NACHIN André

Par Alain Dalançon

Né le 2 décembre 1932 à Giromagny (Territoire de Belfort) ; professeur de lettres ; militant du SNES dans l’académie de Besançon ; militant écologiste, conseiller municipal de Besançon (1989-1995), militant socialiste.

André Nachin en 1988
André Nachin en 1988

André Nachin était le fils aîné d’Elie Nachin, né en 1907, sous-officier dans l’armée, et d’une couturière, nés l’un et l’autre dans des familles de condition modeste de cinq enfants. Il commença sa scolarité primaire dans le Haut-Rhin, à Mulhouse en 1938 puis à Vieux-Ferrette en 1939. De 1940 à 1943, il fréquenta l’école à Baume-les-Dames (Doubs) d’où était originaire les familles de ses parents. Son père avait été fait prisonnier en 1940 ; il s’évada et se réfugia en zone libre, à Lons-le-Saunier (Jura) ; arrêté par la Gestapo puis libéré, il entra dans la Résistance armée dans un maquis du Jura où il participa, fin août 1944, à la libération de Lons-le-Saunier, ville où l’avait rejoint sa famille. André Nachin, alors âgé de presque douze ans, resta marqué par cet épisode où il fut photographié, coiffé d’un calot, au milieu du groupe de FFI commandé par son père.

Après la Libération, il continua sa scolarité au cours complémentaire à Lons-le-Saunier, rue Saint-Désiré, puis, de 1946 à 1948, à celui de Belfort, où son père poursuivit sa carrière de militaire, qu’il termina comme adjudant-chef à Besançon (Doubs). Dans cette ville, il fut élève-maître à l’École normale d’instituteurs, de 1948 à 1952 ; mais il n’exerça comme instituteur qu’une semaine car il souhaitait poursuivre des études supérieures de philosophie à la Faculté des Lettres de Besançon. Pour cela, il fut surveillant d’externat, d’abord au collège de Poligny (Jura) de 1952 à 1954, puis au lycée Rouget-de-Lisle de Lons-le Saunier en 1954-1955, où il donnait aussi des cours de français. Durant toute cette période, de 1950 à 1955, André Nachin était également moniteur de colonies de vacances durant l’été.

Devenu licencié de philosophie, il demeura ensuite dans le même lycée comme adjoint d’enseignement de philosophie, donnant aussi des cours à l’ENI de Lons. En 1957, il fut muté au lycée Victor Hugo de Besançon, où il enseigna le français puis il fut reçu au certificat d’aptitude à l’enseignement de second degré de lettres modernes en 1959 et revint au lycée Rouget-de-Lisle comme professeur certifié. De 1960 à 1962, il exerça au lycée d’horlogerie de Besançon, puis une année au collège de Montjoux dans la même ville, avant d’être muté au nouveau collège du quartier de Palente, baptisé ensuite Louis Pergaud, qui devint lycée en 1987. Il y termina sa carrière en 1992.

Il avait épousé Janine Facq le 2 septembre 1957, dont il divorça le 5 novembre 1980, et avec laquelle il eut trois enfants nés entre 1958 et 1964. Il se remaria avec Anne Bernard-Maugiron, le 27 novembre 1993, avec laquelle il eut deux autres enfants nés en 1998 et 2000.

Militant du Syndicat national de l’enseignement secondaire dans une académie où avait été créée la tendance C de défense de l’enseignement secondaire, André Nachin figura sur sa liste aux élections à la commission administrative nationale, de 1960 à 1966. Il occupa surtout la responsabilité de secrétaire de la section académique (S3) de Besançon de 1964 à 1966 et en était encore secrétaire adjoint en 1968 après la fusion entre le SNES et le Syndicat national de l’enseignement technique. Il avait alors rejoint le courant « Unité et Action » et avait été élu suppléant à la CA nationale en 1967, l’année où cette liste devint majoritaire au plan national. Il figura encore sur la liste U-A en 1969 mais Jean-Pierre Boccard, devenu secrétaire académique, fut élu titulaire à la CA nationale. En 1971, il ne figurait plus sur cette liste et prit du champ tout en restant secrétaire de la section (S1) de son établissement de 1962 à 1981.
André Nachin était aussi et surtout un militant écologiste à partir des années 1980. Après un passage au Parti socialiste, d’avril 1987 à décembre 1988, il milita de 1989 à 1992 au parti des Verts, dont il fut membre du conseil national inter-régional. A l’initiative d’une liste aux élections municipales de 1989 conduite par Michèle Folschweiler, qui obtint 12, 9 % des voix au 1er tour et 13, 99 % au 2e tour, il fut un des trois élus Verts au conseil municipal. Au cours de cette période, il se présenta au nom de son parti à toutes les élections : sénatoriales en 1989, régionales en 1992, cantonales en 1992 (canton N-O de Besançon, où il obtint 9,17 % des voix).

En 1992, il fut exclu des Verts après avoir publié en juin dans le mensuel municipal Besançon votre ville, un article intitulé « Oui à l’Europe », alors que Dominique Voynet en avait demandé la renégociation, comme Michèle Folschweiler et Eric Alauzet.

André Nachin devint donc écologiste indépendant au conseil municipal et fut candidat sous cette étiquette aux élections législatives de 1993 dans la 2e circonscription de Besançon (2,08 % des voix), aux élections cantonales (canton sud) de 1994 (5,32 % des voix). Il participa à la fondation du Mouvement écologiste indépendant d’Antoine Waechter, dont il fut membre du Conseil national en 1994 et 1995.

Au cours de son passage au conseil municipal de Besançon, son action militante fut consacrée notamment à la réhabilitation et la mise en valeur du patrimoine bisontin ; il fut un des fondateurs et animateurs du Comité de La Boucle, le quartier ancien du centre-ville, afin de le piétonniser et d’y maintenir une population modeste ; il milita contre la voie autoroutière des Mercureaux, pour la construction du tunnel sous la citadelle et pour le maintien de la gare TGV à la gare de la Viotte.

Aux élections municipales de 1995, André Nachin se présenta comme tête de la liste écologiste indépendante qui recueillit 4,14 % des voix, mais ne fut pas réélu conseiller municipal et quitta le MEI en 1995. Il n’en continua pas moins de mener le combat écologiste et ré-adhéra au PS en 1998. En 2007, en tant que président de « Besançon Demain, pour l’Ecologie », il développa « quinze propositions pour l’environnement, le développement durable et la sécurité routière ». En 2013, il était toujours président de cette association, membre de la commission nationale « Environnement et développement durable » du PS, et administrateur de plusieurs autres associations dont « Doubs Nature Environnement », fédération départementale des associations de protection de la nature et de l’environnement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149035, notice NACHIN André par Alain Dalançon, version mise en ligne le 23 septembre 2013, dernière modification le 3 octobre 2013.

Par Alain Dalançon

André Nachin en 1988
André Nachin en 1988
André Nachin, à 12 ans, au début septembre 1944, photographié au centre du 2e rang, au milieu du groupe de FFI commandé par son père
André Nachin, à 12 ans, au début septembre 1944, photographié au centre du 2e rang, au milieu du groupe de FFI commandé par son père

SOURCES : Arch. IRHSES. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Divers sites internet.

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