CHARTRAIN Louis, Frédéric

Par Alain Prigent

Né le 18 décembre 1931 à Saint-Georges de Réintembault (Ille-et-Vilaine) ; instituteur ; membre du bureau fédéral de la fédération d’Ille-et-Vilaine du PCF (1957-1968) ; secrétaire de la section départementale de la section d’Ille-et-Vilaine du SNI (1972-1986) ; conseiller municipal de Brézé (Maine-et-Loire) (1989-1995).

Photographie prise à Paris à l’issue de la réunion FEN-CGT en 1954.Collection privée Chartrain.
Photographie prise à Paris à l’issue de la réunion FEN-CGT en 1954.Collection privée Chartrain.
Louis Chartrain est le second à partir de la droite, entouré à gauche par Célestin Perrigault et à droite par Roger Gomet. Marie Gomet et Mme Perrigault se trouvent sur la partie gauche de la photographie).

Né dans une famille pauvre, aîné de huit enfants d’un journalier, cantonnier, Louis Chartrain fréquenta l’école primaire de la commune puis le cours complémentaire public de la même commune. Il fut reçu à l’École normale d’instituteurs de Rennes en 1947. En quatrième année, il adhéra à l’Union de la jeunesse républicaine de France puis au Parti communiste français en juin 1950.

Il fut nommé pour son premier poste dans le Nord du département dans le bassin des carrières de granit en septembre 1950 à Louvigné du Désert. Il devint rapidement secrétaire de la cellule locale du Parti communiste français forte de nombreux ouvriers carriers, très majoritairement syndiqués à la CGT, en grève en 1953. Il créa une deuxième cellule dans la commune. Il fut élu membre du comité de la fédération d’Ille-et-Vilaine du PCF de 1952 et le resta jusqu’en juin 1956.

Du 2 septembre 1954 à février 1957, il effectua son service militaire, exclu des élèves officiers de réserve puis du grade de sous-officier pour raisons politiques. La totalité de son service se déroula à la base aérienne de Chartres (Eure-et-Loir) où il créa une cellule du PCF et organisa en 1955 des actions contre l’envoi de soldats en Algérie. Pendant son service militaire, il se maria en septembre 1956 à Saint-Georges de Réintembault avec Renée Mironoff, institutrice. Le couple eut deux enfants.

De retour à la vie civile, il enseigna à Brie (1957-1960) dans le canton de Janzé où il anima la cellule communiste. Il intégra le bureau fédéral en mai 1957 et y resta jusqu’en 1968. Il devint trésorier fédéral en mai 1961, responsabilité qu’il occupa jusqu’en 1968. Il devint ensuite responsable de la commission fédérale des finances en 1961 et présenta le rapport financier à la conférence fédérale de mai 1961, son objectif étant de transformer une trésorerie comptable en trésorerie politique. Membre du comité de la section communiste de Redon, il eut la responsabilité du travail en direction des enseignants en 1959 et plus particulièrement des instituteurs en 1961. Il participa au stage central pour les instituteurs communistes et à l’école centrale d’un mois en 1962.

Il fut le suppléant du candidat du PCF aux élections législatives du 23 novembre 1958 dans la circonscription de Vitré dont le titulaire était Roland Chauvel*, professeur d’éducation physique. En 1960 le couple fut nommé, avec son épouse à Saint-Gonlay dans le canton de Montfort où ils créèrent une structure communiste.

De 1956 à 1968, instituteur, il occupa le poste de secrétaire de mairie. En 1968, menacé en mai-juin, victime des mesures de carte scolaire, il fut nommé à Betton (1968-1974) dans la banlieue de Rennes, participa à la création d’une sixième cellule communiste et à la constitution de listes d’union de la gauche dans cette commune en 1977 et 1983.

A sa sortie de l’école normale, Louis Chartrain milita avec Roger Gomet et Célestin Perrigault* à la FEN-CGT jusqu’à sa dissolution en 1954. Il fut responsable cantonal du syndicat dans plusieurs des cantons où il fut nommé. En 1961, il fut chargé de préparer un projet de programme novateur du courant de pensée « Unité et Action » pour les élections au conseil syndical départemental du SNI. Parmi les innovations, figurait le remplacement de l’assemblée générale de juin par un congrès départemental préparé par des réunions cantonales ou par groupe d’écoles dans les villes permettant aux syndiqués de donner leur avis et de faire connaître leurs revendications. On remplaça la motion de défense laïque par celle d’action laïque en vue du développement de l’école laïque au lieu de se battre vainement contre l’école privée. Les syndiqués confièrent alors la direction de la section départementale à ce courant jusqu’à la scission de la FEN en 1992. Roger Gomet devint secrétaire départemental, le 7 décembre 1961, disposant d’une très courte majorité au conseil syndical (13 sièges sur 25).

Louis Chartrain fut élu au conseil syndical le 9 décembre 1965, la tendance « Unité et Action » ayant élargi sa majorité à 19 sièges sur 31. Il devint membre du bureau départemental de la section d’Ille-et-Vilaine du SNI en 1968 puis lorsque en 1972 Célestin Perrigault devint principal de collège, il le remplaça au poste de secrétaire départemental, responsabilité qu’il occupa jusqu’en 1986. Il bénéficia jusqu’à sa retraite d’une décharge syndicale.

Élu délégué du personnel en 1965, il fut responsable de l’action laïque au bureau départemental en 1968 et un des dirigeants de la revue départementale Rencontre laïque et la revue régionale Action Laïque Bretagne avec Jean Kervision, responsable syndical du SNI du Finistère. Membre du conseil national du courant « Unité et Action », il participa à tous les congrès nationaux du SNI depuis celui de Nantes de 1971 à 1986. Secrétaire départemental adjoint de la FEN à partir de 1977, il fut délégué de l’Ille-et-Vilaine à de nombreux congrès nationaux fédéraux en particulier celui de Grenoble et de Paris. En 1973, il fut très actif non pour combattre la réforme du ministre de l’Éducation nationale Joseph Fontanet. Le 15 mars 1974, la réunion organisée par le ministre à Rennes marqua la fin de la réforme. Les interventions des secrétaires généraux départementaux du SNI, du SNES et du SNEP solidement argumentées furent décisives.

Il fut nommé à Rennes de 1974 à sa retraite en 1986. En septembre 1975, il fut le coauteur de la mise en route avec les enseignants et parents d’élèves de son école de Rennes de l’action dite « occupation d’école », forme d’actions qui gagna tous les départements quelques jours puis progressivement toute la France.

Lors de la dernière campagne électorale interne qu’il dirigea en janvier 1985, la tendance majoritaire « Unité et Action » fut confortée par les syndiqués en enlevant 24 des 39 sièges à pourvoir. Les autres courants obtinrent : UID, 14 sièges, et EE un siège. Soucieux d’une relève efficace, il céda sa responsabilité de secrétaire départemental du SNI à René Trégaro* en octobre 1986, tout en restant à ses côtés jusqu’à sa mise en retraite, fin mars 1987.

Avec son épouse, il se retira dans le Maine-et-Loire à Brézé, près de Saumur. Il accéda au bureau de la section du PCF du Saumurois dont il fut le trésorier de 1990 à 2000. Dans le même temps il participa à la création et au fonctionnement de la bibliothèque municipale de Brézé (1987-1995). Il s’inséra dans la vie associative communale en assurant le secrétariat de la section football du club sportif (1987-1993). Il fut élu au conseil municipal en tant que candidat isolé et siégea de 1989 à 1995.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149185, notice CHARTRAIN Louis, Frédéric par Alain Prigent, version mise en ligne le 30 septembre 2013, dernière modification le 19 juin 2014.

Par Alain Prigent

Photographie prise à Paris à l'issue de la réunion FEN-CGT en 1954.Collection privée Chartrain.
Photographie prise à Paris à l’issue de la réunion FEN-CGT en 1954.Collection privée Chartrain.
Louis Chartrain est le second à partir de la droite, entouré à gauche par Célestin Perrigault et à droite par Roger Gomet. Marie Gomet et Mme Perrigault se trouvent sur la partie gauche de la photographie).

SOURCES : Archives du comité national du PCF, dossier des membres du comité fédéral de la fédération d’Ille-et-Vilaine. — Archives personnelles de Louis Chartrain. — Bulletins des sections départementales du SNI et de la FEN d’Ille-et-Vilaine. —Entretiens en décembre 2008.— Renseignements fournis par ses enfants. — Notes de Jacques Girault

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