un an à Poitiers pour préparer le bac Philo auquel il est reçu en 1951. Il enseigna d’abord à Faye-l’Abbesse dans les Deux Sèvres, puis à Saint-Varent dans le même département. Entre temps, il avait fait son service militaire d’abord à Saint-Maixent où ayant contribué à l’organisation d’une manifestation contre un éventuel départ des appelés en Indochine, il fut sanctionné et envoyé à Bitche, puis Sarrebourg, La Courtine et enfin au Maroc. Il a connu à Niort Annie Mourgues, infirmière qu’il épousa le 28 octobre 1954 à Nîmes et dont il eut un fils Frédéric, le 22 avril 1955. Libéré, il rejoignit le Gard et fut nommé instituteur à Aigues-Mortes. Ce fut la révolte contre les guerres coloniales qui motiva son engagement communiste. Il adhéra au PCF en 1951.

Il poursuivit alors un cursus politique à travers des fonctions successives tant électives qu’au sein du PCF : conseiller municipal d’Aigues-Mortes (1956-1959), membre du bureau départemental de l’Union des Jeunesses communistes (Gard) à partir de 1956, premier adjoint au maire d’Aigues-Mortes, André Fabre, de 1959-1965 (il y organisa la première activité culturelle importante, une exposition Jean Lurçat*). Il entra au secrétariat fédéral du PCF en 1971, puis devint premier secrétaire fédéral de 1976 à 1978. En 1978, candidat du PCF aux législatives dans la circonscription de Bagnols-sur-Cèze (Gard), il arriva en tête de la gauche avec 29 730 voix (28,49 % des votants) et fut élu au second tour contre le candidat de droite Jean Poudevigne avec 54 208 voix (51,66 %). Mais la dissolution de la Chambre par François Mitterrand en 1981 mit fin à son mandat. Il devint ensuite conseiller général du canton de Beaucaire de 1982 à 2001 et, tête de liste aux élections municipales de Beaucaire en 1983, 1989 et 1995, fut conseiller municipal de Beaucaire de 1983 à 2001. En 1986, tête de liste du PCF pour les élections législatives (à la proportionnelle), il fut à nouveau élu député avec 51 284 voix (17, 38 % ). Une nouvelle dissolution en 1988 interrompit son mandat.

Dans ses diverses fonctions, B. Deschamps manifesta une grande activité. À Beaucaire, il soutint les personnes en difficulté (immigrés notamment) contre les expulsions et coupures d’électricité ce qui lui valut une condamnation à quatre mois de prison avec sursis. Il contribua aussi à la réalisation de nouveaux ponts sur le Rhône. En tant que député, il fut membre de la commission des affaires étrangères, s’intéressa en particulier à l’Afrique, et sur le plan local, soutint le nucléaire civil (il était considéré comme « le député de Marcoule ») et l’implantation de Superphénix à Saint-Étienne-des-Sorts.

Après la fin de son mandat de conseiller général en 2001, Bernard Deschamps, toujours vivement intéressé par l’histoire de la décolonisation, fonda en 2005 France El Djazaïr, association d’amitié franco-algérienne et publia deux ouvrages concernant les incidences dans le Gard de la guerre d’Algérie ainsi que divers articles sur le même sujet (voir Œuvres). Il fut co-organisateur du colloque franco-algérien de Nîmes (11 et 12 mars 2012) sur la Fédération de France du FLN où il présenta une communication sur la spécificité gardoise du mouvement par rapport à d’autres régions.

Ses diverses activités furent honorées par la Légion d’honneur en avril 1999, et par deux distinctions algériennes (Médaille commémorative du 1er novembre 1954 en 2004, Médaille du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2012).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article148921, notice DESCHAMPS Bernard, Maurice, Paul par Raymond Huard, Patrick Vazeilles, version mise en ligne le 26 septembre 2013, dernière modification le 5 avril 2017.

Par Raymond Huard, Patrick Vazeilles

ŒUVRES : Les Gardois contre la guerre d’Algérie, préface d’Henri Alleg*, Le Temps des cerises, 2002, 177 p. (réédité en 2012). — Le fichier Z, Essai d’histoire du FLN algérien dans le Gard (1954-1962), préface de Raymond Huard*, Le Temps des cerises, 2004 (réédition. 2012).

SOURCES : Notes biographiques rédigées par B. Deschamps, Midi Libre, 13 mars 1978, La Marseillaise, 20 mars 1978. — "Les élections législatives du 16 mars 1986", Dossiers et documents du Monde, 1986. — Liste des conseillers généraux du Gard depuis 1870, Conseil général du Gard, 2011, n.p.

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