MARGER Pierre-Louis

Par Émeric Tellier

Né le 16 novembre 1930 à Belfort (Territoire de Belfort), mort le 12 août 2003 à Paris (XVIIIe arr.) ; Ingénieur ; membre du secrétariat du Syndicat national CGT des cadres et ingénieurs de la métallurgie (SNCIM), membre du comité et du bureau exécutif de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie, membre du secrétariat de l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (UGICT-CGT), représentant de la CGT au Conseil économique et social ; militant du Parti communiste (PCF), co-fondateur et président de l’Association des Communistes Combattants le Sida (ACCS).

Fils de grands bourgeois cultivés et non croyants, Pierre-Louis Marger s’est investi activement, au milieu des années 1950, dans la branche aînée des Scouts de France, notamment dans le "Clan Roland" puis dans la "Communauté du Fils prodigue" qui fut marquée par un engagement anticolonialiste. Il eut alors une grande influence sur Jean-Louis Moynot. Celui-ci devint un ami proche. Dans ses mémoires, ce dernier explique que Pierre-Louis Marger a été « plus fidèle que moi au parti communiste, il l’est resté à Jésus-Christ ». Il milita au sein de l’Union des Grandes Ecoles (UGE), dont il fut vice-président durant quinze jours.
Diplômé de l’École Centrale des Arts et Manufactures de Paris en 1955, il travailla comme ouvrier dans une petite entreprise de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), avant d’être appelé en Algérie, entre janvier 1957 et avril 1959, où il refusa l’instruction d’officier, pour ne pas avoir un rôle de commandement. À son retour en France, il fut embauché en mai 1959 comme ingénieur à l’usine Alsthom de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Dès 1960, il s’était intéressé à l’activité syndicale, nouant des relations fraternelles avec des militants ouvriers, sans pour autant négliger l’action auprès de ses collègues. En 1968, avec Raymond Godard*, il fut à l’origine de la création d’une section syndicale des ingénieurs, cadres et techniciens à l’Alsthom Saint-Ouen.
Il s’était investi rapidement au sein du Syndicat national CGT des cadres et ingénieurs de la métallurgie (SNCIM), à la direction duquel il avait succédé à Jean Grosvalet* en 1972. Au plan interprofessionnel, il a participé en 1963 au renouveau de l’Union générale CGT des ingénieurs et cadres (UGIC), dont il a intégré le secrétariat national – comme permanent – en 1969. En 1966, il avait participé à la négociation de la création de l’Association pour l’Emploi des Cadres (APEC). Durant la décennie 1980, il est également investi au sein de la Fédération Mondiale des Travailleurs Scientifiques (FMTS), au sein de laquelle l’UGICT est partie prenante.
En décembre 1972, il est nommé membre du Conseil économique et social, mandat qu’il a conservé jusqu’en août 1984. Il est le rapporteur d’une saisine de la section « industrie et commerce » du Conseil économique et social sur la sidérurgie, adoptée en 1979.
Membre du comité exécutif (1963-1986), puis du bureau (1971-1983) de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie, il s’étaitinvesti dans les questions de formations. C’est dans ce cadre qu’il représenta la CGT au Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) à partir de juin 1973 et au conseil d’administration du CNAM (mars 1976-1997), dont il fut vice-président entre 1989 et 1997. Il y a notamment œuvré dans le domaine de la validation des acquis professionnels.
En 1982, il fut rapporteur sur la recherche industrielle, lors des Etats Généraux de la Recherche. Deux ans plus tard, ilfut ’auteur d’un important rapport sur la formation professionnelle, remis au ministère du Travail. En 1983, il fut vice-président de la commission de travail sur les conditions scientifiques, techniques et culturelles du développement de la commission nationale de planification. Trois ans plus tard, il présida le Groupe de Stratégie Industrielle du Commissariat général au Plan, consacré à la modernisation des entreprises.
En 1983, il réintégra son entreprise, au sein de la direction de la Formation de la Compagnie Générale d’Electricité (CGE).
Entre 1987 et 1996, il a été membre du cabinet du président du Conseil général de Seine-Saint-Denis (1987-1996). Il a enfin été vice-président (1994), puis président (1998) du conseil d’administration de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Une salle y porte désormais son nom.
En 1995, il a co-fondé la revue Combat face au sida, dont il a assuré la direction de publication à partir de février 1996, avant d’être élu président de l’Association des Communistes Combattants le Sida (ACCS) créée l’année suivante. Très investi, il a participé à de nombreuses réunions inter-associatives, par exemple dans le cadre de l’Union Nationale des Associations de Lutte contre le Sida (UNALS). Il était également administrateur du Réseau Voltaire pour la liberté d’expression.
En janvier 2001, il a été fait chevalier de la légion d’Honneur.
Il est décédé à son domicile, rue des Abbesses à Paris (18e arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149225, notice MARGER Pierre-Louis par Émeric Tellier, version mise en ligne le 2 octobre 2013, dernière modification le 29 octobre 2021.

Par Émeric Tellier

SOURCES : Arch. FTM-CGT. — ’Humanité, 14 août 2003. — Combat face au sida, hors-série, septembre 2003. — Le Courrier de l’UFICT, juillet-août 2016. — Jean-Louis Moynot, Une vie de recherches. Une aventure industrielle, syndicale et politique, éditions du Croquant, 201. — Robi Morder (coord.), Naissance d’un syndicalisme étudiant. 1946 : la charte de Grenoble, 2006.

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