TIXIER Émile-Louis [Pseudonyme dans la Résistance : Berry]

Par Dominique Tantin

Né le 16 septembre 1921 à Lunery (Cher), fusillé le 5 novembre 1943 sur le champ de tir de Biard près de Poitiers (Vienne) ; ajusteur mécanicien ; militant communiste ; résistant FTPF.

187 rue Jean-Guiton, La Rochelle (Charente-Maritime)
187 rue Jean-Guiton, La Rochelle (Charente-Maritime)
Crédit photo : Dominique Tantin

Fils d’un père mouleur et d’une mère sans profession, Émile-Louis Tixier travaillait en 1939 à Bourges (Cher) dans une usine d’aéronautique qui se replia à La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) et devint la Société aéronautique de l’Atlantique. À son arrivée à La Rochelle, il reprit contact avec l’organisation clandestine du Parti communiste français, lequel avait été interdit le 26 septembre par le gouvernement Daladier.
Il devint chef départemental de la Jeunesse communiste, puis entra dans les Francs-tireurs et partisans (FTP) à La Rochelle en janvier 1943. Émile-Louis Tixier, alias « Berry », recruta parmi le personnel de l’usine, organisa et commanda le détachement Liberté avec le grade de capitaine.
Sous sa direction, les FTP multiplièrent les actions, notamment en juillet 1943, contre les collaborationnistes d’une part – cambriolage des locaux du Rassemblement national populaire (RNP), parti de Marcel Déat, sabotage de la permanence de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) –, et contre l’occupant d’autre part – incendie d’un dépôt de charbon ennemi, cisaillement des lignes téléphoniques ennemies Bordeaux-La Rochelle-Nantes-Paris, sabotage de soixante-quinze wagons à La Ferté, déraillement d’un important convoi de matériel ennemi à Corignac, sabotages de la voie ferrée Bordeaux-Paris aux environs de Montendre.
Le 30 septembre 1943, Émile-Louis Tixier fut arrêté à son domicile rochelais, au 187 avenue Jean-Guiton, où il louait une chambre, par les policiers de la 7e brigade de sûreté de Bordeaux (Gironde), dirigée par le commissaire Poinsot, et la Sipo-SD. Ils firent irruption alors que se tenait une réunion clandestine du comité militaire des FTP avec le responsable militaire Paul Manouthon, alias « Le Landais » (ce dernier assumait le commandement régional des détachements FTP depuis mars 1943), afin de préparer l’attaque d’un transformateur de la base sous-marine de La Rochelle. Il s’ensuivit un violent accrochage. Un inspecteur de la Sipo-SD fut tué et un policier français blessé ; Paul Manouthon fut abattu et Émile-Louis Tixier blessé et capturé.
Émile-Louis Tixier fut incarcéré à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers, condamné à mort par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 677 pour « activité en faveur de l’ennemi et activité de franc-tireur », et fusillé au champ de tir de Biard le 5 novembre 1943 à 7 h 30, avec Louis Bandlé. Il fut inhumé au cimetière de Quinçay.
Émile-Louis Tixier fut déclaré « Mort pour la France ».
Une plaque a été apposée à La Rochelle, au 187 avenue Jean-Guiton, où il fut arrêté.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149047, notice TIXIER Émile-Louis [Pseudonyme dans la Résistance : Berry] par Dominique Tantin, version mise en ligne le 24 septembre 2013, dernière modification le 11 août 2017.

Par Dominique Tantin

187 rue Jean-Guiton, La Rochelle (Charente-Maritime)
187 rue Jean-Guiton, La Rochelle (Charente-Maritime)
Crédit photo : Dominique Tantin
Plaque apposée 187 rue Jean-Guiton à la mémoire de Paul Manauthon et Émile-Louis Tixier
Plaque apposée 187 rue Jean-Guiton à la mémoire de Paul Manauthon et Émile-Louis Tixier
Crédit photo : Dominique Tantin

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Vienne, 1921 W 8. – Notice AERI, Charente-Maritime.

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